Excès de sucre, excès de sel, excès d’aliments ultra-transformés…autant d’excès qui crée un cocktail dangereux dans l’organisme, et le détruit à petit feu. Il est temps d’agir et sauver les vies d’aujourd’hui et demain.
Au Cameroun, la menace ne vient plus seulement des maladies infectieuses ou de la cigarette. Elle se cache désormais dans nos plats. Excès de sucre, de sel et omniprésence des produits ultra-transformés dessinent aujourd’hui une crise nutritionnelle sans précédent.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes et font froid dans le dos. Selon les données les plus récentes, une personne sur quatre au Cameroun est en surpoids. Chez les plus jeunes, la situation est critique : 60 % des élèves âgés de 6 à 11 ans souffraient de caries dentaires en 2016, un chiffre qui a quasiment doublé en deux ans.
Ces indicateurs sont le symptôme d’un mal plus profond : les Maladies Non Transmissibles (MNT). Diabète, hypertension artérielle, obésité et pathologies cardiaques sont devenus des « tueuses silencieuses » responsables de 43 % des décès dans le pays. Plus frappant encore, Gustave Iyong, représentant du Premier Ministre, souligne que depuis 2016, les mauvaises habitudes alimentaires ont détrôné le tabac en tant que premier facteur de risque.
Face à cet état de lieux, il plus qu’urgent que la population se réveille. Qu’elle adopte des habitudes saines afin de sauver des vies et mettre fin à ses tueuses silencieuses. A cet effet, il est important d’apprendre à consommer intentionnellement des fruits et légumes issus de l’agriculture locale saine ; de réduire considérablement la consommation de produits alimentaires emballés malsains ; de boire beaucoup d’eau, des thés non sucrés ou naturellement sucrés, du lait à base de plantes non sucré. Eviter de manger ou boire des aliments qui contiennent des quantités excessives de : sucre, de sel, de calories, de graisses saturées.
Pour les spécialistes de l’association RADA (Réconciliation et Développement), qui a organisé le 1er symposium national contre les MNT du 8 au 9 avril 2026, la volonté individuelle ne suffit plus. Le gouvernement doit entrer dans la danse.
L’adoption de mesures fortes comme l’étiquetage nutritionnel obligatoire et l’instauration d’une taxe santé sur les produits ultra-transformés est primordiale. Il ne s’agit plus seulement de conseiller les populations, mais de réguler un marché qui sature l’espace public de produits toxiques à petit feu.
Prendre conscience de l’enjeu sanitaire aujourd’hui, c’est s’offrir une chance de vivre demain. L’alimentation ne doit plus être un acte machinal, mais une décision politique et personnelle. Car si la cigarette tue, notre fourchette, lorsqu’elle est mal orientée, semble désormais plus prompte à creuser notre tombe. Il est temps de remettre le vivre sain au menu de chaque famille camerounaise.












































































































































































































































































