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Les présidents des ordres de santé : Ils assainissent, innovent et protègent le système le système de santé

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Le Dr Rodolphe Fonkoua (diabétologue) et Solange Venerande Douanla (Opticiens) combattent l’exercice illégal, source de chômage et d’insécurité. Le Dr Ichakou Albert (Vétérinaires) applique la même rigueur contre le trafic de médicaments. Moussa Hamadou Satou (Infirmiers) axe son mandat sur la régulation, la modernisation et le rayonnement international.

Le Dr Chantal Tankoua Sunou (Chirurgiens-dentistes), « Femme de l’Année en Santé 2026 », innove avec des techniques de pointe et promeut l’excellence. L’Ordre des Pharmaciens veille avec intransigeance sur la déontologie.

Cette édition spéciale met en lumière le parcours et l’action déterminante de ces présidents qui, chacun à leur poste, consolident les bases et tracent les nouvelles frontières d’un système de santé plus résilient et robuste.

Dr. Rodolph Fonkoua: Du rêve imposé à la bataille pour la médecine camerounaise

Porté à la tête de l’Ordre national des médecins en 2023, le Dr Rodolphe Fonkoua, diabétologue, septuagénaire, mène une croisade contre la fuite des cerveaux et pour la dignité de sa profession.

Dr. Rodolph Fonkoua , président de l’Ordre Médecins du Cameroun.

Avec sa blouse blanche, le chirurgien mène une vie normale. Seulement, les 2/3 de sa vie sont consacrés à sa profession à laquelle il dit avoir tellement donné. « Donc, c’est un peu ma passion », nous a-t-il lancé. Dans sa vision des choses, il est dans l’optique d’un travail d’ensemble. Il y croit dur comme fer qu’« en regardant dans la même direction, ensemble, on va remettre les pendules à l’heure et faire de notre médecine un terrain d’attraction, transformant notre pays en un pays de tourisme médical, comme le sont les pays du Maghreb, d’Afrique du Sud et peut-être de l’Inde. Nous en sommes vraiment capables, parce qu’on a le potentiel », soutient-il. L’admiration est grande pour cet homme qui, en réalité, n’a pas choisi la médecine. À l’obtention de son baccalauréat, il voulait faire sciences économiques. Mais la sœur aînée va lui imposer la médecine. « Vraiment, à l’époque, les enfants obéissaient. Je trouvais que c’était très long. Je n’étais pas boursier, j’étais hors du Cameroun. Je me disais : comment est-ce que je peux faire des études de 7, 8 ans et plus, sans bourse ? Aujourd’hui, je ne le regrette pas. « Après, je suis tombé amoureux de ce métier », raconte-t-il.

La médecine, sa passion et sa vision

Élu président de l’Ordre national des médecins du Cameroun (ONMC) en décembre 2023 pour un mandat de cinq ans. Dr Rodolphe Fonkoua nourrit les ambitions légitimes d’un homme passionné par une profession. Pour lui, « la médecine est un art exercé par des artistes formés pendant sept ans ». Facile donc de comprendre le grand souci d’un président qui s’interroge sans se lasser : « Comment peut-on former autant d’artistes et les perdre ? Comment peut-on faire pour les fidéliser, c’est-à-dire les retenir sur le territoire national qui a tant besoin d’eux ? », se demande le Dr Rodolphe Fonkoua qui a constaté comme tout le monde la fuite des cerveaux : « … depuis bientôt cinq ans, nous constatons qu’on a une fuite massive de nos médecins formés localement ». Et pourtant, « les besoins nationaux sont énormes ». Dans ses idées, il faut fidéliser les médecins dans un contexte marqué par le chômage des médecins. « L’État, qui est le premier employeur, n’emploie plus, ne recrute plus ». Et le «privé ne peut pas recruter de façon massive. Alors, c’est une préoccupation » 

