La Présidente du Comité d’organisation de la prise en charge des personnes atteintes de maladies mentales et errantes (PAMME) à l’hôpital Jamot de Yaoundé, Dr Laure Justine Menguene Mviena, explique pourquoi elle souhaite voir fermer le Village de l’Amour, un lieu de prise en charge pour les personnes atteintes de maladies mentales, et comment elle compte lutter contre la stigmatisation et l’abandon de ces personnes dans la société.
Pour cette année 2025, nous allons simplement continuer le travail que nous avons commencé il y a 4 ans. Nous souhaitons que le Village de l’Amour soit fermé, car nous n’avons pas de structure qui accompagne les personnes atteintes de cancer, rejetées et abandonnées par leurs familles. Nous n’avons pas non plus de structure qui accompagne les personnes atteintes d’insuffisance rénale, rejetées et abandonnées par leurs familles. Spontanément, les familles et la société se mobilisent pour prendre en charge les personnes atteintes d’autres maladies.
Mais nous ne comprenons pas pourquoi une structure doit être mise en place pour des personnes qui sont malades, alors que d’autres malades bénéficient de l’aide de leurs familles ou de la société. C’est dans ce sens que nous disons que nous souhaitons que le Village de l’Amour ferme. Car, en fait, cela nous permet de comprendre que les familles ont accepté de considérer les personnes atteintes de maladies mentales comme tout autre malade et de supporter leurs signes et symptômes comme elles le font pour les autres maladies.
Maintenant, si cela n’est pas possible pour que ces familles changent de perception, nous souhaitons au moins que, spécialement dans la ville de Yaoundé, nous n’ayons plus à rencontrer des personnes atteintes de maladies mentales qui errent dans un état d’abandon. Tout simplement parce qu’il y a déjà une structure pour les prendre en charge gratuitement.
Vraiment, s’il y a quelque chose à retenir de ces familles qui continuent à abandonner et à rejeter leurs proches, alors cette année 2025, nous souhaitons qu’elles fassent un dernier acte d’amour, qui consiste simplement à les amener au Village de l’Amour pour une prise en charge.
Les projets pour 2025 sont très importants, car nous ne sommes que des techniciens et nous ne prenons pas les décisions. Le Village de l’Amour est la propriété de l’État. Donc, nous, en tant que techniciens, allons simplement continuer à faire notre travail de technicien, et nous souhaitons le faire mieux que les années précédentes.
Oui, 1000 personnes, cela nous fait chaud au cœur, mais nous aurions souhaité que ces 1000 personnes soient celles que le Village de l’Amour a déjà reçues. Mais, en réalité, environ 350 à 400 personnes vivent en communauté. Nous avons perdu de vue beaucoup de personnes, et certaines fuient. Donc, c’est un peu cela, les différentes problématiques. Et nous avons également des personnes et des familles qui refusent la prise en charge de leurs proches pour diverses raisons.
Le 24 janvier 2025, la communauté urbaine et le ministère de la santé publique vont se déployer dans les sept arrondissements de la ville de Yaoundé pour prendre dans la rue les personnes atteintes de maladies mentales et les amener au Village de l’Amour.
Propos recueillis par Elvis Serge NSAA












































































































































































































































































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