L’Hôpital de district de Deïdo a consacré quatre journées au dépistage précoce des cancers du sein et du col de l’utérus.
Beaucoup de femmes ont envahi le service de gynécologie le vendredi 23 octobre 2026 pour se faire dépister pour le cancer du sein et le cancer du col de l’utérus. L’espace était trop étroit pour les contenir. Heureusement, une bâche avait été montée pour la circonstance, avec des chaises pour compléter le dispositif. Le récit est presque identique. Madeleine, qui a passé la quarantaine, attend son tour : « Je suis sous cette bâche parce que la salle d’attente à l’intérieur est remplie. On nous a dit de patienter jusqu’à ce que les autres sortent. Je suis venue pour faire les deux choses : faire une échographie mammaire et faire examiner mon utérus. Je vais profiter de l’occasion pour faire ces consultations, presque gratuitement. Je suis dans la prévention : avec les temps qui courent, il y a trop de maladies qui se cachent dans nos corps », nous explique la patiente.
Pour Emilie, qui a 60 ans sur le dos : « Je suis venue pour faire examiner mes seins. J’ai terminé avec l’échographie et, à l’interprétation, il m’a été demandé de faire un examen supplémentaire pour y voir plus clair par rapport à ce que les clichés ont montré. Mais le médecin m’a confirmé qu’il n’y avait pas lieu de m’inquiéter », raconte-t-elle.
Au total, 300 femmes ont été consultées et seront suivies après la campagne afin de combattre efficacement la maladie. « Ce qui a été fait, c’est que, à toutes ces dames, nous avons remis des fiches de résultats. Elles ont été orientées : lorsque les résultats seront disponibles, celles qui ont eu des examens de confirmation à faire devront revenir. Sur les fiches, on leur a donné tous les paramètres pour qu’elles ne soient pas perdues de vue lorsqu’elles reviennent ici. Parce qu’en général, lorsque le circuit n’est pas bien organisé, on perd des patientes de vue », explique le Dr Gabrielle Siping.
Le cancer se guérit
Pour la gynécologue, encore : « Cette fois-ci, on a insisté sur l’importance de remettre des fiches de résultats, et pas seulement de le dire verbalement, pour qu’avec cette fiche, elles puissent revenir vers la structure sanitaire pour la suite, afin de les suivre après les résultats. Et on a insisté sur le fait qu’elles ne doivent pas être découragées par les résultats. Parce qu’en réalité, c’est à cela que sert le dépistage », dit-elle.
Revenant sur les cancers du sein et du col, les professionnels de la santé soutiennent qu’on peut en guérir à une seule condition : se faire dépister tôt. « Le cancer se guérit. Si vous avez par exemple un cancer du sein qui est détecté très précocement, si c’est à la taille de 1 ou 2 centimètres, ce sont des exérèses que l’on peut faire avec des traitements associés, que ce soit par radiothérapie ou chimiothérapie ; les patientes guérissent. Donc l’essentiel est de pouvoir le détecter très tôt pour pouvoir en être guéri. Et c’est pareil pour le cancer du col de l’utérus. Une fois que la lésion a été vue précocement, surtout lorsqu’on a des lésions précancéreuses, ce sont des choses qui se traitent très facilement et avec des taux de guérison qui avoisinent les 100 % », soutient le Dr Gabrielle Siping.
Le Pr Charlotte Tchente Nguefack définit d’abord le cancer comme étant des cellules d’un organe qui, à un moment donné, commencent à se multiplier de manière désordonnée. Pour cette agrégée de gynécologie-obstétrique, « on peut guérir de n’importe quel cancer. Tout dépend du moment du diagnostic. Lorsqu’un cancer est diagnostiqué tôt, dans la plupart des cas, on peut guérir. Il y a des femmes que l’on examine tôt : si l’on voit qu’un petit cancer a déjà commencé et qu’elles n’étaient pas au courant, cela leur donne aussi la chance de guérir parce que c’est dépisté tôt », nous fait-on comprendre, en parlant précisément du cancer du col de l’utérus.
2,3 millions de nouveaux cas
Pour le cancer du sein, l’Organisation mondiale de la santé et le Centre international de recherche sur le cancer font état d’environ 2,3 millions de nouveaux cas diagnostiqués chaque année dans le monde et d’environ 670 000 à 694 000 décès. Le cancer du sein reste le plus fréquent chez la femme et le cancer le plus diagnostiqué au niveau mondial, tous sexes confondus. C’est la première cause de décès par cancer chez les femmes dans de nombreuses régions. Une femme sur huit développe un cancer du sein au cours de sa vie, parfois sans le savoir.
