Du banc de l’école publique de Nkoho à son rôle d’expert planétaire pour l’OMS, le Professeur Choukem Siméon Pierre incarne une success story camerounaise hors norme. Ce médecin interniste et endocrinologue, formé dans les prestigieux hôpitaux parisiens et les universités d’Oxford et Cambridge, a choisi de revenir au pays pour y bâtir une médecine d’excellence. Doyen fondateur de la Faculté de Médecine de Dschang, lauréat de multiples distinctions internationales et leader de la lutte contre le COVID-19, il allie humblement science de pointe et engagement pour les générations futures.
Le Professeur Choukem Siméon Pierre représente aujourd’hui la quintessence de la réussite académique et professionnelle. Son parcours débute au Lycée de Dschang où il décroche un Baccalauréat D, mention Bien en 1991, avant d’intégrer le prestigieux CUSS (actuellement FMSB) de l’Université de Yaoundé 1. Après son doctorat en médecine en 1998, le jeune médecin effectue un stage pratique de deux ans à l’hôpital de district d’Abong Mbang, dans la région de l’Est du Cameroun – une expérience qu’il qualifie avec humour de “parcours de combattant”. En 2000, il réussit le concours d’entrée en spécialisation et entame une formation de quatre ans en médecine interne.
Sa soif de connaissance et son excellence académique lui valent une bourse du prestigieux Collège de Médecine des Hôpitaux de Paris en 2004. C’est le début d’une carrière internationale exceptionnelle qui le mènera successivement à l’Hôpital Saint-Louis de Paris, où il occupera les postes de Chef de Clinique et d’enseignant à la Faculté de Médecine de l’Université de Paris 7, ainsi que de médecin-chercheur à l’INSERM.
Le retour au pays et la consécration
En 2008, faisant preuve d’un patriotisme remarquable, le Dr Choukem décide de rentrer au Cameroun où il est affecté à l’Hôpital Général de Douala. Son expertise est rapidement reconnue puisqu’il est recruté en 2010 à la Faculty of Health Sciences de l’University of Buea. La consécration suprême intervient en 2013 lorsqu’il est admis au concours français de Professeur des Universités – Praticien Hospitalier (PU-PH), devenant ainsi l’un des deux seuls Camerounais à avoir réussi cet exploit cette année-là. Cette réussite honore non seulement sa famille mais tout le groupement Bafou qui voit en lui un modèle d’excellence.
Un expert mondial du diabète
Aujourd’hui, le Professeur Choukem est reconnu comme une autorité mondiale dans le domaine du diabète et des maladies métaboliques. Sa désignation comme expert de l’OMS dans le Groupe technique consultatif sur le diabète en 2022-2023 témoigne de son expertise internationale incontestée. Ses recherches, principalement concentrées sur le diabète, l’obésité et les maladies métaboliques, lui ont valu plusieurs distinctions prestigieuses : Prix Raymond Berger pour la recherche sur le diabète (Lausanne, 2008), Prix jeune Chercheur francophone (Paris, 2009), Albert Reynolds Fellowships à l’Université d’Oxford (2012).
Bâtisseur institutionnel et leader visionnaire
En janvier 2018, il devient le Doyen fondateur de la Faculté de Médecine et des Sciences Pharmaceutiques de l’Université de Dschang, où il déploie une énergie remarquable pour structurer l’enseignement médical au Cameroun. Parallèlement, il occupe le poste de Head of Department of Internal Medicine and Specialties depuis 2019. Pendant la pandémie de COVID-19, il préside la Taskforce de l’Université de Dschang pour l’élimination du coronavirus (UNITED#COVID-19), démontrant sa capacité à gérer des crises sanitaires majeures et son leadership exceptionnel.
Une production scientifique impressionnante
Le Professeur Choukem est l’auteur d’une œuvre scientifique considérable, avec plus de 30 publications dans des journaux scientifiques internationaux de renom. Sa philosophie concernant la recherche est éloquente : “Ce n’est pas tant le nombre de publications qui importe, mais leur qualité”. Il compare les publications scientifiques à des maisons : “Je crois que vous préféreriez avoir 2 duplex plutôt que 20 taudis !” Dans ses loisirs, il apprécie le cinéma, la lecture de développement personnel et les voyages qui, selon lui, “donnent énormément de bonheur, ouvrent l’esprit et poussent à rêver et réfléchir”.
Vision et héritage
Pour lui, le titre de professeur agrégé n’est pas un “sceptre” mais un “pass” pour engager de nouveaux combats. Son ambition : contribuer à l’amélioration des soins aux patients, de la qualité de l’enseignement et de la recherche au Cameroun. Dans son message à la jeunesse, il insiste sur l’importance du rêve : “Dans un continent pauvre comme le nôtre, l’absence de rêve est autant, sinon plus que le manque d’argent, la cause majeure d’échec à grande échelle.”
Un modèle pour la jeunesse africaine
Le Professeur Choukem Siméon Pierre représente cette nouvelle génération de scientifiques camerounais qui, forts d’une formation internationale d’excellence, ont choisi de mettre leurs compétences au service du développement de leur pays. Son parcours démontre qu’avec de la persévérance, de l’humilité et une vision claire, rien n’est impossible. Il incarne parfaitement cette maxime qu’il affectionne : “La moisson est abondante, mais ce sont les ouvriers qui manquent”, tout en rappelant que “l’intelligence est uniformément répartie dans le monde”, mais que c’est “le rêve d’innover et d’accomplir de grandes choses, la volonté et l’ardeur au travail, et la persévérance dans le temps” qui font la différence. Aujourd’hui, à travers ses multiples responsabilités nationales et internationales, le Professeur Choukem continue d’écrire une page importante de l’histoire médicale du Cameroun, prouvant que l’excellence africaine n’a rien à envier au reste du monde.
Elvis Serge NSAA












































































































































































































































































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