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    Statistiques du genre et de l’enfance : L’Afrique se mobilise à Yaoundé pour briser les inégalités

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    Le tout premier Forum africain sur les statistiques du genre et de l’enfance (AGCSF 2026) s’est ouvert le lundi 6 juillet 2026 à Yaoundé ;

    Pendant cinq jours, experts, décideurs et partenaires internationaux unissent leurs forces pour transformer les données en leviers de justice et d’action pour les femmes et les enfants du continent ;

    L’enjeu final pour les participants est de dégager une position africaine commune et des recommandations fortes à l’endroit des gouvernements et de l’Union africaine pour pérenniser le financement et le soutien aux systèmes statistiques nationaux.

    Des travaux porteurs d’espoir pour l’avenir.
    Le système statistique africain est au centre des attentions depuis ce lundi 6 juillet 2026 avec en toile de fond les droits humains. Organisé conjointement par la Banque africaine de développement (BAD), la Commission de l’Union africaine (CUA), l’UNICEF, la CEA et ONU Femmes, le premier Forum africain sur les statistiques du genre et de l’enfance (AGCSF 2026) prévu jusqu’au 10 juillet prochain pose une ambition claire : mettre les chiffres au service des plus vulnérables.
    Placé sous le thème central « Des statistiques qui comptent : faire progresser les droits, la justice et les opportunités pour tous », ce forum hybride rassemble les délégations des 54 États membres de l’Union africaine. L’objectif ? Combler d’urgence les graves lacunes de données qui masquent encore les réalités vécues par les femmes, les filles et les garçons, particulièrement au sein des groupes marginalisés.

    Un constat alarmant, des crises qui s’accumulent

    Trente ans après la Déclaration de Beijing et à l’heure des bilans des Agendas 2030, 2063 et 2040, le constat reste amer : les progrès sont profondément inégaux. Les crises climatiques, sécuritaires et économiques mondiales accentuent la précarité des populations. Pour Joseph Tedou, directeur général de l’Institut national de la statistique (INS) du Cameroun, la pertinence de ce forum est dictée par les circonstances de l’heure : « Les situations de vulnérabilité sont de plus en plus fréquentes, qu’elles soient liées à des crises internes, internationales ou au changement climatique entraînant des déplacements forcés. Ce groupe particulièrement vulnérable est identifié : ce sont les femmes, mais aussi les enfants, garçons et filles, qui sont les plus impactés négativement. Le forum permettra d’apporter des réponses basées sur des statistiques de bonne qualité pour bien cibler ce groupe et lui apporter des solutions appropriées ».

    Le défi de l’égalité socio-économique et juridique

    Les statistiques actuelles révèlent l’ampleur du fossé. Présent à l’événement, Koffi Marc Kouakou, économiste spécialiste des questions de genre et représentant du directeur régional Afrique centrale de la BAD, a rappelé une réalité frappante : « L’édition précédente [de l’Indice de l’égalité du genre en Afrique], qui avait pour année de base 2023, montrait clairement que les femmes disposaient d’environ 50 % des opportunités socio-économiques par rapport aux hommes. Là où les hommes ont 100 %, les femmes n’ont que 50 %. »
    Le Forum de Yaoundé sert précisément de rampe de lancement pour préparer la troisième édition de cet indice, prévue pour 2027. « Nous allons aider les pays à la collecte, à l’analyse et à la validation des données pour mieux orienter les politiques publiques », a-t-il précisé.

    Vers une position africaine commune

    Au-delà des opportunités économiques, les débats de l’AGCSF 2026 se concentrent sur la justice et l’application des lois. Accès à l’eau, performance des systèmes judiciaires face aux violences faites aux femmes, protection des mineurs en détention : autant de domaines thématiques prioritaires qui nécessitent des méthodologies innovantes (données administratives, données générées par les citoyens, approches intersectionnelles).
    Pour le Cameroun, pays hôte, ce forum s’inscrit directement dans ses défis nationaux, à commencer par la lutte contre la pauvreté. L’enjeu final pour les participants est de dégager une position africaine commune et des recommandations fortes à l’endroit des gouvernements et de l’Union africaine pour pérenniser le financement et le soutien aux systèmes statistiques nationaux. Pour que plus personne ne soit laissé dans l’angle mort des chiffres.

    Réaction

    « Il est important pour nous que toutes les données soient vulgarisées »

    Marie-Pierre Raky Chapin, Représentante-résidente ONU-Femmes Cameroun.

    « Vous me permettrez de commencer par remercier le gouvernement du Cameroun pour avoir abrité ce huitième forum africain sur les statistiques sensibles au genre et aux enfants, qui est pour nous un moment important. Nous voulons un partenariat avec l’Institut national des statistiques du Cameroun, mais aussi l’Union africaine, la commission de l’Union africaine et l’ensemble des partenaires UNICEF, toutes les Nations unies, discuter des statistiques sensibles au genre.
     Je l’ai dit tout à l’heure, vous savez que les discriminations faites aux femmes et aux filles issues des normes sociales négatives, si elles ne sont pas mesurées, si elles ne sont pas étudiées, analysées, ne peuvent pas servir de support pour des politiques inclusives. Donc, pour nous, il est important que les inégalités soient connues, soient mesurées et qu’elles servent de base à engager des politiques inclusives et à engager des budgets et que les États puissent s’engager en conséquence. Et donc, c’est tout l’enjeu de ce forum, pour venir partager à travers les différentes institutions de statistiques qui sont présentes, analyser la question, voir quelles sont les leçons apprises, comment est-ce que nous pouvons améliorer la collecte de données, l’analyse de données, le partage de données, dans le but d’atteindre les objectifs de la rencontre mondiale de Beijing en 1995, qui a engagé tous nos États à travailler à réduire les inégalités entre les hommes et les femmes, à assurer des budgets et à accompagner des programmes inclusifs dans le but de fil de garde, c’est-à-dire d’adresser toutes ces inégalités pour des sociétés plus harmonieuses, plus inclusives.
    Et donc, pour nous, il est très très important que toutes les données soient désagrégées par sexe et par âge et que ces données soient vulgarisées, soient connues et que nous puissions les utiliser pour engager des politiques fortes et des budgets ».

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    Junior NTEPPE KASSI, 33 ans, est un journaliste scientifique camerounais au Groupe Échos Santé. Spécialiste de la médecine du sport, il met sa passion au service de l'information médicale de pointe.

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