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Mortalité infantile dans le monde : 58 % des décès concentrés en Afrique subsaharienne

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En 2024, sur les 4,9 millions d’enfants morts avant l’âge de 5 ans dans le monde, près de 6 sur 10 vivaient en Afrique subsaharienne. Une situation marquée par le poids du paludisme, de la malnutrition et des systèmes de santé fragiles, malgré des solutions simples et accessibles. Révèle le nouveau rapport des Nations Unies.

Près de 4,9 millions d’enfants de moins de cinq ans ont perdu la vie en 2024 à travers le monde, dont 2,3 millions de nouveau-nés. Derrière ces chiffres alarmants, révélés dans un nouveau rapport des Nations Unies, se cache une réalité encore plus préoccupante : la majorité de ces décès auraient pu être évités grâce à des interventions simples, peu coûteuses et à des soins de qualité. Et au cœur de cette tragédie mondiale, l’Afrique subsaharienne concentre à elle seule 58 % des décès.

Une stagnation inquiétante des progrès

Intitulé Taux et tendances en matière de mortalité infantile, le rapport dresse un constat sans équivoque : si la mortalité des enfants de moins de cinq ans a chuté de plus de moitié depuis 2000, les progrès ont considérablement ralenti depuis 2015, avec une baisse de plus de 60 % du rythme d’amélioration.

Cette stagnation intervient dans un contexte paradoxal où les investissements dans la santé infantile sont pourtant reconnus comme parmi les plus rentables en matière de développement. « Aucun enfant ne devrait mourir de maladies que nous savons prévenir », a rappelé Catherine Russell, Directrice générale de l’UNICEF, pointant également les effets des coupes budgétaires mondiales.

L’Afrique subsaharienne, épicentre de la mortalité infantile

La région paie le plus lourd tribut. En 2024, plus d’un enfant sur deux décédé avant l’âge de cinq ans vivait en Afrique subsaharienne. Neuf grandes maladies infectieuses y sont responsables de 54 % des décès.

Le paludisme demeure la principale cause de mortalité chez les enfants au-delà du premier mois de vie, représentant à lui seul 17 % des décès. Malgré les progrès réalisés entre 2000 et 2015, la lutte contre cette maladie marque aujourd’hui le pas.

Les pays les plus touchés incluent le Nigéria, la République démocratique du Congo, le Niger et le Tchad, où se combinent plusieurs facteurs aggravants : systèmes de santé fragiles, conflits armés, changements climatiques, résistance aux traitements et prolifération de nouvelles espèces de moustiques.

Malnutrition : une menace silencieuse mais meurtrière

Pour la première fois, le rapport estime à plus de 100 000 le nombre d’enfants morts directement de malnutrition aiguë sévère. Un chiffre qui ne reflète qu’une partie de la réalité.

En effet, la malnutrition agit aussi de manière indirecte en affaiblissant le système immunitaire des enfants, les rendant plus vulnérables à des maladies pourtant évitables comme la pneumonie, la diarrhée ou le paludisme.

Dans plusieurs pays en crise, notamment en Somalie ou au Soudan, cette combinaison de facteurs aggrave fortement le risque de décès.

Les nouveau-nés, premières victimes

Près de la moitié des décès d’enfants de moins de cinq ans surviennent au cours du premier mois de vie. Les principales causes restent les complications liées à la prématurité (36 %) et celles survenant pendant l’accouchement (21 %).

À cela s’ajoutent les infections néonatales et les anomalies congénitales, révélant des insuffisances persistantes dans l’accès à des soins de qualité au moment critique de la naissance.

Conflits et inégalités : des facteurs aggravants

Le rapport souligne également le poids des contextes fragiles. Les enfants nés dans des zones de conflit ou de crise ont près de trois fois plus de risques de mourir avant l’âge de cinq ans.

Ces disparités sont frappantes : alors que les maladies infectieuses représentent 54 % des décès en Afrique subsaharienne, cette proportion chute à seulement 9 % en Europe et en Amérique du Nord.

Des solutions connues mais insuffisamment mises en œuvre

Face à cette situation, les experts sont unanimes : les solutions existent. Vaccination, prise en charge de la malnutrition, accès à des accouchements assistés par du personnel qualifié, lutte contre le paludisme… autant d’interventions éprouvées qui pourraient sauver des millions de vies.

Mais leur mise en œuvre reste entravée par un manque d’investissements, des systèmes de santé fragiles et une volonté politique parfois insuffisante.

« Nous savons comment prévenir ces décès. Ce qu’il faut maintenant, c’est un engagement politique renouvelé », a insisté Li Junhua, Secrétaire général adjoint des Nations Unies.

Un impératif pour atteindre les ODD

À l’heure où le monde s’est engagé à atteindre les Objectifs de développement durable d’ici 2030, ce rapport sonne comme un avertissement. Sans accélération des efforts, de nombreux pays africains risquent de rester en marge des objectifs de survie infantile.

Au-delà des chiffres, c’est une question de justice sociale et d’équité sanitaire. Car aujourd’hui encore, naître en Afrique subsaharienne signifie avoir beaucoup plus de risques de mourir avant son cinquième anniversaire.

Un constat dur, mais surtout un appel urgent à l’action.

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MIREILLE SIAPJE

Rédacteur en Chef

Journaliste multimédia, rédactrice en chef du groupe de presse Échos Santé. Spécialisée en santé publique, droits humains et environnement. S’exprime en français et en anglais. Lauréate du Prix Médiation Press Trophies 2014 et du Prix Michel Sidibé 2024.

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