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CHU de Yaoundé : Un vent de modernité et des ambitions budgétaires records pour 2026

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L’amphi 700 de la faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales de l’Université de Yaoundé I a servi de cadre, le lundi 16 mars 2026, à l’Assemblée Générale annuelle du Centre Hospitalier Universitaire de Yaoundé (CHUY) ;

Sous la présidence du Directeur Général, le Pr Vincent De Paul Djientcheu, le top management a dressé un bilan exhaustif de l’exercice 2025, marqué par une croissance spectaculaire, tout en traçant une feuille de route budgétaire ambitieuse pour 2026 ;

Avec un budget prévisionnel de 5,9 milliards FCFA en 2026, le CHUY s’impose désormais comme un pôle de référence où la science prime sur la politique avec en priorité les innovations cliniques, l’apaisement social et lutte contre la corruption.

 « Dans les hôpitaux, nous ne devons plus parler de politique, mais de science et de technologie. » C’est par ce plaidoyer pour l’excellence technique que le Pr Vincent De Paul Djientcheu a ouvert les travaux. Face à ses collaborateurs, le directeur général a martelé sa vision : faire du CHUY un pôle de référence où l’innovation l’emporte sur les distractions sociales. Un cap qui semble avoir porté ses fruits au regard des indicateurs de performance présentés.

2025 : L’année de la résurrection médicale et financière

Le rapport présenté par la Directrice médicale, le Pr Vicky Ama Moor, révèle une santé retrouvée pour l’institution. L’année 2025 a été celle de tous les records opératoires et diagnostiques. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : une augmentation d’activité de 82 % au laboratoire, de 46 % en explorations fonctionnelles et de 35 % au niveau des hospitalisations.

Cette dynamique s’explique par le relèvement du plateau technique (acquisition d’échographes, kits endoscopiques, fauteuils dentaires) et une stratégie de partenariats audacieuse, notamment avec le Centre Pasteur et le Laboratoire Serva en France. Autre motif de satisfaction : le taux de mortalité est passé de 12 % en 2024 à 10 % en 2025, malgré un afflux massif de patients souffrant de pathologies lourdes (AVC, maladies rénales, cancers).

Financièrement, le bond est prodigieux. Les recettes propres, qui plafonnaient à 73 millions FCFA en novembre 2024, ont atteint le pic de 216,2 millions FCFA en décembre 2025. Cette sécurisation des recettes a permis d’investir directement dans l’amélioration du cadre de vie : construction d’une centrale d’oxygène, réhabilitation de la morgue et aménagement de salles pour les gardes-malades.

Cap sur 2026 : un budget de combat et des innovations majeures

L’année 2026 s’annonce comme celle de la consolidation. Armelle Roseline Engama Amougou, directrice des Ressources humaines et financières, a dévoilé les prévisions budgétaires arrêtées à 5 896 196 458 FCFA, équilibrées en recettes et en dépenses.

Pour soutenir ce train de vie, le CHUY mise sur une performance accrue à travers une augmentation des recettes propres : 2 906 milliards FCFA annuels (soit environ 242 millions FCFA par mois) ; Une subvention de fonctionnement de l’État de 1,7 milliard FCFA, complétée par 400 millions FCFA dédiés spécifiquement aux consommables d’hémodialyse (pour couvrir le gap de 5 000 kits manquants) et 150 millions FCFA dédiés à l’investissement alloués par le Minsanté pour la création d’un laboratoire d’urgence et l’acquisition d’équipements de pointe.

Sur le plan médical, le CHUY prévoit une croissance systématique de 10 % sur l’ensemble de ses prestations (consultations, imagerie, chirurgie). L’accent sera mis sur la pharmacie hospitalière avec la fabrication locale de kits d’anesthésie et de césarienne pour réduire les coûts pour les familles.

Paix sociale et éthique

Au-delà des chiffres, c’est le climat social apaisé qui a été salué. En 2025, aucune grève n’a perturbé le service, grâce au paiement régulier des quotes-parts et à la régularisation des avancements du personnel (sessions 2002 à 2011). La cérémonie a d’ailleurs été marquée par l’installation des membres de la cellule de lutte contre la corruption et la remise de prix d’excellence en hygiène.

