Alors que le 158e Conseil Exécutif de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) s’est réuni le mardi 3 février 2026 à Genève, le ministre de la Santé Publique s’est imposé comme le porte-étendard d’une vision africaine de la santé et de manière spécifique de l’importance de la mise en œuvre de la Couverture Santé Universelle.

Pour une Afrique pragmatique, souveraine et centrée sur l’humain, le ministre de la Santé Publique, Dr Manaouda Malachie a fait entendre la voix du Cameroun en particulier et de l’Afrique en Général le mardi 3 févier 2026 à Génève en Suisse au cours du Conseil Exécutif de l’Organisation Mondiale de la Santé.
Dès l’ouverture des travaux, la délégation camerounaise, conduite par le Ministre de la Santé Publique, le Dr Manaouda Malachie émissaire spécial du Président de la République, S.E. Paul Biya a marqué les esprits. Loin des discours de convenance, le Cameroun a apporté une contribution dense, ancrée dans les réformes structurelles engagées depuis 2023.
La CSU : Le fer de lance de la stratégie camerounaise
Le moment fort de cette journée a sans conteste été l’intervention du Dr Manaouda Malachie sur la Couverture Santé Universelle (CSU). Pour le Minsanté, il ne s’agit plus de théoriser, mais de témoigner. Depuis le lancement de la phase pilote au Cameroun, le pays a vu sa demande de soins augmenter de manière significative, prouvant que lorsque les barrières financières tombent, les citoyens se réapproprient le système de santé. « La CSU n’est pas un luxe, c’est une nécessité impérieuse pour la stabilité de nos nations », a laissé entendre le Ministre.
Le Dr Manaouda a détaillé les avancées tangibles qui font aujourd’hui du Cameroun un laboratoire de réussite en Afrique centrale. Il a notamment évoqué : une offre de soins structurée et une montée en puissance du plateau technique ; une équité renforcée, intégrant désormais la prise en charge des maladies rares. Et enfin, un cadre législatif audacieux, marqué par l’adoption historique de la loi sur la transplantation d’organes et de tissus, ouvrant la voie à une médecine de pointe accessible à tous.
Toutefois, le Ministre a fait preuve d’une franchise saluée par ses pairs en évoquant les défis persistants. La mobilisation des ressources locales demeure le nerf de la guerre. Si le financement national est désormais effectif, le Cameroun plaide pour une synergie entre les budgets étatiques, le secteur privé et la solidarité internationale pour garantir la pérennité du modèle.
Vaccination et intelligence artificielle : Anticiper les crises de demain
Au-delà de la CSU, le Cameroun a porté la voix des 47 États membres de la Région africaine de l’OMS sur les enjeux technologiques. Face à la montée de l’intelligence artificielle (IA) et de la santé numérique, le Dr Manaouda Malachie a appelé à une « révolution éthique ». L’Afrique est prête pour le numérique, mais elle exige une gouvernance stricte des données pour protéger la vie privée de ses citoyens et lutter contre la cybercriminalité.
Sur le front de la vaccination, le constat est lucide : l’Agenda Vaccination 2030 subit les contrecoups du changement climatique et des crises humanitaires. Le Ministre a appelé à un “sursaut collectif” pour que l’équité vaccinale ne soit pas qu’un slogan, mais une réalité logistique permettant à chaque enfant, du Sahel à la forêt équatoriale, d’être protégé.
Un leadership africain décomplexé
La présence du Dr Manaouda Malachie à Genève symbolise ce nouveau leadership camerounais : discret mais constant, technique mais politique. En s’alignant sur les positions régionales portées par le Togo tout en apportant l’expertise spécifique du Cameroun, le Ministre a démontré que l’Afrique ne se contente plus de subir les orientations mondiales. Elle les façonne.
En quittant l’enceinte de l’OMS le 3 février 2026, le message laissé par le Cameroun est clair : la santé de demain sera universelle, numérique et, surtout, portée par un engagement politique qui ne laisse personne au bord du chemin. Pour le Dr Manaouda Malachie, le combat continue, avec l’assurance d’un pays qui sait où il va et d’un continent qui se donne enfin les moyens de ses ambitions.
Signalons que la 158ème session du Conseil Exécutif de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) démarré le 2 février dernier, s’achève le samedi 7 février prochain. En rappel, le Conseil Exécutif de l’OMS est composé de 34 membres techniquement qualifiés dans le domaine de la santé. Ses membres sont élus pour trois ans.
