Face aux crises sanitaires et écologiques imbriquées, quatre agences onusiennes lancent un plan d’action conjoint 2022-2026.
Et si la clé pour prévenir la prochaine pandémie se nichait dans la santé d’une forêt, dans le bien-être d’un élevage ou dans la qualité des eaux d’une rivière ? Cette intuition, longtemps défendue par des scientifiques, devient aujourd’hui le cœur d’une stratégie mondiale.
En effet, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) unissent leurs forces. Leur plan d’action conjoint « Une seule santé » pour 2022-2026 marque une étape décisive. Il s’agit, ni plus ni moins, de traduire en actes concrets un principe désormais urgent : les santés humaine, animale et des écosystèmes sont inextricablement liées.
Une approche née d’un constat implacable
Ce plan ambitieux émerge d’un triple constat. Premièrement, 75% des maladies infectieuses émergentes chez l’humain sont d’origine animale, comme l’a cruellement rappelé la COVID-19. Ensuite, la résistance aux antibiotiques, favorisée par leur usage excessif chez l’animal comme chez l’homme, menace de rendre inefficaces des traitements essentiels. Enfin, la déforestation, la pollution et le changement climatique déstabilisent les écosystèmes, rapprochant faune sauvage, bétail et populations humaines, et accroissant les risques de « débordement » viral.
Ainsi, le plan quadripartite ne se contente pas de réagir aux crises. Il vise à les prévenir en s’attaquant à leurs racines communes. Pour cela, il s’articule autour de six piliers interdépendants : renforcer les systèmes de santé, lutter contre les zoonoses et les résistances antimicrobiennes, intégrer l’environnement dans l’équation sanitaire, et surtout, construire des capacités durables dans tous les pays.
Du global au local : un cadre pour l’action
Concrètement, ce plan fournit un cadre stratégique pour harmoniser les efforts. Par exemple, il promeut la surveillance intégrée des maladies : un même agent pathogène sera tracé chez l’animal sauvage, le bétail et l’humain via des systèmes de données interconnectés. De même, il encourage une gestion durable des terres et de l’eau pour réduire les contacts à risque et préserver la biodiversité, notre meilleure assurance santé.
Par ailleurs, le succès repose sur une collaboration inédite. Il ne s’agit plus que les vétérinaires, les médecins, les agronomes et les environnementalistes travaillent en silos. Le plan appelle à briser ces murs disciplinaires et institutionnels, tant au niveau des gouvernements que sur le terrain. Les communautés locales, premières sentinelles des changements écologiques et sanitaires, sont également placées au centre de cette démarche.
Toutefois, cet idéal de synergie se heurte à des défis de taille : le manque de financements dédiés, les faiblesses des systèmes de santé dans de nombreux pays, et la difficulté à aligner des politiques publiques souvent sectorielles. C’est pourquoi le plan insiste sur la nécessité d’un engagement politique fort et d’investissements pérennes, considérés non comme une dépense, mais comme un pilier essentiel de la sécurité mondiale.
En définitive, le plan « Une seule santé » 2022-2026 représente plus qu’une feuille de route technique. Il incarne un changement de paradigme philosophique. Il nous invite à comprendre que notre propre bien-être est conditionné par celui du vivant dans sa globalité. Sa mise en œuvre exigeante est un test crucial de notre capacité collective à forger un avenir où la santé, enfin, ne serait plus un privilège sectoriel, mais le fondement d’un écosystème planétaire équilibré et résilient.









































































































































































































































































