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MAROUA : l’eau, un combat quotidien à Doualaré

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Dans le quartier Doualaré à Maroua, l’accès à l’eau potable est devenu un véritable parcours du combattant pour les populations. Entre pénurie persistante, longues files d’attente et solutions précaires, les habitants vivent un calvaire qui rythme leur quotidien dans une région frappée par une sécheresse intense.

À Doualaré, l’eau est devenue un luxe. Dans ce quartier de Maroua, les habitants doivent se battre chaque jour pour accéder à quelques litres d’eau, dans un contexte de forte sécheresse qui frappe toute la région de l’Extrême-Nord. Entre files d’attente interminables, robinets à sec et dépendance aux forages, la quête de cette ressource vitale rythme désormais la vie des populations.

Dès les premières heures de la journée, femmes, enfants et jeunes se dirigent vers les rares points d’eau disponibles. Autour des puits et des forages, des files d’attente interminables se forment. Des dizaines de bidons jaunes, soigneusement alignés, matérialisent un ordre strict que chacun doit respecter. Ici, la patience est une règle imposée. L’attente peut durer plusieurs heures, parfois toute une matinée, pour espérer remplir quelques récipients.

Maidayang, étudiante à l’Université de Maroua, décrit un quotidien difficile à concilier avec ses études. « Je me réveille souvent à 4 heures pour venir déposer mes bidons. Si je ne le fais pas, je peux passer toute la journée sans eau. Cela joue sur mes cours et ma concentration », confie-t-elle, visiblement épuisée.

Dans certains secteurs de Doualaré, l’approvisionnement dépend aussi des citernes de la Camwater. Ces ravitaillements ponctuels apportent un soulagement temporaire, mais restent insuffisants face à la demande croissante. À chaque passage, c’est une ruée vers l’eau, où chacun tente de sécuriser sa part avant l’épuisement des réserves.

Hamadou Baba, habitant du quartier, évoque une situation qui dure depuis trop longtemps. « On ne peut pas continuer comme ça. L’eau, c’est la vie. On passe plus de temps à chercher de l’eau qu’à travailler pour nourrir nos familles », déplore-t-il.

La crise de l’eau impacte également les établissements scolaires de la localité. Dans certaines écoles de Doualaré, les robinets sont à sec depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Les élèves sont ainsi contraints de venir en classe avec des bouteilles d’eau, non seulement pour s’hydrater, mais aussi pour faire face aux besoins essentiels de la journée. Une situation qui complique davantage les conditions d’apprentissage dans un environnement déjà marqué par de fortes chaleurs.

Les formations sanitaires ne sont pas épargnées. Dans plusieurs centres de santé du quartier, le constat est tout aussi alarmant : l’eau ne coule pas. Une réalité qui complique les soins et met en difficulté le personnel médical, obligé de recourir à des solutions alternatives pour assurer un minimum d’hygiène.

Aissatou Didi, vendeuse de beignets, explique l’impact direct sur ses activités. « Sans eau, je ne peux pas travailler correctement. Je dois parfois acheter de l’eau à des prix élevés, ce qui réduit mes bénéfices. Pourtant, c’est avec ça que je fais vivre mes enfants », raconte-t-elle.

Du côté des professionnels de santé, l’inquiétude est également palpable. Christophe, personnel de santé, alerte sur les dangers liés à cette situation. « Le manque d’eau favorise les maladies. Quand les populations n’ont pas accès à une eau propre, les risques d’infections augmentent. C’est un véritable problème de santé publique », souligne-t-il.

Face à cette crise, l’espoir repose en partie sur les projets en cours. Les travaux d’installation d’un nouveau château d’eau ainsi que les branchements Camwater, inscrits dans le cadre des initiatives impulsées par le Chef de l’État, suscitent de nombreuses attentes. Ces infrastructures devraient, à terme, permettre un accès plus facile et plus rapide à l’eau potable pour les populations de Doualaré.

Mais en attendant leur finalisation, la souffrance persiste. Entre résignation et espoir, les habitants continuent de s’adapter tant bien que mal à cette réalité difficile. Tous expriment un même souhait : voir enfin couler l’eau dans leurs robinets et mettre un terme à ce calvaire quotidien.

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Samuel Adjewa

Journaliste communicateur

Samuel Adjewa est journaliste-communicateur basé à l’Extrême-Nord du Cameroun. Il est correspondant régional du groupe Échos Santé dans cette partie du pays. Il est actuellement en Master 2 en communication des organisations à l’Université de Maroua. Il a collaboré avec plusieurs médias et ONG nationales et internationales, notamment dans la production de contenus radio et documentaires. Son travail s’intéresse particulièrement aux questions de santé, de développement local et de communication institutionnelle.

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