L’arrestation en fin de semaine dernière de Moadambe Eric, suspecté de l’agression sexuelle et du meurtre atroce de la petite Divine Mbarga, 11 ans, a déclenché une onde de choc à travers le pays. Entre émotion populaire, mobilisation sur les réseaux sociaux et interpellations de figures publiques, cette affaire tragique relance le débat sur la protection des mineurs et la réponse judiciaire face aux crimes les plus graves.
Le quartier Nkoabang, à la sortie Est de la ville de Yaoundé, est plongé dans une stupeur noire depuis le 19 mars 2026, date d’une découverte macabre. En effet, ce qui ne devait être qu’une banale séance de devoirs entre camarades de classe s’est transformé en un crime d’une barbarie innommable. Le nom de la victime, Divine Mbarga Atangana, 11 ans, rejoint désormais la liste sanglante des enfants arrachés à la vie dans des circonstances atroces au Cameroun.
Une trahison au cœur de l’innocence
Le 18 mars 2026, Divine quitte le domicile familial. Sa destination est rassurante : elle se rend chez un ami de son âge pour réviser ses leçons. Dans l’esprit de ses parents, elle est en sécurité. Mais le foyer de son camarade s’est transformé en un piège mortel. Le principal suspect, Moadambe Eric, technicien en bâtiment et père de trois enfants, aurait orchestré ce drame avec une préméditation qui glace le sang.
De sources concordantes, les révélations de l’enquête préliminaire dessinent un scénario cauchemardesque : le suspect aurait utilisé son propre fils, âgé lui aussi de 11 ans, pour faire le guet pendant qu’il abusait de la fillette. « Divine a été violée, sodomisée et étranglée », témoigne sa maman dans une vidéo devenue virale sur le réseau social X. Plus terrible encore, une fois le crime consommé, le fils aurait été envoyé par son père pour chercher de l’aide afin de déplacer le corps inerte de la jeune fille.
Un suspect au visage « ordinaire »
L’arrestation de Moadambe Eric, originaire d’Akonolinga, a mis un visage sur le “monstre”. Décrit comme un voisin ordinaire, il bénéficiait de la confiance du quartier. C’est cette proximité qui a permis le crime. Comme le souligne la chanteuse Lady Ponce dans un cri de détresse sur les réseaux sociaux : « Elle se croyait en sécurité chez son ami sans savoir qu’elle était dans sa propre tombe. »
Aujourd’hui, le suspect est entre les mains de la police du 20ᵉ arrondissement de Yaoundé. Déféré devant le tribunal de Mfou avec deux complices présumés, il fait face à une population qui réclame une justice exemplaire, voire la peine de mort pour certains, tant l’acte dépasse l’entendement humain.
Le cri de douleur d’une nation
L’indignation dépasse les frontières du quartier Nkoabang. Des icônes de la musique camerounaise, comme Mimie, ont pris la parole pour dénoncer l’insécurité croissante dont sont victimes les mineurs. « Divine avait 11 ans… l’âge des cahiers d’école, pas celui de la mort », écrit-elle, rappelant que pleurer ne suffit plus face à la répétition de ces drames.
La mère de Divine, anéantie, a lancé un appel déchirant : « On a retrouvé le corps de mon enfant sans vie… S’il vous plaît, aidez-moi. Que justice soit faite ». Ce cri fait écho aux traumatismes encore frais des affaires Tchaga Etoké Amélie, bébé Orphée ou bébé Mathis, illustrant une « série noire » que la société camerounaise ne semble plus pouvoir supporter.
Un tournant pour la protection de l’enfance ?
L’affaire Divine Mbarga place la justice camerounaise devant une épreuve de vérité. Au-delà du châtiment qui devrait être réservé à ses bourreaux, c’est la question de la protection des enfants dans le cercle de confiance qui est posée. Comment protéger nos enfants quand le danger porte le visage du voisin, du parent d’un ami, ou d’un « technicien ordinaire » ?
Alors que l’enquête se poursuit, le Cameroun entier garde les yeux rivés sur le tribunal de Mfou. Le pays attend que la sentence soit à la hauteur de l’horreur, pour que le nom de Divine Mbarga Atangana ne soit pas seulement une statistique de plus, mais le point de départ d’un sursaut national pour la sécurité des plus vulnérables.
Junior NTEPPE KASSI
Réaction
« Stopper la saignée, stopper les prédateurs, stopper les pédocriminels et stopper les criminels de façon globale »

« Je ressens un sentiment de colère avant la tristesse parce que ce qui est arrivé à la petite Divine s’est passé dans la nuit du 18 mars et son dépouille a été retrouvée le 19 mars 2026. Je dois préciser que nous sommes en plein dans le mois de la protection des droits de la femme Il a fallu qu’une semaine plus tard, lorsque nous enquêtions, nous nous rendions compte que rien n’avait été fait jusqu’ici au niveau de la police d’après ce que la famille nous avait révélé Et c’est à ce moment-là que nous commençons à travailler dessus et que l’indignation arrive. Nous avons l’impression que c’est très émotif. Pourtant, ces cas de violence ne doivent pas être émotifs. Cela doit être des cas qui permettent de juguler pour que cela ne se reproduise plus. L’objectif n’est pas juste de créer un randam. L’objectif, c’est de stopper la saignée, stopper les prédateurs, stopper les pédocriminels, stopper les auteurs d’infanticides et stopper les criminels de façon globale. La tristesse qui arrive est de voir la vie d’un enfant comme Divine s’en aller. Mais surtout de voir que des enfants ont été impliqués dans l’affaire, notamment d’après nos informations au contact de la famille, l’enfant du présumé bourreau qui ne s’est plus rendu à l’école depuis que l’affaire a été révélée, personne ne sait où il se trouve ; personne ne sait ce qu’il connait s’agissant de son père. Est-ce que cet homme abuse également d’autres enfants ? Ce sont des questions qu’on devrait se poser. Il faut qu’on retrouve cet enfant, parce qu’il a besoin également d’accompagnement. Il est mineur. Donc, il a agi sous l’autorité parentale qui est celle de son père. Donc, il a besoin d’un encadrement pour qu’il ne devienne pas un danger social. »













































































































































































































































































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