Shopping cart

Subtotal CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
  • Home
  • INSIDE HOSPITAL
  • Hôpital Régional de Bertoua : la renaissance d’un géant de la santé à l’Est
INSIDE HOSPITAL

Hôpital Régional de Bertoua : la renaissance d’un géant de la santé à l’Est

Email : 243

Sous l’impulsion du Dr Dimitri Serge Mbida, l’Hôpital Régional de Bertoua (HRB) opère une mue spectaculaire ;

Entre modernisation des infrastructures, motivation du personnel et explosion du taux de réussite des prises en charge, l’établissement s’impose désormais comme le fleuron médical de la région de l’Est ;

Sous l’impulsion du ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, et l’encadrement du délégué régional de la Santé publique de l’Est, Dr Albert Mambo Maka, le top management de cette formation sanitaire met tout en œuvre pour le bon suivi médical des patients. Lire en exclusivité l’interview du Dr Dimitri Serge Mbida.

La prise en charge des patients est optimale à l’Hôpital Régional de Bertoua.

Le changement est palpable dès que l’on franchit le seuil de l’Hôpital Régional de Bertoua (HRB). Loin de l’image austère des formations sanitaires d’autrefois, l’HRB respire aujourd’hui une dynamique nouvelle. Ce souffle, on le doit au top management incarné par le Dr Dimitri Serge Mbida. Depuis son arrivée, le nouveau directeur a fait de la performance clinique et du bien-être social son cheval de bataille, transformant l’hôpital en un véritable pôle d’excellence.

Une capacité d’accueil et un plateau technique renforcés

Avec une capacité totale de 250 lits dont 220 au cœur de l’hôpital et 28 dédiés spécifiquement au centre d’hémodialyse, l’hôpital régional de Bertoua ne se contente plus de recevoir, il soigne avec précision. La mise en service de trois blocs opératoires totalement fonctionnels a radicalement changé la donne pour les interventions chirurgicales, réduisant les délais d’attente et sécurisant les actes les plus complexes.

Le service d’hémodialyse très sollicité par les patients.

Le centre d’hémodialyse, véritable poumon de l’établissement pour les malades chroniques, tourne à plein régime. Franquise Andjah, en service dans cette unité, témoigne de cette effervescence : « Nous dialysons de lundi à dimanche. Grâce à l’impulsion du ministre de la Santé, le Dr Manaouda Malachie, les frais sont passés de 5 000 FCFA la séance à seulement 15 000 FCFA par an. C’est une révolution pour nos 44 patients réguliers. »

Le « Chèque Santé » : un levier de vie

Le service de gynécologie-obstétrique est sans doute le miroir le plus fidèle de cette réussite. En 2025, l’hôpital a enregistré le chiffre record de 3 125 accouchements, dont 595 par césarienne. La tendance ne faiblit pas en 2026 : 223 naissances en janvier, 214 en février et déjà 35 au début du mois de mars.

Cette affluence record est portée par le dispositif « Chèque Santé ». Gaëlle Bekono, sage-femme, confirme cet engouement : « Depuis 2023, nous connaissons un accroissement énorme. Nous suivons nos patientes de la consultation prénatale au post-opératoire avec une attention particulière. » Gabrielle Maiga Aissata, une jeune maman de jumelles sauvée par une césarienne d’urgence, ne cache pas sa gratitude : « Les médecins ont pris grand soin de moi. Comme j’ai des problèmes de tension, ils vérifient chaque minute. Je me sens aux petits soins ».

Un personnel motivé pour des soins humanisés

Mais le secret de la réussite du Dr Dimitri Serge Mbida réside également dans le traitement réservé au capital humain. Pour obtenir l’excellence, le directeur a compris qu’il fallait des troupes motivées. Résultat : les quotes-parts du personnel ont été triplées.

Cette revalorisation salariale a un impact direct sur la qualité de l’accueil. Un soignant épanoui est un soignant plus attentif, plus souriant et plus efficace. À l’HRB, l’humanisation des soins n’est plus un concept théorique, mais une réalité vécue par les patients au quotidien. Du service de néonatalogie, équipé de quatre couveuses de pointe, aux salles de dialyse, l’engagement est total.

Un pilier régional incontournable

Aujourd’hui, l’hôpital régional de Bertoua ne se contente plus de répondre aux besoins de la ville ; il rayonne sur toute la région de l’Est. En alliant une gestion managériale audacieuse à une politique de santé publique inclusive voulue par le gouvernement, le Dr Mbida et ses équipes prouvent que la performance hospitalière au Cameroun est possible.