Il est donc facile de comprendre la motivation du Pr Servais Eloumou et de ses collaborateurs. « C’est un peu ce qui a motivé cette campagne organisée à l’Hôpital de district de Deïdo. On s’est dit qu’il faudrait organiser quelque chose pour faire venir massivement les femmes, les sensibiliser d’abord à l’intérêt du dépistage, les faire dépister, puis les orienter et les accompagner après le diagnostic », nous informe le Dr Gabrielle Siping, coordonnatrice de ladite campagne.
« Nous sommes à environ 300 femmes qui ont été dépistées. Que ce soit pour le cancer du sein uniquement ou bien pour le cancer du sein et du col. »

Le Dr Gabrielle Siping est gynécologue-obstétricienne ; elle est par ailleurs chef de service par intérim de gynécologie-obstétrique à l’Hôpital de district de Deïdo. Nous l’avons rencontrée le vendredi 23 octobre 2026, date retenue pour la fin de la campagne de dépistage gratuit des cancers du sein et du col de l’utérus organisée par cette formation sanitaire.
Qu’est-ce qui a motivé l’Hôpital de district de Deïdo à mener cette activité ? Le mal est-il donc tellement répandu qu’il fallait que vous vous mobilisiez ?
On s’est rendu compte, pendant les consultations gynécologiques que l’on fait ici à l’Hôpital de district, que beaucoup de femmes, lorsque vous leur posez la question : « Madame, avez-vous déjà fait un dépistage du cancer du sein ou du cancer du col ? », répondaient presque toujours non. On s’est rendu compte de l’ampleur du phénomène, parce que la plupart des femmes ne se font pas réellement dépister. Parfois c’est par ignorance ; parfois c’est parce qu’elles ont peur de le faire, peur du diagnostic et des conséquences que cela pourrait avoir pour elles sur le plan familial. Donc on s’est dit qu’il faudrait organiser quelque chose pour faire venir massivement les femmes, les sensibiliser d’abord à l’intérêt du dépistage, les faire dépister, puis les orienter et les accompagner après le diagnostic. C’est un peu ce qui a motivé cette campagne organisée à l’Hôpital de district de Deïdo, comme cela se fait en général chaque année.
Docteur, en faisant le tour, j’ai observé plus de femmes âgées que de jeunes femmes. Est-ce que ce sont des activités qui ne les intéressent pas ?
En fait, cela intéresse plusieurs tranches d’âge, mais il est vrai que les dépistages en général, et celui du cancer du sein en particulier, se font moins chez les jeunes femmes que celui du cancer du col de l’utérus. La plupart des jeunes filles que nous recevons ici sont celles qui viennent parce qu’elles ont eu des symptômes, c’est-à-dire qu’elles ont senti une boule dans le sein ou un autre symptôme. Ce sont beaucoup plus les femmes du troisième âge qui viennent pour le cancer du sein.
C’est la remarque que nous avons faite.Mais par rapport au cancer du col de l’utérus, certaines savent quand même qu’à partir de l’âge de 25 ans, on peut déjà se faire dépister. Donc nous avons eu des cas ; nous avons eu des jeunes filles qui sont venues pour cela.
Combien de femmes avez-vous consultées au total ?
Nous avons organisé la campagne sur quatre jours, du 20 au 23. Nous sommes à environ 300 femmes dépistées, que ce soit pour le cancer du sein uniquement ou pour le cancer du sein et du col. C’est le double de ce que nous avons eu les années antérieures. Donc nous pensons qu’il y a pas mal de femmes qui sont déjà assez sensibilisées à l’importance du dépistage de ces cancers.
Qu’allez-vous faire pour ces femmes chez qui vous avez dépisté ces maladies ? Quelle sera la suite ?
On ne va pas dire qu’on va les accompagner financièrement pour toute la suite. Mais ce qui a été fait déjà, c’est que, à toutes ces dames, nous avons remis des fiches de résultats. Elles ont été orientées : lorsque les résultats seront disponibles, celles qui ont eu des examens de confirmation à faire devront revenir ici. Sur les fiches, on leur a donné tous les paramètres pour qu’elles ne soient pas perdues de vue lorsqu’elles reviennent ici. Parce qu’en général, lorsque le circuit n’est pas bien organisé, on perd des patientes de vue.