En conclusion, le CHUY se projette vers une extension de ses bâtiments pour répondre à une fréquentation qui a doublé. Comme l’a rappelé le Pr Djientcheu, l’objectif reste le “service au patient” à travers une science rigoureuse, loin de la culture des “influenceurs”, pour ancrer définitivement l’hôpital dans la modernité technologique.

Encadré

A. Évolution des recettes propres du CHUY

On observe une progression spectaculaire des recettes mensuelles, témoignant d’un dynamisme opérationnel accru :

●     Novembre 2024 : 73,1 millions FCFA

● Décembre 2024 : 79 millions FCFA

● Janvier 2025 : 118 millions FCFA

● Février 2025 : 125 millions FCFA

● Mars 2025 : 162 millions FCFA

● Avril 2025 : 167 millions FCFA

● Mai 2025 : 171 millions FCFA

●  Juin 2025 : 172 millions FCFA

● Juillet 2025 : 179 millions FCFA

●  Août 2025 : 176 millions FCFA

● Septembre 2025 : 185 millions FCFA

● Octobre 2025 : 190 millions FCFA

● Novembre 2025 : 213 millions FCFA

● Décembre 2025 : 216,2 millions FCFA

B. Subventions reçues

● Subvention globale : 3 368 370 845 FCFA.

● Subvention spécifique MINFI : 829 570 845 FCFA (destinée au paiement des retraités et de la dette ITEC).

Réactions

« Nous mettons l’accent sur la discipline »

Pr Vincent de Paul Djientcheu, directeur général du Centre hospitalier universitaire de Yaoundé (CHUY).

Je suis assez satisfait. Tout s’est bien passé. L’assemblée générale est une occasion de communion entre la direction générale et l’ensemble du personnel du CHUY. C’est aussi une occasion de présenter nos offres de services au public. C’était l’occasion de parler de 2025 et l’occasion de faire des perspectives en 2026. L’année 2025 a été agréable au CHUY. Nous avons vu la patientèle du CHUY de retour. La fréquentation du CHUY a pratiquement triplé, ce qui fait que nos recettes propres également ont ressenti. Nos recettes propres ont été multipliées pratiquement par trois, d’où le climat social apaisé au CHUY. Nous avons travaillé également pour l’apaisement de ce climat social. Avec la petite embellie remarquée au niveau des recettes, nous avons insisté sur les ressources humaines, d’où le paiement régulier et à temps des codes-parts et conformément à nos textes. Nous avons également arrimé tout le personnel à son rang prévu par les textes. Nous avons également payé le moratoire convenu avec la CNPS pour que notre personnel puisse bénéficier des allocations familiales. Nous avons payé la dette des retraités et en 2026, nous nous engageons à payer la dette de ceux qui sont actifs. La dette commerciale, nous l’avons échelonnée. La dette sociale, elle est colossale, plus d’un milliard. Il y a ceux qui pensent que l’État ne peut pas faire tout. Il y a aussi ceux qui pensent qu’en attendant que l’État agisse, nous ne devons pas rester les bras croisés. C’est pour ça que nous avons commencé dès 2026 à échelonner le paiement de cette dette. Et je pense que si le fonctionnement du CHUY continue dans cette lancée, nous pensons que dans les 4 à 5 années à venir. Nous arriverons à éponger cette dette sociale. Nous sommes en train de travailler également sur la dette commerciale qui est assez colossale. La dette envers nos prestataires, aux autres entreprises publiques. Elle est là. Nous pensons que l’objectif principal du CHUY, c’est l’aspect universitaire.

Nous devons former notre personnel. Le CHUY a pour vocation de former le personnel de santé du Cameroun. Nous avons vu l’actualité qui secoue le monde en ce moment du personnel de santé qui est pris à partie, certains en prison. Nous pensons qu’avec une bonne formation, nous parviendrons à prévenir les complications ou les erreurs. Le risque zéro n’existe pas, bien entendu, mais nous devons prévenir en formant bien le personnel. Nous devons créer également un cadre de travail qui permet d’éviter l’apparition de ces complications. Et quand elles arrivent, on doit également bien les gérer. Comme je disais au personnel du CHUY, nous savons qu’on ne jette la pierre qu’à l’arbre qui porte du fruit. Il faut rester serein et continuer de faire son travail malgré les attaques qui peuvent parfois être justifiées, mais qui aussi peuvent ne pas être justifiées et qui parfois sont incompréhensibles.

