Le 4è congrès scientifique de la Société camerounaise de Pneumologie a réuni des centaines de médecins à Douala dans l’optique d’un partage d’expérience et de trouver des solutions liées aux maladies respiratoires et à l’exercice de la profession.
« Covid-19 », « Asthme », et « Pathologie pleurale ». Ce sont les thèmes qui ont réuni environ de 350 médecins généralistes et spécialistes à Douala, du 29 au 30 Juillet 2022. C’était lors de la 4è édition du congrès scientifique de la Société camerounaise de Pneumologie (SCP). Au terme de cette rencontre qui a duré deux jours, les Pneumologues ont formulé des recommandations pour l’amélioration de leur activité.
Concernant l’Asthme, les pneumologues ont produit un document africain pour la prise en charge de cette maladie en Afrique. « Ça été l’occasion pour nous dont l’organisation est également membre de la Société Africaine de Pneumologie de Langue Française, de produire un document adapté à notre contexte », fait savoir Pr Bertrand Hugo Mbatchou, président de la SCP. Au Cameroun, les pneumologues n’étant pas nombreux, soit 40 pour 25 millions d’habitants, ce qui équivaut à 1 pneumologue pour 62 500 habitants, les participants à cette rencontre misent donc sur la formation et ont également adressé un plaidoyer au Ministère de la Santé publique pour l’augmentation du nombre de pneumologues.
« Il est vrai que le cliché actuel est bien mieux qu’il y a cinq ans, voire plus. Mais il reste quand même important que le gouvernement renfloue nos effectifs, car il y a des régions du Cameroun qui n’ont toujours pas de pneumologues et dans certaines il y a en a mais sont très limités dans l’exercice de leur profession à cause du manque d’outils de travail », relate le Président de la SCP.
Étant dans un contexte sanitaire global, et au regard des nouveaux cas de covid-19 qui surgissent les pneumologues continuent de miser sur la sensibilisation et les mesures de prévention. Pour ces spécialistes des maladies respiratoires, bien que cette pandémie, rendue à sa 4e vague dans notre pays reste d’actualité, les autres maladies respiratoires sont aussi responsables d’une morbidité et d’une mortalité importante. D’après la SCP, la pneumonie est responsable : de 15% du nombre total de décès d’enfants de moins de 5 ans ; 22500 cas de tuberculose au Cameroun ; augmentation des décès dus à la tuberculose en 2020 en raison de la pandémie de Covid-19, 339 millions de personnes asthmatiques dans le monde ; 10% d’asthmatiques en milieu scolaire au Cameroun ; Plus de 80 % du 1,3 milliard de fumeurs ; dans le monde vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire ; plus de 8 millions de morts chaque année ; 9,3% de fumeurs dans la population générale au Cameroun ; les apnées du sommeil, une maladie qui touche un adulte sur cinq dans le monde.
Au cours de cette rencontre de deux jours, qui a connu la participation de plusieurs médecins et soldats de la santé venus d’une dizaine de pays, à savoir : Cameroun, Tchad, Congo Brazzaville, Gabon, RCA, Benin, Togo, Côte d’ivoire, Burkina Faso, Sénégal, France, Belgique, Algérie, Mali… Il était également question d’outiller les jeunes médecins en termes d’assistance respiratoire sur les malades covid-19. Les participants ont bénéficié de Symposia, des sessions plénières, des ateliers de formation, des communications orales, des communications affichées, des expositions sur stand et rencontres privées.
Les objectifs de ce congrès étaient de : Faire la mise au point sur la lutte contre le covid-19, de discuter des avancées dans la prise en charge de l’asthme, de présenter la prise en charge actuelle de la pathologie pleurale au Cameroun et d’assurer la formation post universitaire des participants.
Ghislaine DEUDJUI
Interview
« Le nombre de Pneumologues reste insuffisant au Cameroun »
Pr Mbatchou Bertrand Hugo, Président de la SCP
Quels sont les enjeux de l’organisation du congrès scientifique de la SCP ?
