Entre diagnostic de pointe, secteur d’hospitalisation protégé et sécurité transfusionnelle renforcée, le nouveau pôle d’onco-hématologie de l’hôpital général de Douala optimise la prise en charge des maladies liées au sang au Cameroun.

L’inauguration de ce pôle de l’Hôpital Général de Douala par le ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie le 10 avril 2026, marque une rupture technologique majeure dans le paysage médical camerounais. La véritable force de cette nouvelle architecture réside dans sa conception en « circuit intégré », qui élimine les pertes de temps critiques pour les patients atteints d’hémopathies. En centralisant le laboratoire de biologie moléculaire, la banque de sang et les zones de soins dans un même périmètre ultra-moderne, le top management de l’hôpital général de Douala conduit par le Pr Henry NAMME LUMA garantit une réactivité stratégique. Le Pr Eveline Ngouadjeu, chef de service laboratoire, précise d’ailleurs que cette organisation permet de mettre ensemble toutes les unités contribuant à optimiser la prise en charge des maladies du sang, qu’elles soient bénignes ou malignes.

Un plateau technique d’exception
L’atout majeur de cette architecture technique est sa capacité à transformer le laboratoire en un véritable centre de pilotage de précision. Le Pr Eveline Ngouadjeu décrit ce service comme le « tableau de bord de l’individu », notamment grâce au poste de l’hémogramme qui permet de détecter immédiatement des risques d’infection ou de cancer. Le plateau technique se divise en deux unités majeures : l’hématologie classique et la biologie moléculaire. Le Pr Ngouadjeu souligne l’importance des différents postes de travail, allant de l’examen au microscope pour identifier les cellules anormales jusqu’au système intranet permettant d’envoyer instantanément les résultats validés dans tous les services de l’hôpital. Elle insiste sur le fait que la biologie moléculaire permettra, dans un futur proche, de réaliser une étude encore plus fine des anomalies spécifiques aux hémopathies malignes.

Performance et sécurité transfusionnelle
L’architecture du service intègre la banque de sang non plus comme un fournisseur externe, mais comme un organe vital du pôle d’onco-hématologie. Interrogée sur la gestion de cette ressource rare, le Pr Eveline Ngouadjeu explique : « Notre politique à nous, pour ce qui concerne la banque de sang, c’est de bien accueillir les donneurs et de chercher à les transformer en donneurs bénévoles. » Pour garantir un stock moyen de 50 poches par jour, l’hôpital offre un suivi personnalisé aux donneurs, incluant la remise des résultats d’analyses et des consultations gratuites en cas de problème détecté. Cette stratégie permet de maintenir une disponibilité constante, capable de monter jusqu’à 110 poches pour sauver des vies en cas d’urgence hémorragique ou de besoins thérapeutiques lourds.

Une prise en charge diversifiée et innovante
Le génie de cette nouvelle configuration spatiale repose sur sa triple offre d’hospitalisation qui s’adapte à la fragilité de chaque patient. Le Pr Ngouadjeu met particulièrement en avant l’hospitalisation de jour, qui permet de « réduire le coût de la prise en charge des patients » car ces derniers ne passent plus la nuit à l’hôpital pour des traitements courts. Pour les cas les plus vulnérables, elle décrit un « secteur protégé » innovant, où les patients sont isolés pour éviter tout contact avec les microbes hospitaliers. Ces chambres sont équipées d’un sas de décontamination pour le personnel et de sanitaires individuels. Avec une capacité d’accueil actuelle de 11 places, pouvant être étendue à 13 à moyen terme, le Pr Eveline Ngouadjeu assure que l’infrastructure a été pensée pour l’agrandissement futur et l’augmentation constante du nombre de patients.












































































































































































































































































