Une délégation conjointe du ministère de la Santé publique et du ministère de la Recherche scientifique a effectué une visite au siège de l’Association Nationale des Tradi-praticiens de Santé (ANTRASA) à Douala. Objectif : évaluer ses capacités et envisager la signature d’une convention formelle de partenariat.
Le paysage sanitaire camerounais était en ébullition le mercredi 18 février 2026 à Douala,. Une importante délégation conjointe du ministère de la Santé Publique et du ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation s’est rendue au siège national de l’Association Nationale des Tradi-praticiens de Santé (ANTRASA). Cette visite de terrain s’inscrit dans un processus administratif et stratégique de haute importance, déclenché par la lettre de demande de renouvellement d’accord introduite par l’association en juillet 2025. L’objectif premier de cette descente était de mener une inspection minutieuse des capacités opérationnelles de l’institution.
Les émissaires de la Direction de la coopération ont ainsi passé au crible les instruments de pilotage qui régissent l’association, notamment la conformité des textes organiques, la pertinence du plan d’action et l’impact réel des activités réalisées au cours des dernières années. Cette évaluation technique, doublée d’une visite approfondie des locaux du bureau national, visait à s’assurer que l’ANTRASA demeure un partenaire fiable, capable de répondre aux exigences de santé publique et aux standards de sécurité sanitaire imposés par l’État. En scrutant la gouvernance interne de cette organisation, le gouvernement réaffirme sa volonté d’institutionnaliser la médecine traditionnelle en lui offrant un cadre de contrôle rigoureux mais encourageant.
De la collaboration à la convention : Le saut qualitatif
L’issue de cette séance de travail marque une victoire diplomatique et technique majeure pour les acteurs de la médecine non conventionnelle au Cameroun. À la suite de l’examen des dossiers et de la visite des infrastructures, la direction de la coopération a exprimé une vive satisfaction quant au sérieux et au professionnalisme de l’ANTRASA. Cette reconnaissance ne se limite pas à une simple reconduction des acquis ; elle ouvre la voie à une évolution statutaire historique. En effet, l’administration a accueilli favorablement la proposition de l’association de transiter d’un simple accord de collaboration vers une convention de partenariat formelle avec le ministère de la Santé.
Ce changement de paradigme juridique est fondamental : là où l’accord créait un lien de reconnaissance, la convention établit un cadre de co-action structuré, permettant une meilleure intégration des soins traditionnels dans la stratégie nationale de santé. Razak Ouba, Président de l’ANTRASA, n’a pas caché son enthousiasme au terme des échanges, soulignant que les discussions s’étaient déroulées dans un climat de confiance mutuelle. Selon lui, cette avancée place les deux parties sur la trajectoire d’un partenariat « gagnant-gagnant », où l’expertise ancestrale est validée par la rigueur administrative pour le plus grand bénéfice des patients camerounais qui cherchent une alternative crédible et sécurisée.
Un maillage territorial au service de la santé publique
L’importance de cette rencontre dépasse le cadre d’une simple formalité administrative pour toucher au cœur de l’accès aux soins de proximité. L’ANTRASA se distingue par un déploiement géographique exceptionnel, étant représentée de manière structurée dans les dix régions du Cameroun et disposant de ramifications au-delà des frontières nationales. Cette présence capillaire sur l’ensemble du territoire en fait un allié stratégique pour le MINSANTE dans sa quête de couverture santé universelle. En renforçant les liens avec une organisation aussi étendue, l’État s’assure que les standards de qualité et les principes éthiques de la médecine traditionnelle sont diffusés jusqu’aux zones les plus reculées du pays.
La présence du ministère de la Recherche Scientifique souligne par ailleurs l’ambition de transformer ces savoirs en une véritable filière d’innovation, où la plante médicinale devient un produit de santé certifié. Ce partenariat renouvelé promet d’accélérer la recherche sur les pharmacopées locales, de protéger les droits de propriété intellectuelle des praticiens et de garantir que la médecine traditionnelle camerounaise devienne un levier de développement économique et scientifique. C’est donc un signal fort envoyé à la communauté internationale : le Cameroun assume son identité thérapeutique tout en l’arrimant à la modernité.













































































































































































































































































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