L’HRB est désormais bien plus qu’un hôpital : c’est une promesse de vie, tenue chaque jour par des hommes et des femmes dévouées au service de la nation.

Signalons que cette descente sur le terrain du groupe Échos Santé a été coordonnée avec l’appui du délégué régional de la Santé de l’Est, le Dr Albert Mambo Maka.  

Interview

« Nous avoisinons déjà les 3000 patients reçus par mois »

Dr Dimitri Serge Mbida, Directeur de l’hôpital régional de Bertoua.

Quel est l’état de santé de l’Hôpital Régional de Bertoua ?

Je remercie Echosanté pour l’opportunité qui m’est donnée de pouvoir s’exprimer et de parler de l’hôpital régional de Bertoua. Il faut dire que c’est depuis le 27 novembre 2025 que nous avons pris fonction ici et dès le départ nous avons pris le taureau par les cornes.

Il faut dire que l’hôpital régional de Bertoua est un grand chantier au vu de sa position géographique. Il est dans la ville de Bertoua, qui est désormais un carrefour pour les gens qui vont dans le Grand Nord, mais aussi c’est le chef de région, la région frontalière avec les pays frères, notamment la Centrafrique et le Congo. Il faut dire que l’hôpital a environ 150 personnels Etatiques , nous avons également des personnels d’appui et des personnels venant du GTR, notamment 42 APS, 20 agents d’entretien et les cinq gardiens, comme vous avez pu les constater. L’hôpital est conçu sur 4 hectares avec 26 bâtiments.

Depuis notre arrivée, il faut dire que la fréquentation a nettement augmenté, parce que nous sommes passés de 1500 patients que nous voyons avant à près de 2300 patients par mois. Et nous pensons que nous avoisinons déjà les 3000 patients par mois. Le taux d’hospitalisation, d’occupation des lits actuellement est à 62 %. À notre arrivée, nous étions à 40 %. Là, nous sommes environ à 62 %. Le chiffre va crescendo.

Qu’est-ce qu’on retrouve dans ce personnel en termes de spécialistes, de médecins, de personnels paramédicaux ?

Dans l’hôpital, nous avons 10 spécialistes. Un neurochirurgien, un cardiologue, un traumatologue, un chirurgien généraliste, deux ORL, dont moi. Nous avons aussi une radiologue. Le souci, c’est au niveau des médecins généralistes. Nous avons deux médecins généralistes affectés par l’État. Ce qui nous a poussé à avoir des vacataires.

Il y a environ 4 vacataires médecins généralistes qui sont avec nous ici à l’hôpital. Pour ce qui est des personnels de laboratoire, ils sont au nombre de 36.   Notamment, il y a des ingénieurs, des techniciens et des assistants. Pour ce qui est du personnel infirmier, il y a environ 80 personnes, notamment des différents corps : IPE et aides-soignants. Pour ce qui est des sages-femmes, nous avons une quinzaine de sages-femmes. Nous sommes de la formation sanitaire. Voilà le personnel étatique.

Il y a des personnels qui étaient avant des personnels PBF, comme on aimait les appeler avant. Ils sont avec nous et nous appuient. Ce sont des personnels d’appui.

Comme j’ai pu le dire, ils sont une quarantaine. Ils sont au sein de l’hôpital. Parmi eux, il y a essentiellement des infirmiers, des techniciens de laboratoire. Également, certains personnels de bureau qui sont parmi nous.

Qu’est-ce que l’hôpital régional de Bertoua a actuellement en termes de services fonctionnels et opérationnels?

Actuellement, on a des services de prise en charge générale, mais on a aussi des services spécialisés. Comme service déjà spécialisé, nous avons un centre d’hémodialyse, qui est l’unique dans la région et qui est fonctionnel. On a un service d’imagerie complet. On a un scanner et nous avons reçu dernièrement une mammographie.

Dans un avenir assez proche, nous pourrons faire désormais la mammographie au niveau de l’hôpital. Mais aussi dans la région, nous serons les seuls à posséder cet appareil qui est un appareil de pointe. En plus de cela, nous avons tous les autres services que nous pouvons retrouver dans un hôpital de notre catégorie, qui est un hôpital de troisième catégorie. Notamment un service de gynécologie. Nous avons un service de réanimation. Nous avons aussi un bloc opératoire complet qui a trois différents blocs. Nous avons un service de pédiatrie. Service de médecine, infectiologie. Nous avons également le service de chirurgie qui prend tous les malades qui ont été vus après être opérés. Nous avons le service d’ORL, d’Ophtalmologie. C’est vrai, nous n’avons pas d’ophtalmologue pour l’instant, mais nous avons un service d’ophtalmologie qui est fonctionnel. En plus de ça, il faut dire que dans notre hôpital, nous avons le service de santé mentale, qui est un point essentiel aujourd’hui vu l’importance qu’elle a dans notre société.