Des bons pas à la tête de l’Ordre

Nous avons trouvé une maison qui avait des gros problèmes administratifs. On n’avait pas de tableau de l’Ordre. Il était impossible de savoir combien nous étions. Aujourd’hui, nous avons réussi à digitaliser totalement l’Ordre. Ce qui fait qu’un médecin camerounais qui se trouve à New York est capable, d’abord, d’ouvrir sa page, d’avoir un coach, de s’inscrire en ligne, de payer toutes ses cotisations en ligne. Nous avons réussi à sortir le tout premier tableau de l’Ordre au mois de décembre. Nous avons réussi également à créer une mutuelle pour médecins.  « J’ai vu des seniors mourir dans des conditions de clochardisation extrême, de pauvreté inadmissible. Et ça m’a révolté. Je me suis dit : qu’est-ce qu’il faut faire ? L’idée de la mutuelle m’est venue de là, et puis on l’a mise en place. Les gens entrent, cotisent à volonté, au taux qu’ils veulent. Vous choisissez la date d’entrée, la date de sortie, vous pouvez dire que vous sortez à 110 ans, etc. Et si vous réunissez une belle somme, cet argent est capitalisé. Sous forme d’une rente viagère, on vous verse tous les mois une pension. Donc nous pensons que ça pourrait aider les médecins », explique-t-il.

Nous avons également obtenu auprès d’une banque camerounaise des facilités, des prêts d’équipement pour les jeunes médecins. Cette année, nous allons nous battre contre l’exercice illégal de la médecine. « En tuant cette gangrène, je peux créer environ 3 000 postes pour les jeunes médecins. C’est une justice. Les gens ne peuvent pas aller à l’école pendant ces 10 ans pour trouver des cuisines qu’ils appellent centres de santé. J’appelle ça des mouroirs qui plombent la profession. Donc cette année, nous sommes inscrits résolument dans cette voile. Donc ne soyez pas surpris dans les jours à venir qu’on fasse appel à vous pour nous accompagner dans cette bataille ». Également depuis 2 ans, nous avons instauré un vaste programme de formation continue. Vous savez qu’on a une profession qui est très dynamique, qui évolue et il faut que les gens se recyclent. Nous allons rendre bientôt ces formations continues obligatoires parce qu’il est inadmissible qu’un médecin exerce pendant 4-5 ans sans se recycler.

 Comment je vois la médecine camerounaise autour de 2030-2035 !!!!

 J’ai fait le tour du monde, et de toutes les diasporas médicales africaines, nous avons la meilleure. Et ça, dans tous les pays. Et je me suis posé la question. Comment peut-on avoir une telle diaspora dynamique, compétente, qui fait la fierté des pays où elle exerce ? Et chez nous, pendant ce temps, la médecine se dégrade. Donc, mon rêve, c’est quoi ? Qu’est-ce qui peut se passer en 2030 ? Si aujourd’hui, nous n’inversons pas la tendance, nous allons dans le mur, c’est-à-dire nous allons vers un désert médical en 2035.

Aux décideurs

Je dis aux décideurs : « Nous avons un choix à faire. » Un choix courageux, ambitieux, clairvoyant, où nous fermons les yeux et on va dans un mur d’ici cinq ans, ou alors on se ressaisit, en se disant qu’on s’est trompé, et puis on tend la main vers la diaspora, on paye bien nos médecins, on les retient sur place et je vous dis que nous pouvons révolutionner. D’abord, retrouver notre place, parce que j’ai dit, il y a une vingtaine d’années, le Cameroun faisait l’admiration de toute la sous-région. Aujourd’hui, je crois que nous ne sommes pas loin des derniers de la classe en Afrique centrale. 