Ce congrès de la SCP a pour thèmes principaux : « l’Asthme, le covid-19 et les maladies pleurales ». Nous sommes en contexte de Covid-19, après quatre vagues dans notre pays, nous sommes en train d’observer de nouveaux cas qui certainement annoncent une prochaine vague la 5è, et il était important de remobiliser le personnel médical, afin de les sensibiliser, d’échanger avec eux pour une meilleure prise en charge des patients souffrant de Covid-19. Nous avons aussi parlé de l’asthme au cours de ce congrès, échangé des travaux scientifiques, parce que c’est une maladie qui est aussi fréquente dans notre pays, avec la pollution, l’urbanisation dans nos villes. Nous avons échangé avec les collègues des dix régions du Cameroun et les Collègues venus aussi des autres régions des pays de l’Afrique Centrale, de l’Ouest et même du Maghreb.
Aujourd’hui, aviez-vous le sentiment que la Covid-19 ou l’asthme recule ou progresse ?
La Covid-19 au Cameroun aujourd’hui c’est un peu plus de 120 000 cas. Fort heureusement, beaucoup de cas de guérison avec un taux de décès de 1,6%. Il faut rester vigilant parce qu’on observe quelques cas depuis trois à quatre semaines au centre de prise en charge. Il faut maintenir l’alerte pour éviter une nouvelle flambée. Certes, beaucoup d’entre nous ont acquis une certaine immunité, mais avec toutes ces infections virales nous ne sommes pas à l’abri d’une mutation qui peut produire un nouveau variant qui va être difficile à maîtriser. Pour ce qui est de l’asthme, la prévalence varie selon les couches de population. Dans la population d’adolescence, on observe une prévalence de l’ordre de 8 à 9%. On peut observer dans certaines régions des prévalences beaucoup plus importantes. Il a été donc utile pour nous de discuter sur ce thème pour que les participants au sortie de ce congrès puissent être outillés pour une meilleure prise en charge des infections dans leurs différents hôpitaux.
Pourquoi avoir associé Covid-19 et Asthme ?
Habituellement lors des congrès scientifiques, on peut avoir deux voire trois thèmes, mais nous avons associé ces deux thèmes parce la Covid-19 c’est l’actualité ; l’asthme ensuite c’est une maladie qui est très fréquente surtout en pédiatrie et pour laquelle on observe une augmentation de la prévalence et surtout des difficultés en termes de ressources disponibles pour la prise en charge dans différentes régions du Cameroun. Donc nous avons voulu alerter les pouvoirs publics pour qu’ils mettent un peu plus de moyens dans les hôpitaux de district afin que les patients puissent bénéficier d’une prise en charge optimale…
Un pneumologue pour 6250 000 habitants c’est un véritable défi pour votre association…
C’est vrai que ce taux est déjà très amélioré, si on regarde il y a 5 ans. On a un ratio beaucoup moins important, mais fort heureusement, le ministère de la Santé autorise la formation des médecins Pneumologues au Cameroun en nombre qui pour nous reste insuffisant. Donc ce ratio pourrait être nettement amélioré si le gouvernement ouvre plus de places pour la formation des pneumologues dans nos facultés de médecine… Pour cela on espère d’ici quelques années atteindre un ratio d’un pneumologue ne serait-ce que pour 100000 Camerounais.
Quelles sont vos attentes… ?
A la fin de ce congrès, on espère que les centaines de participants que ce soit des médecins, des infirmiers, qui sont venus pour ce congrès puissent acquérir des connaissances, puissent être outillés à une meilleure prise en charge de ces différentes infections dans leur centre d’exercice. L’autre élément c’est le plaidoyer que nous faisons auprès du Ministère de la Santé publique pour une meilleure couverture sanitaire dans notre pays en termes de spécialistes en maladie respiratoire.
Propos recueillis par Ghislaine DEUDJUI












































































































































































































































































Comments are closed