Plus de 400 000 enfants sont touchés par la malnutrition aiguë au Cameroun en 2025. Les acteurs humanitaires appellent à une mobilisation renforcée pour éviter une aggravation de la crise.
La malnutrition infantile demeure l’une des crises sanitaires les plus préoccupantes au Cameroun. En 2025, les estimations issues des partenaires techniques du gouvernement indiquent que plus de 400 000 enfants souffrent de malnutrition aiguë, dont environ 150 000 cas sévères nécessitant une prise en charge urgente. Les enfants de moins de cinq ans sont les plus exposés, leur développement physique et cognitif dépendant d’une alimentation adéquate et régulière.
Selon l’UNICEF, un enfant atteint de malnutrition aiguë sévère présente un risque de mortalité jusqu’à onze fois plus élevé qu’un enfant bien nourri. Les données les plus récentes montrent qu’environ 30 % des enfants de moins de cinq ans au Cameroun souffrent de retard de croissance, tandis que près de 11 % présentent une insuffisance pondérale. L’Organisation mondiale de la santé souligne par ailleurs que la malnutrition est un facteur sous-jacent dans près de la moitié des décès d’enfants de moins de cinq ans dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation préoccupante. L’insécurité persistante dans certaines régions, notamment l’Extrême-Nord, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, a entraîné le déplacement de nombreuses familles et fragilisé leurs moyens de subsistance. À cela s’ajoutent les effets du changement climatique, marqués par des sécheresses et des inondations qui perturbent les cycles agricoles et réduisent la disponibilité des denrées alimentaires. La hausse des prix des produits de base complique davantage l’accès à une alimentation diversifiée pour les ménages vulnérables.
Face à cette urgence, des organisations comme Médecins Sans Frontières et l’UNICEF déploient des programmes de prise en charge nutritionnelle. Ces interventions incluent la distribution d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi, le dépistage communautaire des enfants à risque, la supplémentation en micronutriments et la formation des mères aux bonnes pratiques d’alimentation infantile. Des campagnes de sensibilisation encouragent également l’allaitement maternel exclusif et l’amélioration de l’hygiène domestique.
Malgré ces efforts, les partenaires humanitaires alertent sur l’insuffisance des financements disponibles pour couvrir l’ensemble des besoins. Les appels de fonds pour la nutrition restent partiellement satisfaits, limitant l’extension des programmes dans les zones les plus touchées. Les experts plaident pour une augmentation des investissements publics dans la nutrition et une meilleure coordination entre les secteurs de la santé, de l’agriculture et de la protection sociale.
Au-delà de l’urgence, les perspectives reposent sur des solutions durables. Le renforcement des systèmes alimentaires locaux, le soutien aux petits producteurs et l’intégration de la nutrition dans les politiques publiques sont considérés comme des leviers essentiels. L’implication des communautés et l’éducation des jeunes aux enjeux nutritionnels pourraient également contribuer à rompre le cycle intergénérationnel de la malnutrition.
La crise actuelle pose une question centrale aux décideurs et aux partenaires techniques. Comment garantir à chaque enfant camerounais un accès équitable à une alimentation suffisante et nutritive. La réponse déterminera non seulement la santé des générations futures, mais aussi le développement économique et social du pays.













































































































































































































































































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