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Choléra dans l’Extrême-Nord : 990 cas suspects et 28 décès

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Chiffres enregistrés au 5 août 2026.L’épidémie touche trois départements , le Logone-et-Chari, le Mayo-Sava et le Diamaré où les autorités sanitaires intensifient la surveillance épidémiologique, la sensibilisation communautaire et les mesures de prévention afin de limiter la propagation de la maladie.

L’épidémie de choléra continue de susciter une vive inquiétude dans la région de l’Extrême-Nord. Selon les données de la Délégation régionale de la Santé publique arrêtées au 5 août 2026, 990 cas suspects ont été notifiés depuis le début de l’épidémie, dont 28 décès. Après le Logone-et-Chari et le Mayo-Sava, le Diamaré figure désormais parmi les départements touchés, renforçant les préoccupations des autorités sanitaires face au risque d’une extension de la maladie.

Face à cette situation, les équipes de santé multiplient les interventions sur le terrain. Les activités de recherche active des cas, de prise en charge des malades, de désinfection des domiciles, de sensibilisation des populations et de surveillance épidémiologique sont intensifiées dans les zones affectées. Les partenaires humanitaires et les organisations communautaires poursuivent également leurs actions afin de promouvoir les bonnes pratiques d’hygiène et de prévenir de nouvelles contaminations.

À Maroua, où plusieurs quartiers demeurent exposés en raison de la forte densité de population et des difficultés d’accès à l’eau potable et à l’assainissement, l’inquiétude est perceptible chez de nombreux habitants. Les riverains redoutent une aggravation de la situation en cette période de fortes pluies, marquée par les stagnations d’eau et les risques de contamination.

« Nous avons peur pour nos enfants. Avec les pluies, les eaux sales envahissent parfois les concessions. Nous faisons tout pour garder notre maison propre, mais chacun doit aussi jouer sa partition afin que le choléra ne s’installe pas dans notre quartier », confie Amina Mahamat, habitante du quartier Domayo à Maroua.

Même son de cloche au quartier Ouro-Tchédé, où les habitants appellent à une plus grande responsabilité collective. « Nous demandons à tous de respecter les conseils des agents de santé. Il faut se laver régulièrement les mains, protéger l’eau que nous buvons et éviter de consommer des aliments préparés dans des conditions douteuses. Le choléra peut être évité si chacun respecte les règles d’hygiène », affirme Oumarou, commerçant.

Pour les autorités sanitaires, la lutte contre le choléra repose avant tout sur la prévention. Le respect des mesures d’hygiène demeure l’arme la plus efficace pour freiner la transmission de la maladie.

« Nous invitons les populations à rester vigilantes et à adopter systématiquement les mesures de prévention. Il est indispensable de se laver régulièrement les mains avec de l’eau propre et du savon, de consommer une eau potable ou correctement

traitée, de maintenir les concessions propres et de consulter immédiatement une formation sanitaire dès l’apparition de diarrhées aiguës ou de vomissements. Plus la prise en charge est précoce, plus les chances de guérison sont élevées », insiste Dr Céline Maïrousgou, médecin généraliste et responsable des épidémies à la Délégation régionale de la Santé publique de l’Extrême-Nord.

Les autorités rappellent que le choléra est une maladie diarrhéique aiguë qui se transmet principalement par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés. Bien qu’elle puisse évoluer rapidement, elle est évitable grâce au respect des règles d’hygiène et se traite efficacement lorsqu’une prise en charge médicale intervient à temps.

L’amélioration de l’assainissement, la protection des points d’eau, la bonne gestion des déchets et l’adoption de comportements responsables restent des leviers essentiels pour interrompre la chaîne de transmission et protéger les populations de l’Extrême-Nord.


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Samuel Adjewa

Journaliste communicateur

Samuel Adjewa est journaliste-communicateur basé à l’Extrême-Nord du Cameroun. Il est correspondant régional du groupe Échos Santé dans cette partie du pays. Il est actuellement en Master 2 en communication des organisations à l’Université de Maroua. Il a collaboré avec plusieurs médias et ONG nationales et internationales, notamment dans la production de contenus radio et documentaires. Son travail s’intéresse particulièrement aux questions de santé, de développement local et de communication institutionnelle.

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