Cette partie du pays accuse un manque criard des spécialistes. Une situation qui ne permet pas un meilleur suivi des patients, obligeant certains à aller se faire soigner dans d’autres villes.
Dans la région de l’Adamaoua, le manque criant de médecins spécialistes paralyse le système de santé. Plus de deux millions d’habitants, dont une jeunesse nombreuse, se retrouvent confrontés à un désert médical qui expose les plus vulnérables à des risques inutiles. L’exemple le plus patent est la pédiatrie, où sur toute l’étendue du territoire de la région, l’on ne compte qu’un seul.
Depuis le départ du professeur Mah Evelyne, enseignante de l’Université de Ngaoundéré, qui intervenait de temps en temps dans les hôpitaux, la région est restée orpheline de compétences spécialisées en soins infantiles. Le résultat de cette quasi-absence des spécialistes, médecins généralistes, infirmiers et aides-soignants se substituent tant bien que mal aux experts. À l’hôpital régional de Ngaoundéré ou dans les centres de santé ruraux comme ceux de Meiganga et Tibati, des généralistes gèrent des cas des enfants. « Le cœur de la santé, c’est d’abord les soins pédiatriques et quand il arrive qu’on n’ait pas de pédiatres, c’est parfois difficile mais les médecins généralistes sont là », confie une maman. Selon le docteur Yannick Palaï, dans une interview qu’il nous a accordée en 2025, la construction des centres mère et enfants initiés par le Conseil régional de l’Adamaoua est un début de solutions pour une meilleure prise en charge des enfants. Malheureusement, l’absence des pédiatres peut être un facteur limitant, estimait ce médecin généraliste en service à l’Hôpital régional de Ngaoundéré.
Le Centre hospitalier régional (CHRN) de Ngaoundéré a récemment accueilli une pédiatre fraîchement affectée par le ministère de la Santé publique. Une avancée bienvenue, saluée par les responsables locaux. Mais un seul pédiatre pour toute la région, c’est à questionner « Certes il faut saluer l’intervention du ministre de la santé avec cette affectation, mais nous attendons plus. Si on pouvait avoir dans chaque hôpital régional 1 pédiatre et avec l’appui des autres personnels, nous aurions des bons diagnostics et une prise en charge optimale », déplore Abdouraman Ousmanou, habitant de Ngaoundéré. Dans les hôpitaux de la région, les pathologies des enfants constituent l’une des causes d’hospitalisation, accentuées par la croissance démographique et les épidémies récurrentes comme la rougeole et d’autres maladies.
La pédiatrie n’est pas la seule spécialité qui connait ce manque. Cardiologues, oncologues, néphrologues et neurologues brillent aussi par leur sous-effectif, forçant les patients à des évacuations coûteuses vers Yaoundé ou Garoua.
Les populations appellent de tous leurs vœux, la multiplication des affectations des spécialistes afin de bénéficier des meilleurs soins à domicile. Le président du Conseil régional de l’Adamaoua a récemment promis des recrutements des médecins vacataires afin de combler le gap. Reste à passer des mots aux actes. Pour les parents, la disponibilité des spécialistes est vitale, la vie de leurs enfants en dépend. Pour l’heure, pour les spécialités qui manquent de médecins, les hôpitaux font avec les généralistes pour soulager les souffrances des patients.













































































































































































































































































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