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5ᵉ campagne nationale de distribution de MILDA : la société civile au secours des populations vulnérables

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Lors de la 5ᵉ campagne nationale de distribution de masse des moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (MILDA), les enfants des orphelinats, les populations autochtones vivant dans des zones reculées, les personnes en situation de handicap et les familles de déplacés internes ont enfin pu bénéficier de cette protection essentielle.

« La pauvreté et le paludisme marchent très souvent main dans la main. La plupart du temps, où l’un s’installe, l’autre prospère ».  En bon père de famille, appliquant la vision du Président de la République, Paul Biya, le Dr Manaouda Malachie, ministre de la Santé publique a érigé l’humanisation des soins en priorité absolue, avec un mantra clair : ne laisser personne de côté.  C’est dans cet esprit que la 5ᵉ campagne nationale de distribution de masse des moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (MILDA) prend une dimension historique. Pour la première fois, les orphelinats, les réfugiés, les déplacés internes, les personnes en situation de handicap et les populations autochtones sont explicitement intégrés dans la stratégie nationale.

Cette avancée majeure est le fruit d’un plaidoyer tenace de la société civile, prouvant que le dialogue peut remodeler les politiques de santé publique. La mesure n’est pas que symbolique, elle est vitale. En effet, le Cameroun, avec un taux de prévalence du paludisme de 26,1 % en 2022 et plus de 2 millions de cas notifiés en 2023, figure parmi les onze pays supportant le fardeau du paludisme dans le monde.

Le rôle catalyseur de la société civile

Ce changement de paradigme est avant tout une victoire du plaidoyer communautaire. Pendant des années, les distributions massives de MILDA, bien que cruciales, souffraient d’un angle mort : elles ne parvenaient pas systématiquement aux « populations vulnérables », majoritairement les orphelins.

Des organisations de la société civile (OSC), ancrées dans les communautés et témoins des réalités quotidiennes, ont tiré la sonnette d’alarme. Une coalition impressionnante de plus de soixante OSC, emmenée par Impact Santé Afrique (ISA) sous l’égide de la Plateforme CS4ME (Civil Society for Malaria Elimination), a mené un travail de terrain méticuleux. Leur constat était sans appel : les enfants des orphelinats, certains groupes de populations autochtones vivant dans des zones reculées, quelques personnes handicapées et plusieurs familles de déplacés internes étaient structurellement exclues des circuits classiques de distribution. Fortes de ce constat, ces organisations ont formalisé leur action. En juillet 2025, elles ont adressé un mémorandum détaillé au président du Comité de coordination de la campagne MILDA, le Dr MANAOUDA Malachie, et au secrétaire permanent du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), le Dr Albert Zeh Meka. Le document, intitulé « Plaidoyer pour la prise en compte dans la stratégie nationale de la campagne MILDA des groupes vulnérables », dressait un état des lieux accablant et proposait des solutions concrètes : l’intégration des listes d’orphelinats du MINAS, une stratégie de distribution différenciée, et le renforcement des partenariats avec la société civile pour une identification fine des bénéficiaires grâce à la cartographie.

L’écoute et l’action de l’État

Face à la force et à la justesse de ce plaidoyer, l’État a répondu présent. Le ministre de la Santé publique, en sa qualité de président du comité de coordination de la campagne, a donné des instructions formelles pour l’inclusion de ces groupes vulnérables. Cette décision a été officiellement annoncée lors du point de presse de lancement de la campagne MILDA 2025-2026 le 15 décembre 2025. Aussi, les délégations régionales de la santé dans les sept régions concernées par la première phase (Adamaoua, Est, Extrême-Nord, Littoral, Ouest, Sud) ont reçu pour consigne d’intégrer les orphelinats et autres structures accueillant des personnes vulnérables dans leur planification opérationnelle.

Les effets sont désormais visibles et mesurables sur le terrain. Grâce à la vigilance de la société civile assurant une veille communautaire active, des orphelinats à l’instar de l’orphelinat Magnificat de Ndogpassi à Douala, initialement hors circuit, ont reçu leurs MILDA à la grande satisfaction de ses résidents.

Dans le district de la Mifi, sous la supervision du coordinateur du GTR, des chefs d’aires et des OSC à l’instar de la Fondation Moje, plusieurs structures ont été pourvues : entre autres, la Dorcas Foundation a reçu 22 MILDA, le CEO en a obtenu 10, la Divine Providence et l’orphelinat Notre-Dame en ont chacune reçu 8. De même, l’orphelinat CIBAEEVA de Dschang a été intégré à la distribution. Ces chiffres, bien que semblant modestes, représentent une révolution dans l’approche camerounaise : chaque moustiquaire remise symbolise la reconnaissance de l’existence et des droits sanitaires de ces cibles, jusqu’alors mises à l’écart.

Elvis Serge NSAA

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