Pour la postérité

Quand vous vivez, vous ne vivez pas seul. Les gens vous regardent. Parce que j’ai compris finalement que, rendu à cet âge, si j’ai des qualités, je ne crois pas que je les ai inventées. J’ai observé des gens qui avaient ces qualités. Je les ai adoptées. J’ai eu des gens que j’ai admirés. En fait, nous sommes un mélange de tout. De nos parents, de nos amis, de nos rencontres, de nos enseignants. Donc bref, et à la fin, vous formez quelque chose qui peut plaire ou ne pas plaire. Maintenant, le léguer, je dis, vous l’enseignez. Les gens vous voient vivre. Ils peuvent apprécier. Ceux qui sont plus curieux viennent vers vous, etc. Donc, les valeurs, je crois que quand vous les incarnez, ça attire. Ça attire. Il faut y vivre sa porte et surtout comprendre une chose. La vie est une course à relais. Nous avons l’obligation de transmettre ce qu’on a reçu. Il faut transmettre. Malheureusement, il y en a qui gardent. Mais Dieu n’a pas été fou de faire couler l’eau. Parce que si l’eau ne coulait pas, il n’y a que ceux qui sont en amont qui boiraient et ceux qui sont en aval ne le feraient pas. Donc, il faut transmettre.

Dr ICHAKOU Albert: Du terrain avicole au leadership ordinal

À la tête de l’Ordre National des Vétérinaires du Cameroun, il conjugue expertise internationale et vision réformatrice pour hisser la profession vers l’excellence.

Dr ICHAKOU Albert, président de l’Ordre National des Vétérinaires du Cameroun.

Médecin vétérinaire de formation, expert reconnu en production avicole et en biosécurité, le Dr ICHAKOU Albert a su transformer son riche parcours de consultant international en un leadership réformateur à la tête de l’Ordre des Vétérinaires du Cameroun (ONVC). De 2023 à 2025, son mandat a été marqué par une série d’actions structurantes, donnant à la profession une assise plus solide et une visibilité accrue. Dans un monde où la santé animale, humaine et environnementale est inextricablement liée, la figure du vétérinaire s’impose comme un acteur de santé publique de premier plan. Au Cameroun, cette évolution trouve un écho particulier sous l’impulsion du Dr ICHAKOU Albert, dont le parcours atypique et l’engagement visionnaire redéfinissent les contours de la profession. De la ferme au sommet de l’institution ordinale, son itinéraire est celui d’une expertise forgée sur le terrain et mise au service du collectif.

Un itinéraire académique et professionnel d’exception

Né à Mada en 1978, Albert ICHAKOU pose les premières pierres de son expertise en décrochant un Doctorat en Médecine Vétérinaire à l’EISMV de Dakar en 2004, avec une thèse sur les pathologies aviaires. Sa soif d’apprendre et sa volonté de se spécialiser le conduiront ensuite à enrichir continuellement son profil : un Master of Science en Productions et Ingénieries animales, un autre en Poultry Production (WVEPAH), et de nombreuses formations ciblées en France chez des leaders comme Hubbard, ISA ou encore Evialis Institut, couvrant la nutrition, la gestion de couvoir, la biosécurité et la pharmacovigilance.

Cette solide formation académique sert de tremplin à une carrière professionnelle foisonnante, principalement axée sur le conseil technique et stratégique dans le secteur avicole. En effet, il occupe successivement des postes de support technique et commercial pour des groupes internationaux de renom tels que NEOVIA/ADM (France), HUVEPHAMA, NOVOGEN ou SIPRA en Côte d’Ivoire. Ses missions, qui couvrent l’audit d’élevages et de couvoirs, la formation des acteurs, les études de marché et le suivi réglementaire, l’ont amené à intervenir dans une dizaine de pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Parallèlement, il développe une activité de consultant de haut niveau pour des institutions comme la FAO, l’USDA-APHIS, la Banque Mondiale et le Ministère camerounais de l’Élevage (MINEPIA), contribuant à la lutte contre l’influenza aviaire, à la rédaction de protocoles nationaux et au renforcement des capacités des services vétérinaires.

Un mandat présidentiel tourné vers l’action et la réforme

Forte de cette expérience multidimensionnelle, son élection à la présidence de l’ONVC en 2023 inaugure une ère de transformations concrètes. Sa gouvernance, pragmatique et volontariste, se caractérise par une approche structurante visant à réguler, valoriser et moderniser la profession vétérinaire camerounaise.

