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Belles-lettres : la Faculté de médecine de l’université de Yaoundé I rend un hommage à titre posthume au Pr Jean Yomi

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C’était à l’occasion de la cérémonie de dédicace de l’ouvrage intitulé : « Particularités épidémiologiques et thérapeutiques des cancers gynécologiques et urologiques au Cameroun », le vendredi le 16 juin 2022, à l’amphi 700 de la Faculté de médecine et des sciences biomédicales de l’université de Yaoundé 1 (Fmsb).

Le Pr. Jean Yomi, ancien chef de service de radiothérapie à l’Hôpital général de Yaoundé n’est plus. Il a rangé sa blouse en septembre 2021, à l’âge de 70 ans. La Faculté de médecine et des sciences biomédicales de l’université de Yaoundé 1, lui a rend un vibrant hommage, ce vendredi, 16 juin 2022, lors de la cérémonie de dédicace de l’ouvrage intitulé, « Particularités épidémiologiques et thérapeutiques des cancers gynécologiques et urologiques au Cameroun ». C’est un ouvrage en français et en anglais de 152 pages qui décrit les limites et lacunes des moyens et méthodes de diagnostic, de bilan, d’extension et traitement des cancers urologiques et gynécologies au Cameroun. Le dîner-hommage aura été l’occasion pour de nombreux collègues et amis du Pr. Jean Yomi de lui rendre un hommage bien senti.

C’est un ouvrage qui parle des cancers gynécologiques et urologiques. En ce qui concerne les cancers gynécologiques, nous avons six chapitres : cancers du sein, cancers du col utérin, cancers de l’endomètre, maladies gestationnelles et trophoblastiques, cancers de l’ovaire, cancers de la vulve. Pour les cancers urologiques ; nous avons 5 chapitres : les cancers de la prostate, cancers de la vessie, cancers du rein, cancers du testicule et les cancers de la verge. L’auteur de cet essai, universitaire et praticien hospitalier depuis près de 30 ans, cherche ici à relever l’essentiel des particularités épidémiologiques, sémiologiques et cliniques de la pathologie cancéreuse au Cameroun.

 La Doyenne de la Faculté de médecine et des sciences biomédicales de l’université de Yaoundé 1 (Fmsb), Pr. Jacqueline Zé Minkandé, a ouvert la cérémonie en mentionnant qu’à la lumière des témoignages livrés par les proches du regretté professeur, « … le rôle du professeur a un impact important sur la vie de ses étudiantes et étudiants. Le Pr. Jean Yomi a laissé un sillon de vies transformées. C’est un grand maître, un concepteur de pensée. Il était immense ».

C’est d’ailleurs l’un de ses anciens étudiants, Talla Fongang, qui a livré le premier témoignage. Il a lu la préface de l’ancien ministre de la Santé publique, André Mama Fouda. « Selon les statistiques de l’Oms, 8,5 millions de nouveaux cancers apparaissent chaque année dans le monde, parmi lesquels les 2/3 vont probablement intéresser les pays en développement comme le Cameroun ». Des statistiques qui inquiètent le Pr. Blaise Nkegoum, coauteur de l’ouvrage.  « Quand nous sommes revenus au Cameroun, on a commencé à faire le dépistage du cancer chez les femmes à l’âge de 50 ans. Nous avons vu les femmes qui arrivaient à l’hôpital qui mourraient à 30 ans, 35 ans, avant l’âge du dépistage. Il était question après 30 ans de mettre tout cela dans une bibliothèque pour que nul n’en ignore. Nous l’avons fait pour le cancer du sein, et pour le cancer du col de l’utérus et pour tous les cancers gynécologiques », alerte l’agrégé en Anatomopathologie, en service au Centre hospitalier-universitaire de Yaoundé.

Ils ont été nombreux à témoigner de sa vivacité d’esprit, sa grande capacité d’analyse. L’actuel Directeur Général de l’Hôpital général de Yaoundé a connu le Pr. Jean Yomi à l’époque où il était étudiant, bien avant de devenir son collègue. « Quand il a fait son entrée dans la salle de cours, on pensait que c’était un étudiant qui nous jouait un tour. Durant les trois heures qui ont suivi, on a bien compris que c’était lui le professeur. Je garde de lui le souvenir d’un gars humain, un homme bienveillant et courageux auprès de gens qui avaient gagné sa confiance. » L’hommage rendu par ses collègues a permis de revisiter l’héritage du Pr. Jean Yomi à l’Hôpital général de Yaoundé et dans les facultés de médecine.

Plusieurs autres collègues et diplômés ont pris la parole, avec qui il a tissé des liens étroits d’amitié, mais aussi contribué au développement de la radiothérapie. L’événement s’est déroulé en présence de ses enfants et son épouse. Ce dernier n’a pas manqué de souligner à l’auditoire l’amour de leur père pour l’enseignement et la recherche. Il adorait enseigner. Ça lui permettait de rester en contact avec des jeunes intelligents et motivés.

