Shopping cart

Subtotal 0 CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
  • Home
  • INSIDE HOSPITAL
  • Hôpital Général de Douala : Plus de 400 personnes bénéficient d’un dépistage oculaire
INSIDE HOSPITAL

Hôpital Général de Douala : Plus de 400 personnes bénéficient d’un dépistage oculaire

Email : 4

À l’occasion de la Journée mondiale de la vue, l’Hôpital Général de Douala a organisé, les 15 et 16 octobre 2026, une campagne de consultations gratuites et d’examens d’ophtalmologie. Plus de 400 patients ont bénéficié d’un dépistage, avec un accent particulier sur la sensibilisation aux maladies oculaires qui évoluent souvent à bas bruit.

L’affluence des grands jours s’est observée dans les services de l’Hôpital Général de Douala. Durant 48 heures, plus de 400 personnes ont bénéficié d’un bilan visuel complet. Pour faire face à ce flux massif d’usagers, la formation sanitaire a déployé une organisation fluide : accueil sous un chapiteau extérieur, enregistrement numéroté, prise des paramètres physiologiques, puis orientation vers des salles d’attente climatisées avant l’examen ophtalmologique sur des appareils d’imagerie de dernière génération.

Au sein des cabinets d’examen, les médecins ophtalmologues et leurs assistantes se sont relayés sans interruption pour scanner le fond d’œil et tester la réfraction. « Je souffrais de larmoiements récurrents depuis plusieurs semaines. Ayant appris la tenue de ces consultations gratuites à l’Hôpital Général de Douala, je me suis déplacée. Mes yeux ont été examinés en détail par des machines de haute précision. Le médecin m’a rassuré et m’a dispensé des conseils d’hygiène visuelle », témoigne Adeline W., une patiente rencontrée sur place.

Les enfants ont également fait l’objet d’une attention prioritaire. Venu avec son fils de 3 ans souffrant de prurits oculaires, Henri M. salue la qualité du dispositif : « L’accueil a été remarquable et la priorité a été accordée aux tout-petits. Le diagnostic est rassurant et ne présente aucune gravité immédiate. »

Glaucome, amétropies et pathologies émergentes

Selon le Dr Jasmine Nyouma, ophtalmologue à l’Hôpital Général de Douala, de nombreuses affections oculaires évoluent de façon asymptomatique jusqu’à des stades avancés. À l’échelle mondiale, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Agence internationale pour la prévention de la cécité estiment à 2,2 milliards le nombre de personnes vivant avec une déficience visuelle, dont 140 millions en Afrique subsaharienne.

Au cours de cette campagne à l’Hôpital Général de Douala, les praticiens ont principalement diagnostiqué des amétropies (vices de réfraction nécessitant une correction optique), des cataractes, des glaucomes, des conjonctivites ainsi que des rétinopathies liées au diabète et à l’hypertension artérielle. Des cas plus rares, tels que des affections neuro-ophtalmologiques responsables de ptosis (chute de la paupière) ou des manifestations parasitaires comme la loase intraoculaire (présence d’un filaire dans l’œil), ont également été dépistés lors de ces examens.

Alphonse JENE

INTERVIEW

« Évitez le savon et l’eau salée dans les yeux »

Dr Jasmine Nyouma, Ophtalmologue à l’Hôpital Général de Douala

Ophtalmologue à l’Hôpital Général de Douala, le Dr Jasmine NYOUMA alerte sur les pratiques dangereuses pour la surface oculaire et rappelle l’importance du dépistage. Entre conseils de grand-mère à bannir, maladies silencieuses et chirurgie de la cataracte, elle livre des repères clairs pour préserver sa vue.

L’Hôpital Général de Douala consacre 48 heures à des consultations ophtalmologiques gratuites. La situation de la santé visuelle est-elle préoccupante ?

La sensibilisation à la santé oculaire demeure insuffisamment intégrée par les populations au Cameroun. De nombreuses pathologies oculaires évoluent à bas bruit. Lorsque le diagnostic est posé à un stade tardif, les lésions deviennent irréversibles et il est souvent impossible de restaurer la vision. Il était donc primordial pour notre service d’insister sur le dépistage précoce à l’occasion de la Journée mondiale de la vue.

Quelles sont les affections les plus fréquemment rencontrées lors de vos consultations ?

