Ils sont nombreux à sillonner les quartiers de la ville et les débits de boissons à la recherche des potentiels clients. Si les services sont bon marché et accessibles à tous, les risques sanitaires ne sont pas à négliger.
« Lorsque je suis arrivée dans la ville de Ngaoundéré il y a quelques mois, je me suis faite couper les ongles une fois par ces jeunes. Le service est moins cher et c’est vite fait », affirme Inna, agent en service dans une entreprise à Ngaoundéré. Comme elle, les habitants de Ngaoundéré se font régulièrement couper les ongles par ces esthéticiens ambulants.
Dans les ruelles et les débits de boissons des quartiers de Ngaoundéré, ces esthéticiens arpentent les rues à la recherche des potentiels clients. Spécialistes autoproclamés de la manucure et pédicure, ces opérateurs sillonnent les artères urbaines à la recherche de clients pressés, offrant leurs services à vil prix, souvent 100fcfa pour les 10 doigts et 100fcfa pour les orteils. Avec 200fcfa, le tour est joué.
Munis d’un équipement minimaliste, notamment une paire de ciseaux, un flacon d’alcool, du détergent et une éponge, ils sont prêts à passer à l’action. En quelques minutes, le tour est joué et son argent en poche, ils continuent leur marche à la recherche des nouveaux clients. « C’est rapide et pas cher, idéal pour tout le monde, témoigne Frida, une vendeuse qui dit céder à la tentation. Elle n’hésite pas à faire la comparaison entre ces esthéticiens ambulants et les salons de coiffure classiques. Les clients, apprécient la commodité et l’abordabilité face aux salons fixes, jugés trop onéreux.
Pourtant, cette pratique moins chère suscite une vive inquiétude. L’hygiène approximative des outils, rarement stérilisés correctement, expose à des infections cutanées graves. « Il y a un risque de se faire contaminer par le VIH, par certaines bactéries et puis par certaines levures. Les outils peuvent transmettre l’hépatite B, le VIH ou des mycoses fongiques”, alerte Denis Dangné Madoué, biologiste en service à l’Hôpital régional de Ngaoundéré. Housseina, infirmière diplômée d’Etat principal abonde dans le même sens. Selon elle, de nombreuses personnes tombent parfois malades sans savoir d’où vient la maladie. Elle recommande l’acquisition d’un taille ongle personnel. Ce qui selon elle, contribue à limiter les risques de contamination.
Pendant que le personnel de santé alerte sur les dangers de se faire couper les ongles dans des conditions d’hygiène approximative, les populations elles, continuent de profiter des services de ces esthéticiens bon marché au détriment de leur santé. Entre-temps, les acteurs se frottent les mains, car les gains journaliers avoisinent les 5000f par personne.
Jean BESANE MANGAM












































































































































































































































































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