Tout d’abord, il s’attaque à un sujet sensible : la régulation de la formation. Sous son impulsion, un mémorandum sur la formation vétérinaire est remis au Premier Ministre. Des relances médiatiques soutenues ont conduit à une prise de conscience, forçant temporairement certaines écoles à revoir leurs quotas d’admission. Ensuite, la protection de la santé animale et publique devient une priorité opérationnelle. Ainsi, malgré des moyens limités issus des cotisations ordinales, son Conseil organise et mène des opérations de saisie et de destruction de médicaments vétérinaires illicites, pour une valeur estimée à plus de 120 millions de FCFA.

Dr Chantal Tankoua Sunou : L’architecte d’une dentisterie camerounaise d’excellence

Reconnue « Femme de l’Année en Santé » en 2026, le Dr Chantal Tankoua Sunou incarne la convergence unique de l’excellence clinique et du leadership réformateur.

Dr Chantal Tankoua Sunou, Présidente de l’Ordre National des Chirurgiens-Dentistes du Cameroun (ONCDC).

En cette année 2026, le paysage de la santé camerounaise est marqué par des réformes profondes et une quête renouvelée d’excellence. Au cœur de cette dynamique, une figure émerge, cristallisant par son parcours et son leadership les aspirations d’une profession et d’un système de santé en mutation. Le Dr Chantal Tankoua Sunou, distinguée « Femme de l’Année en Santé », incarne bien plus qu’une reconnaissance individuelle ; elle symbolise la convergence réussie entre la rigueur scientifique, l’entrepreneuriat visionnaire et un engagement réformateur au service du bien public.

Née le 27 juin 1960 à Douala, le Dr Tankoua Sunou a précocement tracé sa voie vers l’excellence. Sa formation à la prestigieuse Faculté de Médecine de Montpellier, couronnée par le titre de Major de promotion, posa les fondations d’une expertise incontestée. Cependant, son véritable acte fondateur fut son retour au Cameroun et la création, en 2000, du Cabinet Dentaire de Bastos. Loin d’être un simple exercice libéral, cette structure s’est imposée comme un centre de référence en Afrique centrale, portée par une conviction : l’odontologie est une médecine à part entière, sentinelle de la santé globale.

L’innovation au service de la clinique

Si son leadership est aujourd’hui salué, c’est d’abord pour sa capacité à maintenir la pratique dentaire camerounaise à la pointe du progrès. Sous son impulsion, le Cabinet de Bastos est devenu un pôle de haute technicité. Spécialisée dans la réhabilitation maxillo-faciale complexe, elle a intégré la planification numérique et la chirurgie guidée, restaurant fonction et dignité à de nombreux patients. Plus remarquable encore est son appropriation pionnière de l’hydro-climatologie médicale, une approche novatrice exploitant les propriétés des eaux et des climats pour traiter les parodontopathies sévères, réduisant ainsi le recours aux molécules chimiques lourdes. Durant les crises sanitaires, sa rigueur s’est également manifestée par la mise en place de protocoles de biosécurité drastiques, essentiels dans une spécialité à haut risque aérosol.

Le réformateur institutionnel et le visionnaire panafricain

Au-delà de son cabinet, l’influence du Dr Tankoua Sunou s’exerce à une échelle nationale et continentale. Présidente de l’Ordre National des Chirurgiens-Dentistes du Cameroun (ONCDC) depuis 2014 et réélue triomphalement en 2023, elle a conduit ce qu’il est convenu d’appeler la « maturité régulatrice » de la profession. Son action repose sur trois piliers : une lutte résolue contre l’exercice illégal de la dentisterie, la mise en place d’une formation continue obligatoire et l’intégration stratégique de la santé bucco-dentaire dans la Couverture Santé Universelle, démontrant son impact économique en prévention de pathologies graves.

Parallèlement, elle s’est imposée comme une cheville ouvrière du Prix Africain du Leadership en Santé (PALSA). Son engagement dans cette initiative panafricaine révèle une ambition plus large : célébrer et inspirer l’excellence locale pour construire une gouvernance sanitaire souveraine sur le continent.

