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Don de sang au Cameroun : l’hépatite B occulte, un danger silencieux

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Une étude menée à Yaoundé révèle un risque transfusionnel méconnu lié à l’hépatite B occulte. Derrière des tests négatifs, le virus peut encore circuler.

Le don de sang est un geste vital qui sauve chaque jour des milliers de vies au Cameroun. Mais une menace invisible continue de planer sur la sécurité transfusionnelle : l’hépatite B occulte. Difficile à détecter avec les tests de routine, cette forme silencieuse de l’infection pose un véritable défi de santé publique.

Une étude récente conduite par le Service de Virologie du Centre Pasteur du Cameroun, en collaboration avec la banque de sang de l’Hôpital Central de Yaoundé, met en lumière l’ampleur de ce risque souvent sous-estimé.

L’hépatite B occulte : quand le virus se cache

Contrairement à l’hépatite B classique, l’infection occulte se caractérise par des tests standards négatifs (HBsAg négatif), alors que le virus est toujours présent dans le sang, à très faible quantité.

Ces donneurs sont généralement considérés comme sains, mais peuvent malgré tout transmettre le virus lors d’une transfusion, surtout à des patients vulnérables : femmes enceintes, enfants, personnes immunodéprimées.

Des chiffres qui interpellent

Menée entre février et juin 2025 auprès de 269 donneurs de sang à Yaoundé, l’étude révèle que : 62 % des donneurs présentaient des marqueurs d’un contact antérieur avec le virus de l’hépatite B ; 3,3 % avaient encore le virus détectable grâce à des techniques moléculaires très sensibles ; deux génotypes du virus, A et E, circulent activement dans la population étudiée.

Ces résultats confirment l’existence d’un risque résiduel de transmission, même lorsque les tests classiques utilisés dans les banques de sang sont négatifs.

Banques de sang sous pression

La détection de l’hépatite B occulte nécessite des tests moléculaires avancés. Problème : ces technologies sont coûteuses et peu accessibles dans un contexte de ressources limitées comme celui du Cameroun.

Autre dilemme majeur : exclure systématiquement tous les donneurs porteurs d’anticorps anti-hépatite B réduirait fortement le nombre de poches de sang disponibles. Une option difficilement envisageable dans un pays où la pénurie de sang reste chronique.

La vaccination, la meilleure arme

Face à ces contraintes, les chercheurs sont formels : la vaccination systématique et obligatoire contre l’hépatite B apparaît comme la solution la plus efficace, durable et économiquement accessible.

Cette stratégie permettrait de : protéger à long terme les donneurs et les receveurs, réduire significativement le risque transfusionnel, renforcer la confiance des populations dans le système de santé.

Un enjeu collectif de santé publique

Cette étude rappelle une réalité essentielle : la sécurité transfusionnelle ne repose pas uniquement sur la technologie. Elle dépend aussi de politiques de prévention solides, d’une sensibilisation continue et d’un engagement collectif fort en faveur de la vaccination.

Investir dans la prévention aujourd’hui, c’est garantir des transfusions plus sûres et sauver davantage de vies demain.

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MIREILLE SIAPJE

Rédacteur en Chef

Journaliste multimédia, rédactrice en chef du groupe de presse Échos Santé. Spécialisée en santé publique, droits humains et environnement. S’exprime en français et en anglais. Lauréate du Prix Médiation Press Trophies 2014 et du Prix Michel Sidibé 2024.

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