À Garoua-Boulaï, les radios communautaires de l’Est et de l’Adamaoua se mobilisent pour porter le taux de consultations prénatales à 95% d’ici la fin de l’année 2026. L’objectif est clair : éliminer la transmission mère-enfant du VIH, de la Syphilis et de l’Hépatite B.
Dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua, la santé de la mère et de l’enfant s’apprête à connaître un tournant majeur sous l’impulsion du projet M-Reach (Maternal Outreach Initiative). Les 4, 5 et 6 mars 2026, la ville de Garoua-Boulaï a servi de cadre à un atelier de production intensive où une dizaine de spots et de microprogrammes ont été conçus pour briser les barrières géographiques et culturelles. La stratégie repose sur la radio communautaire, arme de proximité redoutable, pour cibler prioritairement la femme enceinte en milieu rural et la jeune adolescente. Ces messages, traduits en langues locales pour être compris par tous, visent à instaurer une nouvelle habitude : celle de la Consultation Prénatale (CPN) précoce et régulière. Il ne s’agit pas seulement d’informer, mais de convaincre que l’hôpital est un sanctuaire de prévention où M-Reach promeut un paquet de services entièrement gratuits, incluant les diagnostics et la prise en charge du VIH, de la Syphilis et de l’Hépatite virale B.
L’implication des conjoints : le chaînon manquant
L’une des innovations majeures de cette campagne réside dans l’interpellation directe des hommes, trop souvent absents du parcours de soin. Les conjoints sont désormais appelés à devenir des acteurs de premier plan en accompagnant leurs partenaires aux séances de CPN. Cette implication vise à améliorer le dépistage des partenaires eux-mêmes, une étape cruciale pour briser la chaîne de transmission des infections. Les chiffres actuels montrent que la couverture en consultations prénatales stagne autour de 69,7 %, et l’ambition du projet est de porter ce chiffre à 95 % d’ici la fin de l’année 2026. Cette montée en puissance est indispensable pour espérer atteindre les objectifs internationaux de l’élimination du VIH et des autres pathologies ciblées, garantissant ainsi un meilleur suivi de la santé maternelle et la protection des populations les plus vulnérables.
Inverser la courbe : l’objectif des « trois 95 »
Pour réussir ce pari, les journalistes et communicateurs ont été formés sur les défis de la réduction de la transmission de la mère à l’enfant (PTME). La stratégie ne se limite pas aux murs de l’hôpital : le déploiement prévoit des opérations de dépistage à domicile et des CPN en communauté pour aller au-devant des femmes isolées. Un diagnostic précoce suivi d’une mise sous traitement immédiate est au cœur du dispositif. Au-delà de l’aspect médical, cette initiative est un levier de protection sociale. En renforçant le suivi de la santé maternelle, M-Reach protège les générations futures en assurant que les enfants naissent sains. Le succès de cette mobilisation repose désormais sur la fréquence de diffusion de ces messages sur les ondes. Les médias communautaires, ponts entre la médecine et les traditions, ont désormais les outils pour faire de la santé maternelle une priorité absolue au cœur de chaque foyer des régions de l’Est et de l’Adamaoua.













































































































































































































































































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