L’humanisme, socle d’une icône

Ce qui achève de forger sa stature en 2025 est son refus de l’élitisme. Consciente des barrières financières, elle a initié des cliniques mobiles dotées de matériel de pointe pour offrir des soins gratuits aux populations vulnérables. Cette dimension sociale, teintée d’une foi chrétienne active, lui confère une aura qui dépasse les cercles médicaux. Femme, épouse, mère, chef d’entreprise et présidente d’association, elle incarne une « force tranquille », employant de nombreux jeunes et servant de modèle à toute une génération.

Ainsi, le sacre du Dr Chantal Tankoua Sunou transcende la simple distinction honorifique. Il consacre un modèle de leadership pluridimensionnel où l’expertise de pointe, la rigueur éthique et l’engagement humaniste s’allient pour bâtir une santé plus performante, plus juste et plus fière de ses racines. Elle laisse en héritage une profession revalorisée, une régulation renforcée et, surtout, l’idée puissante que la médecine camerounaise a les ressources pour innover, briller et soigner, à la hauteur des défis de son temps.

Moussa Hamadou Satou: Le bâtisseur intègre de l’Ordre Médico-Sanitaire Camerounais

Fort de sa légitimité de terrain et d’un mandat axé sur la régulation, la modernisation et la coopération internationale, il œuvre à faire de l’Ordre des Professions Médico-Sanitaires (OPMS) une véritable « maison commune » pour les professionnels de santé au Cameroun.

Moussa Hamadou Satou, président de l’Ordre des Professions Médico-Sanitaires (OPMS).

À la croisée des chemins entre la rigueur clinique, la régulation éthique et le développement sanitaire, l’Ordre des Professions Médico-Sanitaires (OPMS) du Cameroun incarne un pilier discret mais essentiel de notre système de santé. Depuis juin 2024, cette institution stratégique est pilotée par un homme dont le parcours épouse les contours mêmes de son mandat : alliant l’humilité du terrain à la vision d’un réformateur. Moussa Hamadou Satou, Infirmier Supérieur Principal, Master en sciences sociales et désormais Président de l’OPMS, ne se contente pas de présider ; il construit, rénove et ouvre des perspectives nouvelles pour des milliers de professionnels.

Né vers 1973 à Wandai-Mokolo, Moussa Hamadou Satou a forgé son autorité par l’expérience et le mérite. Diplômé d’État en soins infirmiers et titulaire d’un master en santé publique, il a gravi progressivement les échelons, du centre de santé de proximité à la coordination nationale de l’Œuvre Médicale de l’UEEC. Membre du conseil de l’OPMS depuis 2016, puis vice-président de 2021 à 2024, il connaît l’institution de l’intérieur. Cette légitimité du terrain, doublée d’une reconnaissance nationale matérialisée par son élévation au rang de Chevalier de l’Ordre du Mérite Camerounais, fait de lui un président naturel, à l’écoute et déterminé. Un mandat placé sous le signe de l’action structurante Dès son accession à la magistrature suprême, Moussa Hamadou Satou a défini une feuille de route précise, articulée autour de trois piliers majeurs : la régulation, la modernisation et la coopération.

Une régulation renforcée et harmonisée

   Sous son impulsion, l’OPMS a entrepris une révision approfondie des textes régissant la profession, avec un premier document déjà finalisé et un second en cours d’élaboration. Il a également harmonisé et régionalisé les cérémonies de prestation de serment des infirmiers ainsi que les prises d’engagement des sages-femmes et techniciens, donnant à ces rituels une solennité et une uniformité nationale. Par des visites régulières de supervision dans les sections régionales, il assure la déclinaison effective des directives ordinales sur l’ensemble du territoire.

La modernisation institutionnelle et infrastructurelle

   Le président a fait de la construction du siège de l’OPMS un symbole fort de sa gouvernance. Les travaux, activement poursuivis (crépissage, peinture, sécurisation, aménagement des espaces), témoignent de sa volonté de doter l’Ordre d’un cadre digne et fonctionnel. Parallèlement, il œuvre à la digitalisation des processus, à la sécurisation du tableau de l’Ordre et au renforcement des capacités via des formations continues, garantissant ainsi l’actualisation permanente des compétences.

