Durant trois jours, le 18ᵉcongrès de la Société Camerounaise d’ORL et de chirurgie cervico-faciale (SCORL) réunira les experts autour de l’innovation technologique. Entre IA et chirurgie mini-invasive, ce rendez-vous placé sous le patronage du ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, vise à moderniser la pratique, former la relève et optimiser les urgences ORL au Cameroun.
Plus que quelques jours et les acteurs de l’otorhinolaryngologie camerounaise seront réunis à Yaoundé . Alors que le pays dispose d’environ 120 spécialistes, le Dr Antoine Bola Siafa, chirurgien ORL et enseignant à la FMSB de l’Université de Yaoundé I par ailleurs membres de la SCORL, dresse un constat lucide sur la répartition de ces praticiens : « Ils sont répartis malheureusement de façon un peu disproportionnée sur le territoire national. On a environ plus de la moitié qui se situe dans les villes de Yaoundé et Douala ». Face à ce défi, le 18e congrès de la Société Camerounaise d’ORL et de chirurgie cervico faciale (SCORL) ne se veut pas seulement une rencontre confraternelle, mais une plateforme d’harmonisation technique. Pour le Dr Bola Siafa, les objectifs sont clairs : « Il faut que les uns et les autres parlent de leurs pratiques mais également il faut s’arrimer aux nouvelles technologies ». Ce rendez-vous scientifique, placé sous le patronage du Ministre de la Santé Publique, le Dr Manaouda Malachie, ambitionne de projeter la spécialité dans une ère nouvelle où la technologie comble les fossés géographiques et médicaux.
Une spécialité en pleine mutation chirurgicale
Au cœur des débats, l’innovation technologique redéfinit les contours de l’acte chirurgical. Le Dr Bola Siafa insiste sur la méconnaissance du public quant à la nature de sa discipline : « Beaucoup de gens ne savent pas souvent que l’ORL est une spécialité chirurgicale ». Il met en avant la chirurgie mini-invasive et l’endoscopie comme des révolutions majeures permettant d’intervenir sur les sinus, le larynx ou l’oreille avec une précision chirurgicale inédite. « Nous allons nous focaliser sur cette nouvelle approche qui est tout à fait exaltante puisqu’elle permet aujourd’hui de réaliser des gestes qui n’étaient pas possibles par le passé », explique-t-il. L’intelligence artificielle (IA) s’invite également au bloc opératoire. Loin de toute appréhension technologique, le praticien plaide pour une adoption audacieuse de ces outils : « L’intelligence artificielle est un atout qu’il faut exploiter à notre avantage et ne pas le considérer comme quelque chose de dangereux parce que si elle est bien utilisée, elle nous aide, nous les praticiens, mais également elle aide les patients ».

Trois jours, deux sites et un programme dense
Le déploiement logistique du congrès reflète cette volonté d’excellence pratique et théorique. Le Dr Bola Siafa détaille une organisation en trois grandes parties, débutant le 16 avril par des ateliers au CHU de Yaoundé. L’accent sera mis sur la formation continue, notamment pour le personnel paramédical : « Nous allons réaliser un certain nombre de gestes et montrer aux infirmiers comment réaliser un certain nombre de gestes qui sont difficiles et leur apprendre à maîtriser leurs patients », argumente t il. Le programme s’étendra ensuite au Felicia Hotel pour des sessions orales sur l’otologie et une table ronde cruciale sur la gestion des urgences ORL, un défi quotidien dans les hôpitaux du pays. Un point d’honneur sera mis sur la santé auditive, avec un focus sur le dépistage précoce. « Le programme est assez riche, assez vaste, et il va permettre d’apporter un certain nombre d’éléments nouveaux pour faire avancer la pratique dans notre contexte », assure le Dr Bola Siafa.
Préparer la relève et panser les déserts médicaux
L’enjeu de ce congrès est aussi celui de la transmission. Avec une vingtaine d’ORL actuellement en formation à la FMSB, la SCORL prépare activement l’avenir. Le Dr Bola Siafa exprime une attente forte envers la nouvelle génération : « Nous voulons passer le relais à nos internes et à nos résidents pour qu’ils puissent comprendre le bienfait qu’ils aient fait de sélectionner cette spécialité-là, parce que c’est une spécialité d’avenir ». En encourageant l’exploration de sous-spécialités comme la cancérologie ou la chirurgie cervicale, le congrès espère susciter des vocations pointues.
Enfin, le Dr Bola Siafa rappelle l’importance de la vigilance collective, notamment face aux troubles de l’audition chez l’enfant : « S’il est difficile pour lui de répondre aux appels ou s’il est tout le temps en train de monter le son de la télé, cela doit attirer l’attention ». C’est sur cet appel à la mobilisation des médecins, des résidents et de la diaspora que le spécialiste conclut, invitant tous les acteurs de la santé à rejoindre ce mouvement d’innovation.
Signalons que cette formation sera animée par le Pr Ndiaye de l’UCAD, Sénégal, CHU de FANN et Mrs Amindeeh de l’Hôpital Central de Yaoundé.













































































































































































































































































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