De rester serein et de faire son travail, nous nous sommes fixés des objectifs en 2026 et nous devons les atteindre. Avec le concours de tous, vous avez vu, des services ont été créés. Nous passons désormais des soins d’ordre général aux soins hyperspécialisés. Et pour cela, il faut désormais des services hyperspécialisés. On passe du grand service de chirurgie à plusieurs services de spécialité chirurgicale. On ne parlera plus de chirurgie au CHUY. Là, on parlera de chirurgie orthopédique, on parlera de neurochirurgie, on parlera de durologie, ainsi de suite. Le grand service de médecine également va se transformer en service de sous-spécialité médicale. Vous avez vu, désormais, on parlera de cardiologie, on parlera d’endocrinologie, ainsi de suite. Donc, nous devons faire une mutation vers ces services, vers ces soins hyper spécialisés. Je voudrais dire merci également au personnel du CHUY qui a vraiment joué le jeu, qui s’est remis au travail. On ne pourrait pas atteindre un résultat comme ce que vous avez suivi sans l’adhésion du personnel. Nous mettons l’accent sur la discipline. Nous mettons l’accent sur l’observation de l’éthique, la déontologie, et même le respect du règlement intérieur du CHUY.

« Nous sommes très contentes d’avoir reçu cette distinction »

Flore Solange Djononsi, major du service Pédiatrie externes au CHUY.

Nous sommes très contentes d’avoir reçu cette distinction. Comme vous le savez, le service de pédiatrie est le service de bébés. Comme vous le savez avec les bébés, ce n’est pas facile. Donc, nous faisons beaucoup pour bien nous occuper des enfants et mettre le service propre afin d’avoir le premier prix pour les prochaines échéances. Nous apprécions les efforts du top management dans le cadre de l’amélioration de nos conditions de travail. Beaucoup de problèmes qui existaient avant sont en train d’être résolus. C’est une bonne chose. Il met un accent sur la propreté. Le CHUY est propre. Ce n’est plus à démontrer.  

« Axer nos efforts dans le sens de la sensibilisation »       

Louis Bobo Benoah, président de la Cellule de lutte contre la corruption du CHUY.

Nous n’inventons pas la roue, parce que nous nous inscrivons dans le cadre d’une stratégie qui a été déjà décrite par la CONAC. Vous avez cinq axes stratégiques. Il s’agit des activités de prévention, des activités d’éducation, des activités d’incitation. C’est enfin qu’on aboutit à la répression, parce que d’entrée de jeu nous n’avons pas commencé par la répression. Il faut d’abord axer nos efforts dans le sens de la sensibilisation. Il s’agit de mettre les gens dans la conscience que la corruption est une mauvaise chose et qu’elle a des effets néfastes, qui ne sont profitables à aucune personne. À ce niveau, lorsque le discours sera suffisamment passé et que nous penserons que nous aurons déjà suffisamment sensibilisé, nous pourrons donc passer à la phase répressive, notamment en dénonçant et en proposant même des sanctions pour que tous ceux-là qui se rendent coupables des actes de corruption soient sévèrement punis. Et que ce ne soient pas des leçons dissuasives pour que toute personne qui pourrait, n’est-ce pas, s’aventurer sur ce chemin puisse se rétracter, parce que c’est ainsi que nous allons procéder.

« C’est très important pour le développement de l’entreprise »

Pr Giles Kagmeni, chef du service d’ophtalmologie.

Je dois dire que cette assemblée générale est la première dans l’histoire du CHUY depuis sa création. Je suis à mon cinquième directeur général dans cette institution. Ça fait vraiment plaisir que les dirigeants et les dirigés s’arrêtent un instant pour regarder dans le rétroviseur, pour comprendre comment faire pour vaincre l’avenir. Nous devons féliciter notre directeur général, parce qu’il a pensé mettre tout le monde au même niveau d’information en convoquant cette assemblée générale. C’est quelque chose de très important dans l’entreprise, dans le développement de l’entreprise et dans le succès de l’entreprise.

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Junior NTEPPE KASSI, 33 ans, est un journaliste scientifique camerounais au Groupe Échos Santé. Spécialiste de la médecine du sport, il met sa passion au service de l'information médicale de pointe.

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