L’ouverture et le rayonnement international

   Conscient que l’excellence se nourrit des échanges, Moussa Hamadou Satou a dynamisé la coopération internationale de l’OPMS. Il a renforcé les liens avec le Conseil International des Infirmières (CII) et le Secrétariat International des Infirmières et Infirmiers de l’Espace Francophone (SIDIIEF). Sa participation active à la conférence internationale du SIDIIEF à Lausanne, sa visite de plaidoyer au CII à Genève et sa contribution au colloque africain de soins infirmiers de Kinshasa positionnent le Cameroun comme un acteur engagé dans les dialogues sanitaires continentaux et mondiaux. Au-delà des réalisations concrètes, c’est l’esprit qui guide son action qui marque les esprits. Moussa Hamadou Satou place l’éthique, le service public et la protection des populations au cœur de son mandat. Son plaidoyer pour l’assainissement de la profession, en veillant à l’inscription obligatoire de tous les praticiens, et son dialogue constructif avec le ministère de la Santé publique illustrent sa détermination à élever les standards et à sécuriser les soins.

Homme de consensus, chrétien engagé, époux et père de famille, il incarne une forme de leadership apaisé mais résolu, où l’autorité morale supplante l’autoritarisme. Sous sa présidence, l’OPMS n’est plus seulement un organe de régulation ; il devient une véritable maison commune pour les professions médico-sanitaires, un levier de développement professionnel et un partenaire incontournable des politiques de santé nationale.

En définitive, Moussa Hamadou Satou bâtit, pierre après pierre, l’édifice d’un ordre professionnel modernisé, respecté et utile. Son action, guidée par l’intégrité et une vision pragmatique, contribue silencieusement mais sûrement à renforcer les fondations d’un système de santé camerounais plus robuste, plus juste et plus proche de ceux qui le servent et le fréquentent.

 Solange Venerande Douanla: Une Présidente à la vision claire

À la tête de l’Ordre National des Opticiens du Cameroun (ONOC) depuis 2021, Solange Venerande Douanla mène une transformation profonde et méthodique du secteur de la santé visuelle.

Solange Venerande Douanla, présidente de l’Ordre National des Opticiens du Cameroun (ONOC).

Dès son accession à la présidence, Solange Venerande Douanla a posé les fondations de cette modernisation en élaborant un Plan Stratégique National de Développement de l’Optique, arrimé à la Stratégie Nationale de Développement (SND30) du gouvernement. Ce cadre, articulé autour de sept axes prioritaires, guide toutes les actions de l’Ordre. Parmi les réalisations majeures, la lutte contre l’exercice illégal de la profession figure en bonne place. Grâce à des opérations coup de poing menées avec l’appui des gouverneurs et du Ministère de la Santé Publique, plus de 150 cabinets clandestins ont été fermés à Yaoundé et Douala entre 2022 et 2024. Pour orienter les populations, l’ONOC publie et diffuse annuellement un annuaire officiel des opticiens autorisés, un outil devenu une référence.

Parallèlement, la présidente œuvre à revaloriser la profession et à sécuriser les soins. Elle a ainsi initié un chantier crucial : l’élaboration d’une norme camerounaise pour le verre ophtalmique, visant à le classer comme dispositif médical, à garantir sa qualité et sa traçabilité, et à faciliter son intégration dans la Couverture Santé Universelle. Des commissions travaillent également à l’harmonisation de la visibilité des cabinets légaux et à la codification des actes médicaux pour une tarification transparente.

La dimension partenariale n’est pas en reste. En janvier 2025, un accord stratégique a été scellé avec l’Africa Ophthalmology Network Foundation (AFROPHTHA). Ce partenariat vise à renforcer les capacités des professionnels, à développer des programmes de prévention et à améliorer l’accès aux soins, notamment en zones rurales. Cette alliance illustre la crédibilité internationale acquise par l’ONOC sous son impulsion.

