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PANORAMA

Adamaoua : la nécessité de vulgariser les gestes de premiers secours

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Malgré la présence des comités d’arrondissements de la Croix-Rouge camerounaise, de nombreuses personnes peinent à secours les victimes en cas de malaise. Les secouristes plaident pour l’enseignement des gestes de premiers secours à tous les niveaux.

Dans les rues, les marchés, les écoles ou au sein des familles, les situations de chutes, des malaises, des syncopes ou des accidents domestiques se produisent régulièrement. Pourtant, faute de réaction rapide et adéquate, l’état de la victime peut vite se dégrader. Éric Kombele a encore en mémoire, le cas de ce monsieur tombé d’un pick-up lors d’un déplacement dans le cadre de la campagne de la dernière élection présidentielle du 12 octobre 2025. La situation aurait pu être plus grave si le choc était plus violent. Dans la région de l’Adamaoua, lors des grands rassemblements, les secouristes se font parfois rares alors que dans des pareilles circonstances, les risques sont élevés. « Nous avons été formés pour intervenir en cas de malaise, mais parfois les organisateurs ne nous sollicitent pas. Lorsqu’on est sur les lieux des festivités et en cas de besoin, nous n’hésitons pas à intervenir », décrit pour le dénoncer un secouriste.   

 Les experts en secourisme rappellent avec insistance qu’une population familière avec les gestes de premiers secours pourrait éviter bien des complications et, parfois, des décès. « Le secourisme est très important. Déjà, dans nos propres familles, à la maison, avec les enfants, ou bien ton conjoint ou ta conjointe, tu peux avoir un malaise et que tu peux réagir promptement. Et non seulement ça, même dans ta communauté. Et surtout, être formé en secourisme, tout ce qui est santé communautaire, on apprend déjà à la Croix-Rouge. C’est tout fait que si quelqu’un est formé, il peut être utile dans l’humanitaire et partout », précise Yaya Moussa, moniteur en secourisme.  Pour lui, les premiers secours consistent à intervenir dans les minutes qui suivent un accident ou un malaise, afin de stabiliser la victime en attendant l’arrivée des professionnels de santé. Chez une personne inconsciente, le simple fait de vérifier la respiration, de maintenir une bonne position, (Position Latérale de Sécurité), d’alerter rapidement les services d’urgence ou de poser un garrot sur une plaie hémorragique peut faire la différence entre la survie et l’aggravation brutale. « Un geste juste, à temps, peut sauver une vie », insiste Hima, secouriste.

Malheureusement, dans de nombreuses communautés de la région de l’Adamaoua en général et de Ngaoundéré en particulier, la peur de mal faire, le manque d’information ou la croyance qu’« il faut laisser le médecin venir » retardent généralement des interventions simples mais vitales.

L’apprentissage du secourisme s’impose à tous les niveaux

Au‑delà de la seule urgence, la maîtrise des gestes de premiers secours ouvre également des portes professionnelles. Elle constitue une base solide pour ceux qui souhaitent s’orienter vers les métiers de la santé, de l’humanitaire ou de la sécurité civile. Face à cette réalité, Yaya Moussa comme bien d’autres secouristes, plaide pour l’intégration de modules de secourisme dans les curricula des lycées et des universités. « Normalement, dans le programme scolaire, on doit avoir une notion de premier secours. Du primaire jusqu’au secondaire, c’est très important parce que les enfants peuvent être les sauveteurs déjà à la maison et même entre eux, à l’école, même sur le chemin de l’école lorsqu’il y a des accidents, ils peuvent facilement agir », expliquent‑ils. Ces formations, courtes et pratiques, pourraient inclure la gestion des hémorragies, des chutes, des malaises cardiaques, des brûlures et des noyades. 

Promouvoir une culture du secourisme, ce n’est pas seulement doter la population d’un savoir‑faire technique, c’est aussi renforcer la solidarité et la responsabilité de chacun envers autrui. Car parfois, le regard le plus simple posé sur une personne en détresse, couplé aux bonnes connaissances, suffit à changer le cours d’un drame. « Je conseille à chaque famille d’avoir un secouriste par famille. Comme ça, lorsqu’il y a une situation, ce secouriste peut éclairer déjà les membres de la famille sur ce qui se passe et aider à sauver la vie » recommande ce moniteur.

S’il est vrai que dans la ville de Ngaoundéré, de plus en plus de personnes, notamment les femmes au foyer s’intéressent au secourisme, les gestes de premiers secours méritent d’être davantage vulgarisés dès la base. Et la vulgarisation du secourisme auprès des conducteurs de mototaxis est une aubaine, car cette catégorie socio-professionnelle est généralement impliquée dans les accidents de la voie publique alors que bon nombre d’entre eux ne maitrisent pas les gestes de premiers secours.

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Jean Besane Mangam qui cumule plus de 5 ans d’expérience. Titulaire d’un Master en Histoire et d’un certificat en documentation et archivistique, et correspondant de Echos Santé dans l’Adamaoua depuis 2020. Il a à son actif plusieurs certifiants en journalisme et le fact-checking dont Africa Fact Checking fellowship, Desinfox Afrique Cameroun, Code for Africa et Internews (vaccins et grands singes). Boursier de la Thomson Reuters Foundation / Fonds Mondial, Dakar 2024 mais aussi lauréat de plusieurs prix, Banque Mondiale en 2018, CDC/ Épicentre/CCOUSP en 2021 et Victoria International Media Merit Award en 2022.

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