C’est fonctionnel, le service de santé mentale est fonctionnel autant pour moi. Nous avons aussi un service de kinésithérapie. Nous savons que les maladies cardiovasculaires et les paralysies sont déjà un peu plus fréquentes. Donc le service est fonctionnel, il est au sein de l’hôpital.

Quel mécanisme vous avez mis en place à ce jour, qui permet qu’une personne qui arrive dans une urgence vitale soit rapidement prise en charge avec ou sans argent ?

Il faut dire qu’au niveau des urgences de l’hôpital régional de Bertoua, nous avons mis en place une trousse d’urgence. La trousse d’urgence est composée de tous les médicaments d’urgence.

Cela veut dire que tous les malades qui viennent, surtout les accidentés, ou alors ceux que les forces de l’ordre prennent souvent au niveau de la voie publique, peut-être qui ont été abandonnés, quand ils viennent, la première des choses que nous faisons, c’est que nous les prenons en urgence et on signe le bon de prise en charge d’urgence. Notamment, il a 48 heures, ce bon de prise en charge, et pendant les 48 heures après la prise en charge, nous levons l’urgence d’abord, nous le prenons en charge, et ensuite nous recherchons les différents acteurs qui peuvent accompagner le patient qui est venu. Cela peut être les membres de la famille, ça peut être des âmes de bonne volonté qui parfois viennent ici vous assister pour prendre en charge les personnes qui sont abandonnées.

Il faut dire qu’on a un service social ici, au sein de l’hôpital, et quand vous parlez des indigents, quand nous avons quelqu’un qui est réellement indigent, il y a une enquête qui est menée par le service social qui essaie de voir si cette personne est réellement indigente, et ce service social nous accompagne aussi, pour déterminer ces différents indigents. Mais effectivement, ils sont pris en charge au sein de la formation sanitaire.

C’est vrai, c’est un coût pour nous, mais c’est aussi ça l’hôpital. Le ministre a parlé d’humanisation des soins, nous devons prendre en charge les malades d’abord, et toujours avoir cet humanisme-là en nous, à chaque fois que nous sommes face à un patient.

Vous parlez du ministre, cela nous amène à parler du chèque santé, et de la Couverture santé universelle. Où est-ce que vous en êtes avec la mise en œuvre effective de la Couverture de santé universelle dans cet hôpital ?

Il faut dire qu’à notre arrivée, la couverture de santé universelle était déjà mise en œuvre efficacement. L’hôpital régional est comme un hôpital entonnoir, qui porte un peu tout ce qui vient des autres districts, et les reçoit ici. Au niveau déjà de l’hémodialyse, il faut savoir que tous les patients qui sont hémodialisés, qui sont enregistrés, sont pris en charge dans le cadre de la CSU.

Le chèque santé est effectif, et nous allons probablement faire aussi un tour en maternité, vous allez constater qu’il y a des cas chèque santé qui sont enregistrés, qui sont pris en charge selon les instructions de la hiérarchie, et selon les critères du chèque santé. Le chèque santé et la CSU sont pleinement appliqués au niveau de l’hôpital régional de Bertoua.

Vous êtes un nouveau directeur, vous avez forcément des chantiers, des choses à innover, à améliorer. Dites-nous, qu’est-ce que vous envisagez de changer, d’améliorer au sein de cette formation sanitaire et dans quel délai ?

Il faut dire que les chantiers, ils sont nombreux, mais il faut y aller de manière méthodique. L’humanisation des soins parle du patient, du personnel également. En tant que manager, nous devons toujours mettre aussi notre personnel au centre. Dans notre chantier, nous mettons le personnel également au centre, comme le patient.

Pour ce qui est du personnel, il faut leur redonner leur valeur, c’est-à-dire les motiver à travailler et à comprendre pourquoi ils ont choisi ce métier. Et le patient lui-même, il faut le mettre au centre. Et mettre le patient au centre, c’est aussi lui redonner une qualité des soins.

