Au moment où ce corps de l’armée camerounaise célèbre ses quarante ans, les populations de la région de l’Adamaoua apprécient l’engagement.
Dans la ville de Ngaoundéré, le 30ème groupement des sapeurs-pompiers s’illustre par sa présence aux côtés des populations. Accidents de la voie publique, formation des jeunes sapeurs, formations des personnels de santé, intervention lors des incendies, des effondrements d’immeubles et même des chutes dans les puits abandonnés : ils interviennent aux côtés des autres forces pour porter secours aux personnes en danger. En communauté, les habitants décrivent ces soldats comme un rempart contre tous les risques quotidiens. « Ce sont des personnes dévouées qui sont toujours là lorsqu’on fait appel. Malgré parfois leur retard dans les interventions, lorsqu’ils arrivent, ils font leur travail avec professionnalisme », apprécie Belmondo, habitant du quartier Namokala, dans le premier arrondissement de Ngaoundéré. Lui qui a à plusieurs reprises sollicité les services de ce corps lui voue un respect. « Je trouve leur travail très risqué, mais avec beaucoup de maîtrise, ils parviennent à éteindre des feux et à sauver des vies », ajoute-t-il sous un air de satisfaction. D’autres familles, quant à elles, voient dans la formation des jeunes sapeurs-pompiers effectuée chaque vacance scolaire une occasion de susciter des vocations et de doter les familles d’enfants aptes à secourir leurs frères dans les domiciles. « Il y a trois ans, j’ai envoyé mon fils se former pendant les vacances. Aujourd’hui, c’est un homme accompli. Il rappelle généralement à ses autres frères les dangers liés à l’utilisation, par exemple, du téléphone portable à côté de la bouteille de gaz », se réjouit Rachel, mère de famille.
Dans les hôpitaux, les éléments de ce corps sont régulièrement sollicités pour la formation du personnel sur l’utilisation et la maintenance des équipements de sécurité incendie comme les extincteurs. C’est le cas de l’Hôpital régional de Ngaoundéré qui, au cours de l’année 2025, a initié plusieurs sessions de formation à l’intention de son personnel sur l’utilisation appropriée des extincteurs. « Au sortir de cette formation, je suis mieux outillé pour éteindre un feu qui se déclencherait aussi bien dans mon service qu’à domicile », expliquait, au sortir d’une de ces formations, Djacba, personnel de l’hôpital régional de Ngaoundéré. Contrairement à ceux qui saluent les interventions de ces éléments, d’autres les trouvent lents dans leur arrivée sur les lieux. Pourtant, les éléments, de leur côté, font plutôt face à l’incivisme des populations qui ne facilitent pas parfois l’accès aux sites des incidents.
Forte sollicitation des sapeurs-pompiers
Au cours des deux dernières années, la ville de Ngaoundéré a connu des cas d’incidents qui ont nécessité le recours aux sapeurs-pompiers. Dans une interview accordée à nos confrères de la station régionale de la chaîne nationale, la CRTV, le chef du centre de secours de Ngaoundéré, l’adjudant-chef Dieudonné Tassibo, déclarait que, par an, le centre est sollicité pour au moins 40 cas. Que ce soit pour des incendies, des accidents ou des chutes dans des puits abandonnés, l’équipe s’est toujours mobilisée pour porter secours aux victimes. Le sous-officier a profité de l’occasion pour lancer un appel aux chefs de quartiers : veiller, par une sensibilisation des habitants, aux normes à observer lorsqu’ils creusent des puits. Par la même occasion, il recommande aux populations de ne pas verser d’essence dans les puits abandonnés afin de faciliter les interventions en cas de sollicitation.
Malgré la disponibilité des éléments pour les interventions, le chef du centre déplore une faible culture d’alerte des populations en cas de sinistres. Selon lui, très souvent, les alertes sont lancées tardivement et parfois les indications ne sont pas claires. Ce qui participe à l’arrivée tardive des éléments sur les lieux du sinistre. Bien plus, le manque de routes dans les quartiers pour faciliter l’entrée des éléments complique davantage les secours. Dans cette liste de difficultés que rencontrent les soldats du feu dans la ville de Ngaoundéré, s’ajoute l’absence de bouches d’incendie.
En dépit de ces contraintes, les éléments du 30ème groupement de sapeurs-pompiers restent mobilisés et prompts à intervenir. Pour les populations, ils restent des soldats proches des citoyens. Au moment où ce corps de l’armée camerounaise fête ses 40 ans, c’est avec grande fierté que les habitants de la ville de Ngaoundéré saluent leur proactivité.












































































































































































































































































