Le Zimbabwe déploie officiellement le lénacapavir le 19 février. Le Cameroun n’a toujours pas autorisé ni intégré ce médicament innovant dans sa stratégie nationale de prévention contre le VIH.
Alors que le déploiement national du lénacapavir débute officiellement ce 19 février 2026 au Zimbabwe après son lancement à la polyclinique d’Epworth à Harare, l’arrivée de ce nouvel antirétroviral injectable à longue durée d’action suscite un vif intérêt à travers l’Afrique et dans le monde entier.
Qu’est-ce que le lénacapavir ? Une révolution dans la prévention du VIH
Les experts présentent le lénacapavir comme étant un antirétroviral de nouvelle génération, un inhibiteur de la capside du virus VIH-1, développé par le laboratoire américain Gilead Sciences. Contrairement aux formes traditionnelles de PrEP orale (comme les comprimés quotidiens de TDF/FTC), ce médicament peut être administré deux fois par an sous forme d’injection, améliorant ainsi l’accès et l’adhésion pour les personnes exposées au virus.
Depuis 2025, le lénacapavir a été approuvé pour la prévention du VIH dans plusieurs juridictions : il a reçu une autorisation aux États-Unis sous le nom de Yeztugo® après approbation de la Food and Drug Administration (FDA) ; il a été recommandé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) comme option supplémentaire de PrEP injectable à l’occasion de la conférence IAS 2025 à Kigali ; grâce à la procédure EU-M4all, il est également sur le point d’être autorisé en Union européenne pour la prévention du VIH.
Ces décisions s’appuient sur de données d’essais cliniques démontrant une très haute efficacité, avec des niveaux de protection avoisinant presque 100 % chez les personnes vaccinées, une avancée scientifique sans précédent dans la lutte contre le VIH.
Déploiement en Afrique : avancées et limites
Plusieurs pays africains ont déjà autorisé ou commencé à introduire le lénacapavir dans leurs stratégies nationales de prévention : Zambie, Zimbabwe, Afrique du Sud ont donné des approbations réglementaires ou des autorisations d’accès rapide basées sur des procédures accélérées ; des premières livraisons ont été faites en Eswatini et en Zambie, marquant le début de distribution dans la région subsaharienne.
Des partenariats internationaux tels que Unitaid, le Clinton Health Access Initiative (CHAI), le Global Fund, la Fondation Gates … ont également permis de négocier des accords pour rendre le prix du lénacapavir accessible (à environ 40 dollars par personne et par an) dans une centaine de pays à revenu faible ou intermédiaire d’ici 2027.
Quelle est la situation au Cameroun ?
Au Cameroun, le lénacapavir n’est pas encore approuvé ni déployé dans le cadre des programmes nationaux de prévention du VIH. Selon les données les plus récentes sur l’état des enregistrements de médicaments pour la PrEP dans le pays : le statut d’enregistrement du lénacapavir pour la PrEP est indiqué comme données non disponibles (ce qui signifie qu’il n’est pas encore approuvé par les autorités sanitaires camerounaises) ; d’autres options de prévention comme la PrEP orale traditionnelle (TDF/FTC) sont déjà disponibles et approuvées depuis plusieurs années ; des alternatives comme l’injection cabotegravir et l’anneau vaginal à la dapivirine ne sont actuellement pas approuvés.
Autrement dit : aucune autorisation formelle de mise à disposition du lénacapavir n’a été délivrée à ce jour au Cameroun, et le médicament ne fait pas encore partie des outils officiels de PrEP dans le cadre de la riposte nationale contre le VIH.
Facteurs expliquant ce retard de mise en œuvre
Plusieurs éléments expliquent la lenteur de l’adoption du lénacapavir dans des pays comme le Cameroun : Procédures sanitaires nationales : avant qu’un médicament soit disponible, il doit être soumis, évalué et autorisé par l’autorité de régulation locale.
Ressources logistiques et financières : l’introduction d’un nouvel outil nécessite des financements publics ou l’appui de partenaires internationaux pour la formation, l’achat et la distribution.
Priorisation des stratégies nationales : les plans nationaux se concentrent souvent d’abord sur les approches déjà éprouvées telles que la PrEP orale, le dépistage et les interventions combinées, avant d’intégrer de nouvelles technologies.
Ce que l’avenir peut réserver
L’intérêt mondial pour le lénacapavir et les efforts conjoints des organisations internationales laissent entrevoir une introduction potentielle prochaine dans des pays comme le Cameroun. L’OMS encourage les gouvernements à intégrer ce médicament dans leurs stratégies nationales de prévention du VIH, même si l’accès reste limité pour l’instant.
Si des démarches d’enregistrement ou des démonstrations pilotes sont lancées dans les prochains mois, le Cameroun pourrait rejoindre d’autres pays africains dans l’adoption de ce nouveau standard de prévention dès 2026–2027.













































































































































































































































































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