Dans notre premier chantier ici, au niveau de l’hôpital régional, que vous maîtrisez bien, c’est la qualité du service. Il faudrait qu’on ait décidé ensemble de remettre ça au centre. Qualité dans la prise en charge, qualité dans le suivi, qualité post-suivi du malade.

Et pour avoir cette qualité, nous avons, bien entendu, avec tout le personnel réunion tenue, nous devons relever notre plateau technique. Une qualité des soins veut dire aussi le plateau technique. Nous devons revoir tout ce qui a été appris à l’école, les bases.

C’est pour ça que désormais, nous avons ici des rondes que nous faisons, notamment tous les jours, mais aussi il y a la ronde générale le mercredi. Et tout le monde adhère.

Il faut dire que l’hôpital régional a un souci de sécurité. On a noté à notre arrivée beaucoup de cas d’intrusion. Il est question, déjà, de sécuriser l’environnement dans lequel nous travaillons, mais aussi de renforcer l’état de certains services, notamment le service d’ophtalmologie.

Il y a une demande forte au sein de la formation, au sein de la ville. Il est question de revoir le plateau technique et de le relever. Il y a d’autres chantiers. Ils sont nombreux. On ne va pas les citer dans une interview, mais à la suite de notre comité de gestion, nous avons énuméré ces projets-là ensemble, qui ont été validés et seront mis en œuvre de manière progressive. Les projets phares sont, déjà, la création de la construction d’un bâtiment. La construction d’un bâtiment ayant des services VIP et hospitalisation VIP. Deuxièmement, le problème de l’agression des déchets. La construction d’un incinérateur selon les normes de l’OMS.

Ça, c’est un des deuxièmes projets. Il y a beaucoup de services qui doivent être réaménagés, et même des extensions qui doivent être faites. Notamment la maternité, qui doit être agrandie pour respecter les normes de l’OMS.

Comment voulez-vous voir l’hôpital régional d’ici un ou deux ans ?

L’hôpital régional de Bertoua doit être un hôpital de référence dans toute la région. C’est vrai qu’il y a un hôpital de référence, mais pour moi, je le vois avec toutes les entités d’un hôpital de référence. Pas seulement au niveau des bâtiments, mais au niveau de la qualité des services également. Le rendu, la satisfaction des patients. Ce que nous retrouvons ailleurs, dans les autres grandes villes. Nous voulons retrouver cela au niveau de l’hôpital régional de Bertoua. Voilà à peu près la vision que nous avons dans un an. Et nous avons commencé avec.

Pour ceux qui étaient déjà venus ici à Bertoua, si vous allez repasser dans l’hôpital, les urgences ont été agrandies, réaménagées. Elles sont fonctionnelles. Avant, ils accueillaient à peine trois malades, quatre. Là, ils peuvent accueillir près de dix malades. Le service d’imagerie est fonctionnel, totalement. Avant, c’était un peu dispersé. Désormais, quand on veut venir faire son échographie, son scanner, sa radio, bientôt sa mammographie, on sait que voilà le service d’imagerie. Le laboratoire, qui est également dispersé, a désormais tout un bloc pour lui. Notamment le laboratoire et la banque de sang. Nous avons également déjà aménagé la maternité. Nous allons visiter. Désormais, nous avons un service de gynécologie plein.

Notamment les femmes qui viennent d’accoucher par voie basse ou par césarienne, mais aussi les femmes qui souffrent de pathologies. Nous les avons bien identifiées. Nous avons créé des services juste pour elles. Le bloc opératoire a été remis à niveau selon les normes. Désormais, quand on entre au bloc opératoire, on retrouve tout ce dont on a besoin pour mener une chirurgie sans soucis. Les chantiers sont encore nombreux.

Comme je l’ai dit, le service ORL, ophtalmologie, odontostomatologie, il sera réaménagé dans un avenir assez proche. La multiplication des points des toilettes également, vous allez aussi le constater, c’est en cours.

Qu’est-ce que vous voulez adresser comme message à la population de la ville de Bertoua et de ses environs ?

Aux populations de la ville de Bertoua et ses environs, venez à l’hôpital régional.Ici, vous trouverez l’excellence au service de la population.

img

Junior NTEPPE KASSI, 33 ans, est un journaliste scientifique camerounais au Groupe Échos Santé. Spécialiste de la médecine du sport, il met sa passion au service de l'information médicale de pointe.

Comments are closed

Articles similaires

📰 Dernière parution : Echos santé n°1390 du mardi 21 avril 2026

×