Jean Yomi est professeur d’université et praticien hospitalier, chef de service de radiothérapie-oncologie à l’hôpital général de Yaoundé. Il est agrégé de cancérologie et radiothérapie, coordonnateur des projets de radiothérapie au Cameroun en partenariat avec l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique), membre fondateur, secrétaire général et président de la sous-commission des soins du comité national de lutte contre le cancer au Cameroun (CNLCC), et membre de plusieurs sociétés savantes nationales et internationales.

Elvis Serge NSAA

Réactions

« J’avais ce devoir de mémoire et j’ai eu la grâce de rencontrer la doyenne de la Faculté de médecine et des sciences biomédicales de l’université de Yaoundé 1, qui m’a aidé et voilà qu’aujourd’hui, cette dédicace a eu lieu »

Laure Yomi, l’épouse du Professeur décédé

J’avais le devoir de mémoire, parce qu’il a tenu à organiser lui la dédicace de ce livre, mais il n’a pas pu. Les livres étaient déjà apprêtés et j’avais ce devoir de mémoire et j’ai eu la grâce de rencontrer la doyenne de la Faculté de médecine et des sciences biomédicales de l’université de Yaoundé 1, qui m’a aidé et voilà qu’aujourd’hui, cette dédicace a eu lieu. C’est un sentiment de satisfaction personnelle, je rends grâce à Dieu, parce que nous sommes des enfants de Dieu. Le seigneur nous a permis de trouver des hommes de bonne volonté, comme le comité d’organisation et le comité de rédaction de cet ouvrage. Nous nous sommes tenus ensemble et voilà la dédicace qui a eu lieu avec un succès éclatant. 

« J’ai apprécié d’abord ses qualités, d’enseignant, très méthodique »

Pr Vincent de Paul Djientcheu, Neurochirurgien, Directeur Général de l’Hôpital général de Yaoundé et ancien étudiant du Pr. Jean Yomi

Déjà c’est très difficile pour moi de parler du Pr. Jean Yomi, parce qu’il m’a enseigné, j’ai été son étudiant et j’ai apprécié d’abord ses qualités, d’enseignant, très méthodique, par la suite, je suis devenu Directeur Général, de l’Hôpital Général de Yaoundé. J’ai apprécié aussi, le Pr. Yomi en tant que professionnel de la santé, et patron de service de radiothérapie. C’était un médecin très rigoureux et très attaché à ses patients.

« Aujourd’hui, partout dans le monde, on retrouve chez les sujets noirs, en cancérologie tout l’originalité de notre livre qui n’est que le premier, le maître ne meurt jamais, il y aura un autre. »

Pr Blaise Nkegoum, agrégé en Anatomopathologie et en service au Centre hospitalier-universitaire de Yaoundé

Le cancer du sein à 30 ans, 35ans, c’est extraordinaire.  Ce sont les choses que nous n’avions pas appris ailleurs. Quand nous sommes revenus au Cameroun, on a commencé à faire le dépistage du cancer chez les femmes à l’âge de 50 ans. Nous avons vu les femmes qui arrivaient à l’hôpital et qui mourraient à 30 ans, 35 ans, avant l’âge du dépistage. Il était question après 30 ans de mettre tout cela dans une bibliothèque pour que nul n’en ignore. Nous l’avons fait pour le cancer du sein, et pour le cancer du col de l’utérus et pour tous les cancers gynécologiques. En suite pour les cancers urologiques, comme le cancer de la prostate, où les patients sont jeunes.

A 40 ans, 45 ans, nos hommes ont déjà le cancer de la prostate, ce ne sont pas seulement les gens qui vivent au Cameroun, comme nous l’avons dit. Les camerounais, les nigérians, les Ghanéens, s’ils se retrouvent aux Etats-Unis, ils y auront le même cancer aux mêmes âges. Nos grands-parents nous ont filé quelques gènes. Aujourd’hui, partout dans le monde, on retrouve chez les sujets noirs, en cancérologie tout l’originalité de notre livre qui n’est que le premier, le maître ne meurt jamais, il y aura un autre.

Tout ce qu’on observe dans notre environnement est différent de ce qu’on observe à ailleurs. Première chose, les malades jeunes, 30 ans, 35 ans, alors qu’ailleurs c’est 50 ans.  Les malades doivent comprendre qu’ils ne doivent pas attendre 50 ans pour venir faire le diagnostic à l’hôpital. Il faut déjà commencer à avoir peur du cancer du sein dans notre environnement.  Les femmes doivent comprendre que si tu as le HIV, s’augmente-le risque du cancer du col de l’utérus, même si tu es vacciné. Quand tu es un noir, même si tu es aux Etats-Unis, tu auras le même cancer que tu devais avoir si tu étais resté au pays.

Propos recueillis par Elvis Serge NSAA

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