À la tête du Fonds régional de promotion de la santé du Nord-Ouest (NWRFHP), Mbarika Fondoh Richard incarne une vision pragmatique et humaine de la gestion de la santé publique. Pharmacien de formation, spécialisé en analyse pharmaceutique, il puise dans son expertise technique une rigueur qu’il applique tant à la gestion des médicaments qu’à la promotion de la santé.
Ses premières leçons de gestion, il les a reçues à la maison. « Mes parents et mon éducation m’ont enseigné la patience et le travail acharné », confie-t-il. Des vertus qui se sont révélées cruciales pour piloter une institution comme le Fonds régional. Au fil du temps, il a acquis la conviction que la planification à long terme et le travail d’équipe sont les piliers indispensables à la réussite d’une telle organisation. Son arrivée à la tête du NWRFHP a coïncidé avec un moment décisif : la transformation du « Fonds spécial du Nord-Ouest pour la santé » en « Fonds régional de promotion de la santé ». Ce changement de statut juridique, passant d’une association à un Groupement d’intérêt public, a nécessité une refonte complète des manuels de procédures et une révision du statut du personnel. Si l’infrastructure héritée était excellente, la situation financière, elle, était fragile. L’une de ses premières missions a été de rétablir la confiance grâce à une gestion rigoureuse de la trésorerie et des stocks.
Stratégie, motivation et décentralisation : les leviers de l’action
Depuis son entrée en fonction, Mbarika Fondoh Richard a instauré une culture de la planification stratégique, déclinée en plans de travail annuels clairs. « Cela définit précisément nos objectifs et les résultats attendus », explique-t-il. Conscient que la performance d’une institution repose avant tout sur ses équipes, il a fait de la motivation du personnel – financière, physique, mentale et environnementale – une priorité absolue. « Beaucoup disent que le client est la clé, je crois plutôt que le personnel est la clé. C’est lui qui influence positivement les usagers », affirme-t-il avec conviction. Pour répondre à la crise sécuritaire qui frappe la région, il a impulsé la création de cinq dépôts avancés, rapprochant ainsi les produits de santé et l’administration des populations.

Une vision tournée vers l’avenir et l’humain
Pour les années à venir, son cap est fixé. Le développement professionnel continu du personnel reste une mission cardinale. Il compte poursuivre la décentralisation par l’ouverture de nouveaux dépôts. Avec l’amélioration attendue de la situation financière, le Fonds pourra s’engager davantage dans des activités de promotion de la santé : campagnes d’hygiène, lutte contre l’hépatite, élimination de la drépanocytose et prise en charge des maladies non transmissibles. L’infrastructure suivra, avec la construction des nouveaux sites.
Des valeurs : résultats, transparence, efficacité
Au-delà de ses missions sanitaires, le NWRFHP se veut résolument axé sur les résultats. Cette culture se traduit par une planification rigoureuse, une gestion efficace et transparente des ressources et un management par le temps. « Nous sommes focalisés sur les résultats », résume-t-il.
Un impact concret malgré les défis
L’action du Fonds sous sa direction a un impact tangible. Il améliore l’accessibilité physique aux médicaments en mettant en place, malgré l’insécurité, des mécanismes facilitant leur transport vers les pharmacies des formations sanitaires. Il améliore aussi l’accessibilité financière en distribuant des produits à très faible coût. Grâce au projet de Couverture Santé Universelle (Phase 1) mis en œuvre pour le Ministère de la Santé Publique, le coût des services liés à la mortalité maternelle et néonatale a été significativement réduit. Le traitement du VIH et de la tuberculose est gratuit, et celui du paludisme est rendu symbolique – environ 700 FCFA pour un adulte – grâce aux subventions de l’État transitant par le Fonds.
Faire face aux menaces avec lucidité
Si le système de gestion axée sur les résultats est une boussole, le chemin est semé d’embûches. L’insécurité dans la région reste la principale menace, augmentant considérablement les coûts de transport et les délais. Autre défi de taille : la mauvaise appropriation des interventions sanitaires par certaines formations sanitaires et acteurs de santé. À travers ce portrait se dessine un leader pragmatique, qui allie compétence technique, sens stratégique et une ferme croyance en la force du collectif. Pour Mbarika Fondoh Richard, améliorer la santé publique est une mission qui passe autant par la bonne gestion d’une institution que par le soin apporté à celles et ceux qui la font vivre au quotidien.
Elvis Serge NSAA












































































































































































































































































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