Shopping cart

Subtotal CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
  • Home
  • SANTE ANIMALE
  • Invasions de mouches en élevage : Le péril silencieux des ruminants
SANTE ANIMALE

Invasions de mouches en élevage : Le péril silencieux des ruminants

Email : 99

Souvent négligées, les mouches et leurs larves représentent une menace majeure pour la santé des ruminants et la rentabilité des exploitations.

Au cœur des bâtiments d’élevage comme dans les vastes pâturages, un ennemi invisible mais redoutable perturbe la quiétude des troupeaux. Souvent réduites au simple rang de nuisances agaçantes, les mouches constituent pourtant une menace majeure pour la santé animale et la stabilité économique des exploitations de ruminants. Agitation stérile, baisse drastique de l’ingestion de nourriture, chute de la production laitière et difficultés de manipulation pour l’éleveur : ces insectes ailés empoisonnent le quotidien des étables. Plus grave encore, certaines espèces se révèlent être de redoutables agents pathogènes, responsables de mortalités, de souffrances intenses et de pertes financières considérables.

Pour appréhender ce fléau, il convient de cartographier la diversité de ces parasites, dominés par les redoutables myiases cutanées et cutanéomuqueuses. L’hypodermose bovine, causée par les larves d’Hypoderma, illustre parfaitement ce péril insidieux. Durant la saison estivale, la femelle adulte pond sur les poils des pattes et du ventre des bovins. Après éclosion, les larves entament une longue migration interne de plusieurs mois avant de s’enkyster dans le tissu sous-cutané dorsal, formant ces fameux varrons audibles en fin d’hiver. Bien que la France ait instauré un plan d’éradication couronné de succès reposant sur une certification rigoureuse, la vigilance reste de mise pour éviter baisses de performance et dépréciation des peaux.

Le danger se fait plus pressant encore avec les myiases ovines, portées par des espèces comme Lucilia sericata et Wohlfahrtia magnifica. La première, connue sous le nom de mouche verte, profite des zones de toison souillées par la diarrhée pour y déposer ses œufs. Écloses en quelques heures, les larves carnassières se nourrissent des tissus vivants de l’animal, creusant de profondes lésions cutanées. De son côté, Wohlfahrtia magnifica, redoutable mouche au thorax rayé, sévit activement dans les plaines et n’hésite pas à propulser ses larves munies de crochets sur les plaies, les zones humides ou les pieds des moutons. Les souffrances sont immenses, menant l’animal à la prostration et parfois à la mort par intoxication tissulaire. Quant à l’oestrose, menée par Oestrus ovis, elle cible les cavités nasales des petits ruminants, provoquant éternuements, douleurs faciales et écoulements respiratoires intenses.

Face à cette pression parasitaire constante, la lutte ne s’improvise pas et exige une stratégie globale, structurée autour de la prévention et de l’hygiène des bâtiments. La propreté des locaux, une ventilation irréprochable, l’évacuation régulière des fumiers et un paillage de qualité constituent le premier rempart contre la prolifération des insectes. Autour et dans les étables, l’arsenal biologique et chimique offre des solutions ciblées. L’introduction de mini-guêpes et d’acariens prédateurs permet de réguler naturellement les populations de pupes dans les litières sans aucun risque pour les animaux. En complément, l’usage judicieux de larvicides dans les zones de ponte et d’adulticides sur les parois permet de casser le cycle biologique des ravageurs.

Sur les animaux eux-mêmes, la protection passe par l’application raisonnée de répulsifs végétaux ou de médicaments antiparasitaires externes adaptés, tels que les pyréthrinoïdes et les organophosphorés, appliqués en bains ou en solutions pour-on. Pour les ovins particulièrement exposés aux myiases, des molécules spécifiques agissant comme inhibiteurs

de croissance larvaires bloquent efficacement le développement des asticots sans perturber l’environnement. Enfin, l’utilisation réfléchie des endectocides permet de traiter de front le parasitisme interne et externe, à condition d’éviter une surexploitation qui favoriserait l’apparition de résistances. Maîtriser la menace des mouches, c’est restaurer le bien-être au sein de l’élevage et préserver durablement la santé et la rentabilité de la filière.

img

Elvis Serge NSAA DJOUFFO TALLA est un journaliste camerounais spécialisé en santé et enquêtes de terrain, actuellement rédacteur en chef adjoint au groupe Echos-Santé. Lauréat de plusieurs prix nationaux pour ses reportages sur la tuberculose et le VIH, il allie rigueur factuelle et engagement pour les droits humains, notamment à travers des enquêtes sur l’accaparement des terres, la mortalité minière ou l’accès aux soins. Sa démarche s’appuie sur une expertise vérifiée, renforcée par une formation en vérification des faits et un engagement continu pour un journalisme porteur de changement social.

Leave a Reply

Articles similaires

📰 Dernière parution : Echos Sante n°1457 du jeudi 6 aout 2026

×