Les motifs de consultation les plus récurrents sont les amétropies ou vices de réfraction, qui nécessitent le port de verres correcteurs. Nous recevons également de nombreux cas de glaucome, de cataracte, de conjonctivite et de complications oculaires liées au diabète ou à l’hypertension artérielle. Nous observons aussi des atteintes neurologiques impactant la vision, qui se traduisent par un ptosis, c’est-à-dire une chute de la paupière. Durant cette campagne, j’ai notamment dépisté un cas de loase oculaire, caractérisé par la présence d’un ver filaire dans la cavité oculaire. Cela démontre tout l’intérêt du dépistage systématique.

Face à une rougeur ou à la présence d’un corps étranger, beaucoup de citoyens usent de remèdes traditionnels ou de jus de citron. Que préconisez-vous ?

Ces pratiques populaires sont fortement déconseillées et dangereuses. En cas de détection d’un filaire ou de rougeur oculaire subite, il ne faut procéder à aucune manipulation aveugle ni céder à l’automédication ou aux produits traditionnels. Il faut consulter d’urgence un ophtalmologue. En revanche, lors d’une projection accidentelle de produits chimiques dans l’œil, le premier geste consiste à rincer immédiatement et abondamment les yeux à l’eau potable pendant au moins 15 minutes, avant de se rendre sans délai dans un service d’ophtalmologie.

Peut-on utiliser du savon ou de l’eau salée pour nettoyer l’œil en cas d’accident ?

Absolument pas. Il faut proscrire l’usage du savon et de l’eau salée. Ces mélanges sont hautement toxiques pour la cornée et vont altérer gravement la surface oculaire au lieu de la purifier. Seule l’eau potable ou le sérum physiologique doivent être utilisés pour le lavage d’urgence.

Parmi ces pathologies oculaires, lesquelles peuvent être guéries ?

Les conjonctivites se guérissent très bien sous traitement adapté. Le glaucome, quant à lui, ne se guérit pas au sens strict, mais un traitement médical ou chirurgical rigoureux permet de stabiliser la pression intraoculaire et de stopper l’évolution vers la cécité.

La chirurgie de la cataracte est très pratiquée. Quelles sont ses modalités et ses complications éventuelles ?

La chirurgie de la cataracte est l’acte chirurgical le plus pratiqué au monde. Il s’agit d’une intervention ambulatoire qui ne nécessite pas d’hospitalisation prolongée : le patient est opéré dans la journée et regagne son domicile. À l’Hôpital Général de Douala, nous réalisons couramment cette procédure. Les risques opératoires existent et dépendent du terrain médical du patient ainsi que de la maturité de la cataracte. Les complications possibles incluent l’infection, le déplacement de l’implant, l’hémorragie peropératoire ou l’œdème post-inflammatoire. C’est pourquoi un suivi post-opératoire strict auprès de l’ophtalmologue est impératif pendant trois semaines à un mois après l’intervention.

Quels conseils pratiques donnez-vous pour préserver sa vue au quotidien ?

Une bonne vision repose d’abord sur une bonne hygiène de vie. Il faut éviter le tabac et la consommation d’alcool, en particulier les alcools frelatés qui provoquent des neuropathies optiques toxiques irréversibles. Il convient d’adopter une alimentation équilibrée, riche en fruits et légumes apportant les vitamines A, B, C, D et E, indispensables au bon fonctionnement des cellules rétiniennes. La pratique régulière d’un exercice physique modéré, comme la marche ou la course à pied, pendant deux à trois heures par semaine, est également bénéfique. Enfin, il est recommandé d’effectuer un bilan ophtalmologique au moins une fois tous les deux ans, même en l’absence de tout symptôme visuel.

Quel est le dispositif prévu pour le suivi des patients dépistés à l’issue de ces deux jours de gratuité ?

À la suite de ces 48 heures de campagne, nos équipes procèderont à la compilation statistique des données épidémiologiques. Ces chiffres seront transmis à la Délégation Régionale de la Santé Publique et au Programme National de Lutte contre la Cécité afin d’ajuster les stratégies de prévention. Sur le plan clinique, les patients nécessitant des investigations approfondies sont programmés dès la semaine suivante. Avec l’accord de la Direction Générale de l’Hôpital Général de Douala, des réductions tarifaires ciblées seront appliquées sur ces examens complémentaires afin de garantir la continuité des soins.

Propos recueillis par Alphonse JENE

Leave a Reply

Articles similaires