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Adamaoua : les patients insuffisants rénaux confrontés au manque de poches de sang

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Les patients atteints de l’insuffisance rénale en phase de dialyse à Ngaoundéré font régulièrement face à la pénurie de poche de sang. Ce qui complique parfois leur suivi par le personnel soignant.

 « Nous avons de temps en temps besoin de poches de sang pour un meilleur suivi. Malheureusement, nous avons régulièrement des difficultés. Nous invitons les populations à nous aider en venant donner de leur sang », confie Hamadou Bilari, patient atteint d’insuffisance rénale et suivi au centre de Ngaoundéré. Comme lui, de nombreux autres malades vivent les mêmes difficultés d’accès au sang pour leurs soins. Dans la région de l’Adamaoua, les patients atteints d’insuffisance rénale chronique luttent au quotidien pour accéder aux poches de sang essentielles à leur survie. Malgré les efforts de sensibilisation, les préjugés et stéréotypes entourant la transfusion sanguine freinent l’approvisionnement, transformant un geste vital en parcours du combattant. De nombreuses personnes hésitent de faire le pas du don de sang alors que ce geste peut sauver une vie.

À l’Hôpital régional de Ngaoundéré (HRN), pilier de la prise en charge rénale dans la région, la banque de sang peine à répondre à la demande croissante associée aux autres services comme la maternité, les urgences, ma médecine etc. « Nos patients en dialyse ont besoin de transfusions régulières pour compenser l’anémie liée à leur maladie », explique le Dr. Oumarou Moussa, néphrologue, chef du centre d’hémodialyse. Dans ce service avec sa file active de patient de 50 patients, les ruptures en poches de sang sont récurrentes. Dans ces conditions, les donneurs de substitution se trouvent être la solution. Ici encore, la désinformation autour de la transfusion sanguine prend rapidement le dessus sur le bon sens. « Par patient en dialyse, il faut en moyenne 4 poches de sang par mois, il faut multiplier par 50 personnes, vous comprendrez que c’est énorme. C’est vrai que la Couverture Santé Universelle (CSU) a énormément allégé la tâche sur le plan du coût, mais en termes de poches de sang, il y a encore du chemin », confie Dangné Madoué Denis, chef d’unité de la Banque de sang.  

Dans l’Adamaoua, où les mythes sur les suspicions des pratiques occultes, ou les peurs de transmission de maladies persistent, le don de sang reste tabou. « Derrière le don de sang, beaucoup de chose se passe. Je préfère donner de mon sang à un proche direct », avance Bouba, convaincu de ce que les réseaux occultes passent par les banques de sang pour se ravitailler. Même les donneurs familiaux de substitution, autorisés par protocole pour les urgences, se font rares. « Mes proches hésitent, invoquant des superstitions. J’ai dû supplier pour en trouver un la dernière fois », confie un malade ayant requis l’anonymat.

La banque de sang de l’Hôpital régional de Ngaoundéré, renforcée par des campagnes de la représentation régionale du Centre national de transfusion sanguine (CNTS), multiplie les collectes mobiles. Mais les résultats restent en deçà de la demande.  Dans cette formation hospitalière, en termes de besoins, le centre de dialyse vient en 6ème position, loin derrière, la maternité, la pédiatrie, la réanimation, la chirurgie et la médecine.

Face à cette situation, un appel est lancé aux populations en vue de soutenir les malades. A la banque de sang, une campagne mobile de collecte de sang est annoncée dans les prochains jours. Celle-ci se fera avec l’appui des associations qui œuvrent pour le don de sang.

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Jean Besane Mangam qui cumule plus de 5 ans d’expérience. Titulaire d’un Master en Histoire et d’un certificat en documentation et archivistique, et correspondant de Echos Santé dans l’Adamaoua depuis 2020. Il a à son actif plusieurs certifiants en journalisme et le fact-checking dont Africa Fact Checking fellowship, Desinfox Afrique Cameroun, Code for Africa et Internews (vaccins et grands singes). Boursier de la Thomson Reuters Foundation / Fonds Mondial, Dakar 2024 mais aussi lauréat de plusieurs prix, Banque Mondiale en 2018, CDC/ Épicentre/CCOUSP en 2021 et Victoria International Media Merit Award en 2022.

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