C’est ce qui ressort d’un rapport de plus de 550 pages présentés récemment à Meiganga par l’organisation de la société civile Terre et développement durable. L’intense activité minière dans cette partie du pays est pointée du doigt comme l’une des sources potentielles de famine.
L’Organisation de la société civile, dénommée, Terre et Développement Durable attire l’attention sur les effets de l’exploitation minière sur l’agriculture. Les conséquences sont notables sur la situation de la faim dans les régions septentrionales et plus particulièrement dans la région de l’Adamaoua et le département du Mbéré. Lors de la conférence de presse du 23 septembre dernier à Meiganga, Pierre Hervé Madougou, président de Terre et développement durable a mis l’accent sur les effets de la destruction de l’environnement sur la survenue de la famine dans les régions septentrionales. D’après les données de TDD, les sites miniers couvrent une superficie de 15 687 159 hectares dans les trois régions. Ils représentant ainsi 96% des superficies cumulées. L’Adamaoua, avec ses 111 sites pour une superficie de 11 191 996 hectares, l’on constate que cette surface dépasse les 176% de la superficie administrative régionale. La région du Nord voisine elle compte 93 sites pour 55% de son territoire, tandis que l’Extrême-Nord en possède 7, couvrant 27% de la région.
L’intense activité minière est pour quelque chose sur la situation de famine. Car, « en 1974, le Nord-Cameroun disposait de sept millions d’hectares de pâturages pour 160 000 bovins. En moins de 20 ans, cette surface a été divisée par deux, pour n’atteindre plus que 3,5 millions d’ha en 1993, alors que le cheptel s’est multiplié par huit, à environ 1,28 million de têtes », précise le responsable de Terre et développement durable. Cette augmentation du cheptel sur un espace de plus en plus réduit montre une pression croissante sur les ressources pastorales disponibles, entrainant des risques accrus de dégradation des terres, de perte de biodiversité et d’augmentation des conflits liés à l’accès au foncier.
Sur le plan agricole, entre 2018 et 2019, la région de l’Adamaoua couvre 6,37 millions d’ha, avec une baisse de 2,9% des superficies agricoles. Des cultures comme l’arachide (+15,6%) et le macabo/taro (+14,4%) ont progressé au cours de la période indiquée, totalisant environ 2,51% des terres utilisées. Le cheptel bovin est estimé à 10 millions de têtes, nécessitant idéalement 20 millions d’ha de pâturages à raison de 2 ha par bœuf en a pris un coup. Or cela représente 314% de la surface totale, signe d’un surpâturage extrême et d’une insoutenable pression sur les ressources pastorales.
Lors de la conférence de presse de Meiganga, les organisations de la société civile, les municipalités et les chefferies traditionnelles, l’on a pu constater l’incidence de l’activité minière sur la situation alimentaire des populations riveraines. A titre d’illustration, le département du Mbéré, dans l’Adamaoua, premier producteur d’or semi-mécanisé du pays avec 27% de la production nationale, n’en tire que peu de bénéfices. D’après les données officielles, en 2018, les exportations d’or étaient à 133,81 kg (2,47 milliards F), alors que les Émirats Arabes Unis importaient du Cameroun 11,7 tonnes d’or (575 milliards F). D’après ces mêmes données du ministère des Mines, « seuls 10% de la production minière artisanale sont canalisés dans les circuits formels ». L’Adamaoua, malgré ce potentiel minier, est une région où l’insécurité alimentaire devient la plus inquiétante du pays, avec une hausse de 18,73% en situation courante.
Les parties prenantes, notamment les élus présents à la conférence ont pris l’engagement de faire des plaidoyers au niveau national et international. Ce qui permettra de relever le secteur rural par l’augmentation des allocations budgétaires à ces secteurs.
L’honorable Yaya Doumba qui prenait part à la conférence de presse rassure de ce que des plaidoyers seront faits afin que les régions du septentrion puissent bénéficier de plus d’allocations du Bip. Ce qui permettra de réduire les inégalités de développement avec les autres régions et favorisera leur développement.
Jean BESANE MANGAM à Meiganga












































































































































































































































































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