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Pobè : là où l’on soigne les maladies oubliées

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À Pobè, dans le sud-est du Bénin, des journalistes africains ont plongé au cœur de la lutte contre la lèpre et l’ulcère de Buruli, lors d’une visite de terrain organisée dans le cadre du Forum des médias du REMAPSEN sur les Maladies Tropicales Négligées (MTN).

Sur le site du Centre de Dépistage et de Traitement de la Lèpre et de l’Ulcère de Buruli (CDTLUB) de Pobè, avant la visite de terrain dédiée à la compréhension des réalités de la lutte contre la lèpre et l’ulcère de Buruli.

Pobè. Une ville discrète du département du Plateau, mais un nom qui résonne fort dans la lutte contre les maladies tropicales négligées au Bénin. C’est ici, au Centre de Dépistage et de Traitement de la Lèpre et de l’Ulcère de Buruli (CDTLUB), que des journalistes membres du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN), venus de plusieurs pays d’Afrique, ont marqué une halte forte de sens.

Cette descente sur le terrain s’inscrit dans les activités de la deuxième journée du Forum des médias sur les MTN, tenu les 29 et 30 janvier 2026 à Cotonou, sous le thème :

« De la négligence à la mise en lumière : faire avancer l’agenda africain pour l’élimination des MTN ».

À Pobè, les soignants du CDTLUB expliquent aux journalistes du REMAPSEN les réalités de la prise en charge de la lèpre et de l’ulcère de Buruli, au cnetre des unités de soins.

Un centre de référence au front des MTN cutanées

Soutenu par la Fondation Raoul et Madeleine Follereau, le CDTLUB de Pobè est un hôpital privé à but non lucratif, reconnu comme le principal centre de prise en charge des maladies dermatologiques dans les départements de l’Ouémé et du Plateau. Une région qui reste, paradoxalement, celle où l’incidence de la lèpre demeure la plus élevée au Bénin.

Sous la direction d’Oswald Attolou, directeur général du centre, les journalistes découvrent une structure à la fois humaine et hautement spécialisée : 86 lits, un taux d’occupation de 82 %, et 298 nouvelles admissions en 2025, pour une durée moyenne d’hospitalisation de 79 jours, parfois bien plus dans les cas sévères.

Ici, les patients arrivent de tout le Bénin, et parfois de bien au-delà des frontières, souvent à des stades tardifs de la maladie, signe d’une transmission encore active de la lèpre dans certaines communautés.

Le DG Oswald Attolou et la représentante de la Fondation Raoul Follereau au Bénin Alice Toussaint.

Des progrès réels, mais une vigilance permanente

Présent sur le site, le Dr Delphin Degla, coordonnateur national du Programme de lutte contre la lèpre et l’ulcère de Buruli, dresse un bilan sans complaisance mais porteur d’espoir.

« Il y a vingt ans, le Bénin enregistrait environ 300 nouveaux cas de lèpre par an. Il y a dix ans, nous étions à 70 cas. En 2025, nous avons recensé 85 nouveaux cas », explique-t-il.

Même tendance encourageante pour l’ulcère de Buruli : d’environ 300 cas par an il y a dix ans, le pays est passé à 135 cas en 2025, après être descendu sous la barre des 100 en 2024. Des résultats qui traduisent l’impact des stratégies de dépistage précoce, de traitement et de prévention.

Soigner les corps… et réparer les vies

Au CDTLUB de Pobè, la lutte va bien au-delà des soins médicaux. Soins locaux des plaies, chirurgie plastique spécialisée MTN, transfusions sanguines, oxygénothérapie, psychothérapie, suivi social : tout est pensé pour une prise en charge globale.

Le centre s’appuie sur une équipe pluridisciplinaire : chirurgien plasticien, médecins, infirmiers, aides-soignants, psychologue et assistante sociale. Il est aussi un centre de recherche clinique, impliqué dans des essais internationaux visant à réduire la durée des traitements.

Mais ce qui frappe les visiteurs, c’est l’attention portée à la dignité des patients. Lutte contre la stigmatisation, accompagnement des indigents, et même une école non formelle installée au sein du centre, où 47 enfants en primaire et 18 au secondaire poursuivent leur scolarité malgré de longues hospitalisations.

Mettre en lumière ce qui a trop longtemps été ignoré

Guidée par Alice Toussaint, représentante de la Fondation Raoul Follereau au Bénin, la visite des laboratoires, salles de soins et blocs techniques rappelle l’engagement de la Fondation aux côtés de l’État béninois depuis plusieurs décennies, d’abord contre la lèpre, puis dans une approche intégrée des MTN à manifestation cutanée.

À Pobè, les journalistes du REMAPSEN n’ont pas seulement observé. Ils ont écouté, vu, ressenti. Et compris pourquoi raconter ces réalités est un acte de santé publique.

Car derrière les chiffres encourageants, les MTN restent une bataille quotidienne. Une bataille qui se gagne aussi par la mise en lumière, objectif central de ce forum des médias africains qui vient de s’achever à Cotonou au Bénin.

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MIREILLE SIAPJE

Rédacteur en Chef

Journaliste multimédia, rédactrice en chef du groupe de presse Échos Santé. Spécialisée en santé publique, droits humains et environnement. S’exprime en français et en anglais. Lauréate du Prix Médiation Press Trophies 2014 et du Prix Michel Sidibé 2024.

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