À Dakar, les étudiants en sciences de la santé font rayonner la souveraineté sanitaire du continent.
Le Forum Galien Afrique 2025, organisé à Dakar, vibre au rythme de l’innovation et de la jeunesse. Cette huitième édition, placée sous le signe de la souveraineté sanitaire africaine, a offert une tribune exceptionnelle aux jeunes talents du continent à travers le Forum des Jeunes, également appelé Académie Galien Afrique . Venus de quatorze pays africains, ces étudiants en sciences médicales ont présenté des projets novateurs destinés à transformer durablement les systèmes de santé du continent.
Une académie panafricaine pour former les leaders de demain
Selon la Dr Rose Muriel Balaro, médecin et membre de la commission du Forum des jeunes, l’Académie Galien se distingue par sa rigueur et sa portée panafricaine : « L’Académie réunit les meilleurs étudiants sélectionnés directement par leurs doyens. Ils proviennent de tout le continent du Bénin, du Mali, du Sénégal, du Nigeria, du Maroc, du Ghana, jusqu’à l’Ouganda. Nous comptons cette année plus de 75 participants, dont plusieurs en ligne. »
Les jeunes ont suivi trois sessions de formation en ligne portant sur le leadership, la souveraineté africaine et les outils de plaidoyer avant de se regrouper par équipes pour élaborer des solutions concrètes aux défis sanitaires africains. Huit groupes dont quatre francophones et quatre anglophones, ont présenté leurs travaux, fruits d’une collaboration interuniversitaire et interculturelle.
Des projets porteurs d’avenir
Parmi les innovations phares, « DigiHealth Africa », présenté par Boushra Adio, étudiante en sixième année de pharmacie à Cotonou. Ce projet de digitalisation des dossiers médicaux ambitionne d’améliorer l’accès et la gestion des données de santé sur le continent.
« En Afrique, les dossiers médicaux sont souvent inaccessibles ou perdus. Avec DigiHealth Africa, nous voulons que chaque patient ait une mémoire médicale numérique, accessible en temps réel », explique la jeune Béninoise.
Inspirée par des modèles comme le Rwanda, qui a intégré la santé numérique dès 2016, elle appelle les investisseurs et décideurs à soutenir cette initiative au service de la prévention et de la souveraineté sanitaire.
Dans la même veine, Camara Manfing, étudiant en pharmacie à Conakry, a présenté E-Link Hospital, une plateforme numérique qui facilite le transfert sécurisé des données médicales entre hôpitaux partenaires.
« Beaucoup de vies sont perdues parce qu’il n’existe pas de données fiables sur les patients. Notre solution peut sauver des vies et réduire la dépendance de l’Afrique envers d’autres continents », affirme-t-il.
L’intelligence artificielle au service de la santé
Pour Mohamed Lemine Dia, originaire de Mauritanie et étudiant à l’Université Amadou Hampaté Ba, le projet Sanovia explore le rôle de l’intelligence artificielle dans l’éducation et la sensibilisation à la santé.
« Nous voulons informer et éduquer les populations à travers des outils illustrés et interactifs. Beaucoup de maladies peuvent être évitées par la prévention et une meilleure hygiène de vie », précise-t-il, avant d’appeler à un accompagnement institutionnel pour concrétiser cette vision.
Même enthousiasme du côté de Nemlin Akissi Grace Stéphanie, étudiante à l’Université Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire, qui salue l’importance de l’intelligence artificielle en médecine : « L’IA n’est pas un frein à la médecine. Elle permet la télémédecine et même la télésururgie. Grâce à elle, nous pourrons améliorer la qualité des soins et réduire les erreurs médicales. »
Les jeunes appellent à la concrétisation
Les débats ont été riches d’espoir mais aussi de lucidité. Cossi Junior Patrice, étudiant en médecine à Cotonou, a insisté sur la nécessité d’un accompagnement gouvernemental : « Les idées existent. Ce qu’il manque, c’est la concrétisation. Les autorités doivent soutenir ces jeunes innovateurs. »
De son côté, Khadim Thiam, de l’Université Alioum Diop au Sénégal, a salué la maturité et l’engagement des jeunes : « L’Afrique a des intellectuels et des ressources. Ce qu’il faut, c’est transformer cet engagement en actions concrètes.»
La prévention et l’éducation, clés de la santé africaine
Pour Labouyi Kapali Landry, étudiant en médecine au Gabon, la santé passe avant tout par la prévention : « La plupart des maladies chroniques sont liées à un manque d’information. Les Africains doivent être davantage sensibilisés aux facteurs de risque. Le Forum Galien ne doit pas être qu’un lieu de discours, mais un levier d’action.»
Une jeunesse qui incarne la souveraineté sanitaire
Le Forum Galien Afrique 2025, à travers son Académie des jeunes, a démontré que la jeunesse africaine détient les clés de l’innovation en santé. En valorisant ces projets issus d’universités du continent, le forum confirme son rôle de catalyseur de talents et de laboratoire d’idées au service d’une Afrique résiliente, autonome et tournée vers l’avenir.
Comme l’a souligné la commission du Forum des jeunes : « Ces étudiants incarnent la relève médicale et scientifique du continent. Leurs idées sont le socle d’une Afrique capable d’assurer elle-même sa santé, par ses enfants et pour ses enfants. »
Le Dr Rose Muriel Balaro rappelle que, la première journée était consacrée à la clôture des travaux déjà entamés en amont dans le cadre de l’Académie Galien Afrique. Elle rajoute que, « la deuxième journée qui est ce mercredi 29 octobre 2025 est consacrée à la remise des parchemins et attestations aux étudiants, marquant ainsi la fin de cette étape académique. »
Elle a d’ailleurs précisé que, le Forum des jeunes ne se limite pas à l’Académie. Il englobe également la dimension des jeunes innovateurs du continent. La journée de ce mercredi sera d’ailleurs davantage axée sur cet aspect : mettre en lumière ces jeunes Africains qui présentent des solutions concrètes et palpables pour répondre aux défis du continent. « Certains d’entre eux ont développé des projets, des applications ou des innovations tangibles. Une sélection est d’ailleurs effectuée pour distinguer les meilleurs d’entre eux dans le cadre du Gaïb, tandis que l’Académie relève du Galien. C’est l’ensemble de ces initiatives qui constituent le Forum des jeunes du Forum Galien Afrique. » conclut-elle.
Mireille Siapje, Dakar – Sénégal












































































































































































































































































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