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PANORAMA

Routes abîmées et santé : un duo à risque dans l’Adamaoua

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Nids-de-poule et longs trajets détruisent les denrées périssables et menacent la population.

Les transporteurs terrestres du Cameroun viennent de séparer à Ngaoundéré pour leur sixième assemblée générale ordinaire. Réunis sous l’égide du Groupement des transporteurs terrestres du Cameroun (GTC), ces professionnels du secteur, accompagnés de collègues venus de 9 autres pays africains, ont formulé des doléances pour sauver un secteur vital de l’économie nationale, asphyxié par la dégradation alarmante des routes.

Au cœur des débats, Ibrahima Yaya, président du GTC, a lancé un vibrant plaidoyer pour une amélioration urgente du réseau routier camerounais. « Nos routes sont devenues un calvaire quotidien, avec une dégradation sans précédent qui met en péril les vies et les biens », a-t-il déclaré en présence d’une délégation internationale et des autorités administratives de la région de l’Adamaoua. Les axes les plus critiques pointés du doigt incluent Ngaoundéré-Garoua, Mora-Kousseri, Garoua-Boulai-Bertoua, Douala-Bafoussam, Edea-Kribi, Ebolowa-Akom 2-Kribi, Ngaoundéré-Tignere frontière Nigeria, Banyo-Galim-Tignere. Ces artères, essentiels au commerce interrégional et au fret, sont émaillées de nids-de-poule géants, de glissements de terrain et d’éboulements, particulièrement aggravés par les pluies torrentielles des saisons passées.

Les conséquences sont dramatiques. Les accidents mortels se multiplient collisions frontales, dérapages incontrôlables et chutes de véhicules ont fait des dizaines de victimes ces derniers mois. « Chaque voyage est un pari avec la mort », témoigne un chauffeur de camion. Parallèlement, la destruction des marchandises est endémique. Fruits, légumes, céréales et produits manufacturés arrivent invariablement abîmés ou pourris, générant des pertes estimées à des millions de francs annuellement. Selon Pascal Ghoma, enseignant-chercheur à l’Université de Ngaoundéré, les longues heures de transport des denrées périssables peuvent être à l’origine de la dégradation de leurs qualités nutritives. Ce qui est à l’origine de cas d’intoxication alimentaire. Face à la dégradation des routes, les populations font aujourd’hui face à la flambée des prix des denrées alimentaires. A Kousseri par exemple, les prix des fruits et autres produits manufacturés ont connu une augmentation vertigineuse. Ce qui limite l’accès des consommateurs à ces produits pourtant conseillés. « Ici, manger des fruits n’est plus donné à n’importe qui. Les camionneurs sont contraints de transiter par le Tchad du fait du mauvais état de la route et de l’insécurité entre Mora et Kousseri. Nous partons acheter les fruits au Tchad désormais et c’est pénible », confie Felix, habitant de Kousseri, joint au téléphone.

Au-delà des routes, les transporteurs ont évoqué d’autres maux, les tracasseries routières. « Les tracasseries policières ont un impact négatif. Aujourd’hui, le Tchad veut aller en Guinée-Équatoriale, le Tchad veut aller au Congo. Tout ça, c’est le problème de tracasserie qui amène les gens à penser une alternative ».

Pour les chauffeurs, les tracasseries routières sont à l’origine de stress et sources d’accidents. « Dès que vous prenez la route, vous êtes tellement stressés, parce que même si vous êtes à jour avec vos papiers, les agents envoyés en route n’ont pour but que de vous prendre de l’argent. Le moindre refus devient un problème et parfois les éléments n’hésitent pas à vous humilier », indique un chauffeur.

Les travaux qui se sont achevés ont débouché sur des propositions à l’endroit du gouvernement dans la logique d’améliorer les rapports entre les transporteurs sur les corridors mais également sur l’amélioration du réseau routier. Dans un pays où le transport routier assure 80% des échanges intérieurs, l’appel des transporteurs résonne comme un cri d’alarme pour le développement socio-économique et du bien-être des populations. Cette 6ème assemblée générale ordinaire couplée à la 3ème édition des GTTC Awards ont permis de distinguer les meilleurs acteurs du transport au cours de l’année écoulée.

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Jean Besane Mangam qui cumule plus de 5 ans d’expérience. Titulaire d’un Master en Histoire et d’un certificat en documentation et archivistique, et correspondant de Echos Santé dans l’Adamaoua depuis 2020. Il a à son actif plusieurs certifiants en journalisme et le fact-checking dont Africa Fact Checking fellowship, Desinfox Afrique Cameroun, Code for Africa et Internews (vaccins et grands singes). Boursier de la Thomson Reuters Foundation / Fonds Mondial, Dakar 2024 mais aussi lauréat de plusieurs prix, Banque Mondiale en 2018, CDC/ Épicentre/CCOUSP en 2021 et Victoria International Media Merit Award en 2022.

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