Les antibiotiques administrés massivement aux animaux d’élevage sélectionnent des bactéries résistantes qui finissent par coloniser l’homme.
Car le mécanisme est implacable. Chaque fois qu’un élevage utilise des antibiotiques de manière préventive – pour compenser des conditions d’hygiène déplorables ou simplement pour faire grossir les bêtes plus vite – il offre aux bactéries une occasion de s’entraîner à la survie. Celles qui résistent prospèrent, se multiplient, mutent. Et ces « superbactéries » ne restent pas confinées aux porcheries ou aux poulaillers. Par les déjections épandues dans les champs, elles contaminent les nappes phréatiques, les légumes que nous consommons, la poussière que nous respirons.
Les conséquences sanitaires sont déjà mesurables. Infections urinaires impossibles à traiter, septicémies nosocomiales face auxquelles les médecins baissent les bras, interventions chirurgicales devenues trop risquées faute de pouvoir prévenir les infections post-opératoires. L’Organisation mondiale de la santé alerte : nous entrons dans l’ère post-antibiotiques, où des maladies que l’on croyait vaincues depuis un siècle pourraient refaire surface.
Face à cette urgence, l’approche « Une seule santé » (One Health) s’impose comme la seule réponse cohérente. Santé humaine, santé animale, santé environnementale sont inextricablement liées. Réduire l’usage des antibiotiques en élevage, c’est protéger nos hôpitaux. Améliorer les conditions de vie des bêtes, c’est préserver l’efficacité des médicaments qui nous sauvent. Le choix est simple : continuer à traiter les élevages comme des usines, ou comprendre que la santé des uns dépend de la santé des autres. Le temps presse.













































































































































































































































































Comments are closed