Réaction :
Dr Manaouda Malachie, ministre de la Santé Publique.
« La région Afrique encourage le renforcement de la surveillance post-élimination des MTN »

« J’ai l’honneur de prendre la parole au nom des 47 États membres de la région africaine de l’OMS. La région Afrique félicite le Directeur Général pour son rapport et prend note des progrès réalisés dans la lutte contre les maladies transmissibles, et particulièrement pour les domaines de la vaccination, des maladies tropicales négligées et de la tuberculose. Monsieur le Président, s’agissant de la vaccination, le bilan à mi-parcours, publié en novembre 2025, confirme la pertinence de l’agenda de la vaccination à l’horizon 2030, mais montre que son contexte de mise en œuvre a profondément changé.
La pandémie de COVID-19, les crises humanitaires, le changement climatique et la baisse des financements ont durablement fragilisé nos systèmes de santé. Ainsi, pour la région Afrique, il est important de réengager le monde autour de cet agenda, de placer l’Afrique au centre de l’équité vaccinale, d’encourager un financement international et domestique plus prévisible. Concernant les MTN, la mise en œuvre de la feuille de route 2021-2030 a connu des avancées dans les pays et sur les aspects de contrôle, de l’élimination et de l’éradication.
Afin de consolider ces acquis, la région Afrique encourage le renforcement de la surveillance post-élimination des MTN, la collaboration transfrontalière, le plaidoyer pour la mobilisation des ressources domestiques et la multisectorialité. Pour ce qui est de la lutte contre la tuberculose, la région Afrique a réussi à réduire l’incidence et la mortalité liées à cette maladie grâce à l’accompagnement renforcé de l’OMS. Toutefois, l’Afrique supporte encore 25% de la charge mondiale de la tuberculose.
Aussi, elle plaide donc pour un renforcement des capacités de diagnostic et de financement. E, clair, la région Afrique réaffirme son engagement à continuer vigoureusement la lutte contre les maladies transmissibles. Je vous remercie pour votre bienveillance et attention.
S’agissant de la Couverture Santé Universelle, le Cameroun s’allie sur les déclarations régionales prononcées sur ces points au nom de la région africaine de l’OMS. Le Cameroun félicite l’auditeur général de l’OMS pour ses rapports qui résument les progrès réalisés dans le domaine de la Couverture Santé Universelle, notamment adossée sur les soins de santé primaire.
Le Cameroun a commencé d’ailleurs à l’implémentation de la Couverture Santé Universelle en 2023. Le bilan à mi-parcours note des progrès qui sont déterminants sur les plans de la demande et de l’offre de soins, avec une baisse considérable du taux de mortalité maternelle et infanto-juvénile. Le projet de loi sur la transplantation de tissus et d’organes a été adopté par le Cameroun.
L’inclusion et l’équité dans la prise en charge des maladies rares s’améliorent. La mobilisation locale des ressources est effective, bien qu’elle soit encore insuffisante et limitée. Aussi, le Cameroun plaide pour un renforcement de la volonté politique en faveur de la Couverture Santé Universelle, en traduisant cet engagement en actions concrètes telles que des politiques, des cadres réglementaires et une gouvernance renforcée par le biais d’approches fondées sur des données scientifiques probantes et évidentes.
Un plaidoyer en faveur de l’engagement financier national, public, privé et international afin d’allouer des fonds suffisants à la Couverture de Santé Universelle est effectué. Le Cameroun prend donc note du rapport et réaffirme son engagement à accompagner la mise en œuvre de la Couverture Santé Universelle, des soins de santé primaire et des soins de santé centrés sur la personne ».












































































































































































































































































