À la tribune de la 79e Assemblée mondiale de la Santé, le ministre Manaouda Malachie a porté la voix de l’Afrique. Entre diplomatie sanitaire et réformes nationales, le Cameroun s’impose en modèle grâce au déploiement de sa Couverture Santé Universelle (CSU).
Dans l’enceinte prestigieuse du Palais des Nations à Genève, la voix du Cameroun a résonné avec une force singulière ce mercredi 20 mai 2026. Face au cénacle des décideurs de la santé globale, le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, a livré un plaidoyer sans concession pour une refonte de la gouvernance sanitaire mondiale. Alors que la communauté internationale panse encore les plaies des crises récentes, le message de Yaoundé est clair : la sécurité sanitaire de demain ne se construira pas sur les inégalités d’hier.
Leçons de crises et diplomatie historique
Dressant un constat lucide, le chef de la délégation camerounaise a rappelé combien les urgences sanitaires et les dérèglements climatiques ont mis à nu les fractures Nord-Sud. Pour le Cameroun, la santé ne peut plus être une variable d’ajustement économique, mais un combat collectif.
Dans cette optique, le Dr Manaouda Malachie a salué l’adoption de l’Accord de l’OMS sur les pandémies. Qualifié de « tournant historique », cet outil juridique doit, selon lui, briser les égoïsmes nationaux pour garantir un accès équitable aux innovations médicales et aux technologies d’urgence. Le Cameroun plaide pour que cet accord ne reste pas une déclaration d’intentions, mais devienne le socle d’une solidarité contraignante.

La CSU : de la promesse à la réalité camerounaise
Mais la force de l’intervention camerounaise résidait surtout dans sa cohérence entre discours international et actions locales. Le ministre a légitimé sa prise de parole en partageant les avancées concrètes du Cameroun, qui fait de la Couverture Santé Universelle (CSU) sa boussole nationale.
Depuis trois ans, le pays déploie progressivement ce mécanisme de protection sociale avec des résultats tangibles. Priorité absolue a été donnée aux couches les plus vulnérables, notamment à travers la gratuité ou la subvention forte des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans. Ce choix stratégique démontre qu’en dépit des contraintes budgétaires, la volonté politique peut transformer le paysage sanitaire d’une nation. En liant cette réforme au renforcement de la surveillance épidémiologique et des cliniques de proximité, le Cameroun prouve qu’il prépare son système à résister aux chocs futurs.
Un appel à l’action
L’intervention s’est achevée sur un appel vibrant à des investissements « plus courageux ». Pour le Dr Manaouda Malachie, l’équité ne se négocie pas, elle se finance. Le Cameroun a ainsi rappelé une vérité fondamentale à la tribune de l’OMS : tant qu’une partie du monde sera laissée pour compte face de la maladie, personne ne sera véritablement en sécurité. À Genève, le Cameroun n’a pas seulement défendu ses intérêts ; il a tracé la feuille de route d’un humanisme sanitaire moderne.










































































































































































































































