Donc cette fois-ci, on a insisté sur l’importance de remettre des fiches de résultats, et pas seulement de le dire verbalement, pour qu’avec cette fiche, elles puissent revenir vers la structure sanitaire pour la suite, afin de les suivre après les résultats. Et on a insisté sur le fait qu’elles ne doivent pas être découragées par les résultats. Parce qu’en réalité, c’est à cela que sert le dépistage.
Dépister précocement pour prendre en charge précocement. Donc, pour la plupart, on leur a dit que, même si on avait vu des lésions, elles devaient savoir que le fait qu’on les ait vues assez précocement leur permettait d’en guérir. Beaucoup sont passées et avaient moins peur ; elles étaient moins préoccupées par la suite de leur prise en charge.
Puisque vous parlez de guérison, confirmez-vous qu’on peut guérir du cancer, Docteur ?
Oui, le cancer se guérit. Si vous avez par exemple un cancer du sein qui est détecté très précocement, si c’est à la taille de 1 ou 2 centimètres, ce sont des exérèses que l’on peut faire avec des traitements associés, que ce soit par radiothérapie ou chimiothérapie, et les patientes guérissent. Elles en guérissent. Donc l’essentiel est vraiment de pouvoir le détecter très tôt pour pouvoir en être guéri.
Et c’est pareil pour le cancer du col de l’utérus. Une fois que la lésion a été vue précocement, surtout lorsqu’on a des lésions précancéreuses, ce sont des choses qui se traitent très facilement et avec des taux de guérison qui avoisinent les 100 %.
Peut-on prévenir le cancer, Docteur ?
Oui, nous avons eu une causerie éducative jeudi 22 octobre 2026 avec beaucoup de femmes sur les moyens de prévention, que ce soit pour le cancer du sein ou du col. Et on leur a bien dit que, par rapport au sein, la première chose, c’est l’autopalpation qu’elles doivent elles-mêmes faire à domicile. Ensuite, il faut venir vers la structure sanitaire, aller vers les personnes spécialisées dans ces domaines pour se faire examiner et faire un examen de dépistage, que ce soit pour le cancer du col ou du sein. Ce sont les moyens de prévention.
Et j’ajouterais, pour le col, qu’il existe la vaccination contre le HPV, incluse dans le programme élargi de vaccination pour les filles à partir de 9 ans. C’est quelque chose que les dames ne savaient pas. Il était donc important de le préciser pour qu’elles puissent venir avec leurs enfants faire cette prévention.
Docteur, on dit que le cancer du sein ne concerne pas seulement les femmes ; les hommes aussi sont concernés.
Ah oui, c’est vrai. Dans la littérature, on dit qu’environ 1 % des hommes sont concernés par le cancer du sein. Comme le pourcentage est vraiment infime, la campagne ne les concerne pas directement ; elle est davantage axée sur les personnes les plus touchées. Il est néanmoins important de le savoir : les hommes peuvent aussi avoir un cancer du sein.
Si vous avez aujourd’hui un conseil à donner, vous savez qu’il y a les médecins de Facebook, de TikTok et des réseaux sociaux. Qu’est-ce que vous diriez aux femmes ?
Ce que je leur dirais, c’est que, quoi qu’on entende sur ces réseaux sociaux, il est toujours mieux d’aller vers des structures autorisées à vous donner des informations fiables. C’est-à-dire que si vous suivez des informations données par des personnes qui ne sont pas toujours fiables, rapprochez-vous simplement d’une formation sanitaire agréée. Vous demandez à consulter un médecin, et il faudrait savoir qu’il y a des consultations qui ne sont pas seulement faites parce qu’on est malade. Vous pouvez faire une consultation parce que vous voulez qu’on vous informe réellement sur un point qui vous intéresse.
Donc, il est toujours mieux de se rapprocher de ces personnes-là pour avoir des informations fiables.
Alphonse JENE











































































































































































































































