Enfin, Solange Douanla a placé la communication au cœur de sa stratégie. La création d’un magazine, d’un site web dynamique et des campagnes de sensibilisation régulières ont radicalement changé l’image de l’opticien, désormais perçu comme un professionnel de santé à part entière. Son leadership lui a valu d’être nominée parmi les femmes marquantes du secteur de la santé en 2022.

Ainsi, en quelques années, la présidente de l’ONOC a impulsé une dynamique vertueuse. Son action, alliant fermeté contre les charlatans, innovation normative et puissant plaidoyer, fait de la santé visuelle une priorité nationale et trace la voie vers un Cameroun où une vision de qualité est accessible à tous.

Ordre National des Pharmaciens du Cameroun: Gardien de l’éthique et de la sécurité sanitaire

Au cœur du système de santé camerounais, l’Ordre national des pharmaciens veille sans relâche au respect des règles professionnelles et à la sécurité des patients.

Dr Franck Nana, Président de l’Ordre National des Pharmaciens du Cameroun (ONPC).

Depuis plus de trente ans, l’Ordre National des Pharmaciens du Cameroun (ONPC) constitue la pierre angulaire de la régulation pharmaceutique dans le pays. En effet, cette institution, dont le siège est établi à Yaoundé, veille rigoureusement au respect des normes professionnelles. Comme le stipule la loi n°90-035 du 10 août 1990, « Nul ne peut exercer la profession de pharmacien s’il n’est inscrit au tableau de l’Ordre ». Cette disposition fondamentale souligne le rôle clé de l’ONPC dans la certification des compétences et la protection des citoyens.

Tout d’abord, l’Ordre élabore et fait respecter un code de déontologie exigeant, fondé sur « les principes de moralité, d’honneur, de probité et de dévouement indispensables à l’exercice de la profession ». Par ailleurs, l’ouverture d’une officine est soumise à des conditions précises. Conformément à l’article 4, « Les autorisations accordées par le Conseil de l’Ordre doivent être conformes à la carte sanitaire ». Ainsi, cette mesure vise à optimiser la répartition géographique des pharmacies, en particulier dans les zones rurales mal desservies.

Des prérogatives exclusives et des responsabilités accrues

En outre, le législateur a réservé aux seuls pharmaciens inscrits à l’Ordre des actes essentiels. L’article 13 précise notamment qu’est réservée aux pharmaciens « la préparation, la vente en gros, la vente au détail et toute délivrance au public » des médicaments et produits de santé. Cette exclusivité garantit la qualité et la traçabilité des traitements. À l’inverse, toute violation expose à de sévères sanctions. L’article 16 prévoit ainsi « une amende de 500 000 à 2 000 000 de F CFA, un emprisonnement pouvant aller jusqu’à six mois, ainsi que la fermeture de l’établissement et la confiscation des produits ».

Une structure disciplinaire robuste et indépendante

D’autre part, l’ONPC dispose d’un pouvoir disciplinaire interne considérable. La Chambre de discipline peut prononcer des sanctions graduées, allant de l’avertissement à « la radiation du tableau de l’Ordre » (article 110). De plus, pour assurer l’équité, un système d’appel existe devant une Chambre spécifique. Ces mécanismes renforcent la crédibilité de la profession. Enfin, l’Ordre joue un rôle préventif crucial en contrôlant, selon l’article 19, « la publicité concernant les médicaments et les établissements pharmaceutiques », limitant ainsi les dérives commerciales.

En conclusion, l’Ordre National des Pharmaciens du Cameroun se révèle bien plus qu’une simple organisation professionnelle. Grâce à son cadre législatif solide et son action continue, il assure une régulation efficace, protège la santé publique et maintient la confiance entre les patients et les professionnels de santé. Son rôle reste donc indispensable pour un système pharmaceutique camerounais sûr et fiable.

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SIAPJE MIREILLE

Rédacteur en Chef

Journaliste multimédia, rédactrice en chef du groupe de presse Échos Santé. Spécialisée en santé publique, droits humains et environnement. S’exprime en français et en anglais. Lauréate du Prix Médiation Press Trophies 2014 et du Prix Michel Sidibé 2024.

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