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Hépatites Virales : Malgré les difficultés financières, la prévention est importante

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Les spécialistes misent sur la sensibilisation, d’où l’organisation d’une journée de dépistage, hier mercredi à l’Hôpital général de Douala en prélude à la journée mondiale de lutte contre les hépatites qui se tient ce jeudi 28 juillet 2022.

Les hépatites virales, en particulier les hépatites virales B et C sont considérées comme un problème majeur dans le monde entier et au Cameroun en particulier. Selon les statistiques officielles, actuellement au Cameroun l’hépatite virale B a un taux de prévalence 10 à 12% et l’hépatite C par contre à une prévalence de près de 2%. Pour comprendre, cette différence de données qui était quasiment identiques il y a 10 ans (plus de 10% pour l’hépatite B et 12% pour l’hépatite C) le Dr  Quiselle Sandra  Djomo Kopa, Hépato-Gastro-entérologie explique : « on observe une forte diminution de la prévalence des hépatites, parce qu’il y a plusieurs années,  la prévalence de l’Hépatite C était quasiment identique à celle de l’hépatite B, mais actuellement avec les nouveaux traitements oraux qui durent environ 12 semaines, on a une nette régression de la prévalence de l’hépatite C ».

Cette régression est également observée avec l’hépatite B. « Parce qu’on a la prévention de la transmission mère-enfant qui est effective, le vaccin est pris en compte dans le programme élargi de vaccination, pour les enfants ; et ceux nés de mère positive à l’hépatite B, prennent un vaccin systématiquement à la naissance avant 12 heures de vie », poursuit la Gastro-entérologue. Au cours de la journée de dépistage organisée à l’hôpital général de Douala (HGD), hier mercredi 27 juillet 2022, le Dr Quiselle Sandra Djomo Kopa a précisé qu’avec cette méthode mise en place couplée aux campagnes de dépistage organisée sur l’étendue du triangle national, on observe une nette régression de la prévalence des hépatites virales.

Toute de même c’est à travers ces campagnes de dépistages, que les spécialistes de l’HGD ont constaté que de nombreuses personnes avaient méconnaissance de l’hépatite virale.  C’est pourquoi, « ce que nous faisons à notre niveau les gastro-entérologues c’est que tous les patients que nous recevons en consultation systématiquement on leur propose le dépistage. C’est vrai que ce n’est pas gratuit, mais pour ceux qui adhèrent au principe, ils se font dépister, les généralistes aussi sont sensibilisés par rapport à ça. En sus, à la banque de sang, tous les patients qui viennent donner du sang et qui sont positifs à l’hépatite B bénéficient d’une première consultation gratuite, pour pouvoir sensibiliser le patient sur l’importance de se faire suivre et de se faire traiter », indique Dr Quiselle Sandra Djomo Kopa.

C’est d’ailleurs dans ce sillage que Ravic Pierre Mahop a décidé de profiter de cette journée de dépistage pour connaître son statut et se faire suivre dans le cas où les résultats sont positifs.  « Les hépatites B et C sont les plus visibles dans notre milieu, parfois on ne maitrise même pas les risques pourtant c’est une maladie dangereuse, je suis présent à l’hôpital général de Douala aujourd’hui pour me faire dépister et bénéficier des conseils des spécialistes », a-t-il affirmé.

Difficultés et solutions

Même si le programme Elargi de vaccination (PEV) propose des facilités dans le traitement de cette maladie, à l’hôpital général de Douala, les Gastro-entérologues reconnaissent que des difficultés existent dans la prise en charge. « Les difficultés que l’on rencontre c’est surtout quand on veut faire le vaccin à la naissance pour les mamans positives à l’hépatite B parce que le vaccin en ce moment n’est pas gratuit, il coûte 5000F et les immunoglobulines coûtent environ 80 000F à 90000F. On est souvent butés sur le plan financier parce que ces mamans n’arrivent pas à acheter ses immunoglobulines, ce qu’on fait souvent c’est que ces mamans si elles ne peuvent pas acheter ces immunoglobulines on les demande au moins de faire le vaccin qui protège de la transmission mère-enfant et on fait des tests à l’enfant à 6 mois et un an après la naissance pour se rassurer que l’enfant n’ait pas attrapé le virus », nous fait-on savoir. 

En outre, si après le bilan les médecins se rendent comptent que l’enfant à des « critères d’activité pour l’hépatite B on le met sous traitement ». « Quand il est sous traitement, la charge virale dans le sang baisse et réduit la transmission mère et enfant ». Rappelons qu’actuellement, seul le vaccin pour l’hépatite B existe, l’hépatite C n’a pas encore de Vaccin. D’après les spécialistes du Centre pasteur, le moyen le plus efficace de lutter contre l’hépatite C réside en la maîtrise du risque de transmission nosocomiale du VHC (transfusions sanguines, injections à risque, etc.), la politique de réduction des risques chez les usagers de drogues injectables et l’augmentation de l’accès aux antiviraux à action directe (AAD) chez les populations à haut risque.

Pour lutter contre les hépatites virales, de nombreuses initiatives ont vu le jour depuis quelques années.  Un Plan Stratégique National (PSN) de lutte contre les hépatites virales 2020-2024 a d’ailleurs été lancé le 28 août 2020 à Yaoundé. Ceci, pour accroître de façon considérable la réponse aux hépatites virales et conduire à l’obtention de meilleurs résultats de la prise en charge sur la base d’une continuité de soins.

Au regard de l’ampleur des risques hépatiques, lequel représentent un problème majeur pour la santé dans le monde avec près de 1,4 million de décès enregistrés chaque année, Citant le Directeur Régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique, Dr Matshidiso Moeti, directeur Afrique de l’OMS avait rappelé que « des médicaments d’un bon rapport coût-efficacité sont disponibles pour lutter contre l’hépatite B et prévenir la maladie du foie. En outre, le vaccin contre l’hépatite B administré à la naissance, conjointement avec la vaccination du nourrisson, prévient plus de 95 % des nouvelles infections qui entraînent plus tard dans la vie le cancer du foie. Dans le cas de l’hépatite C, un traitement nouvellement disponible peut guérir l’infection chez presque tous les patients en l’espace de 12 semaines ». Pour ce dernier, il est important d’augmenter la couverture du dépistage et des traitements. C’est la principale lacune à combler pour atteindre les objectifs mondiaux d’élimination d’ici à 2030.

Connaître la transmission

Pour atteindre ces objectifs, la sensibilisation est non négligeable. Car, il est important pour chaque individu de maitriser les voies de transmission de cette maladie. D’après les spécialistes du Centre pasteur, le virus de l’hépatite B se transmet par tous les liquides et sécrétions biologiques, le plus souvent par le sang et par contact sexuel. L’hépatite B est considérée comme une maladie infectieuse extrêmement contagieuse : le virus de l’hépatite B est 50 à 100 fois plus infectieux que celui du SIDA.

Les principales voies de transmission sont la transmission de la mère à l’enfant pendant l’accouchement, le contact étroit avec une personne infectée, les contacts sexuels, les injections (toxicomanie) et les transfusions à risques. Statistiquement dans le monde, les modes de transmission les plus fréquents sont de la mère à l’enfant et entre enfants d’une même famille. Concernant le virus de l’hépatite C, il se transmet principalement par voie sanguine (transfusion, utilisation de drogues par voie intraveineuse, transplantation d’organes).

Ghislaine DEUDJUI

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