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Coopération OMS-Cameroun: Un nouveau pacte sanitaire pour les quatre prochaines années

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Présentée le 30 septembre 2026 à Yaoundé, la Stratégie de Coopération Pays OMS-Cameroun 2025-2029 fixe quatre priorités pour bâtir un système de santé résilient et centré sur les soins primaires face aux crises et au double fardeau des maladies.

C’est dans la capitale camerounaise que le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, a officiellement présenté la Stratégie de coopération pays (SCP) OMS-Cameroun 2025-2029. Cette feuille de route de quatrième génération fixe les jalons de l’action conjointe entre le gouvernement et l’Organisation mondiale de la Santé. Au cœur de cette initiative se trouve un choix stratégique fort : concentrer les efforts sur des priorités rigoureusement sélectionnées pour maximiser l’impact durable sur la santé des populations, dans un contexte sanitaire en pleine mutation.

Un tournant stratégique face à un double fardeau sanitaire

Le lancement de cette nouvelle stratégie intervient au terme d’un cycle de coopération marqué par des avancées significatives. L’appui de l’OMS s’est illustré à travers le soutien au Plan national de développement sanitaire 2021-2025, la mise en place du premier Compact national du secteur de la santé, ainsi que la vaccination de plus de 2,8 millions de personnes contre le choléra et l’intégration du vaccin antipaludique dans 42 districts de santé. Cependant, le Cameroun fait face à un paysage épidémiologique complexe caractérisé par un double fardeau : la persistance des maladies transmissibles conjuguée à la progression des maladies non transmissibles. À cela s’ajoutent des crises humanitaires récurrentes et les répercussions du changement climatique sur les écosystèmes sanitaires. Dans ce climat d’incertitude, le choix des priorités de la SCP 2025-2029 ne relève pas de la simple formalité administrative ; il constitue une boussole indispensable pour optimiser des ressources souvent limitées et cibler les interventions à plus haute valeur ajoutée.

Les quatre piliers de la Stratégie 2025-2029

Pour répondre aux défis du pays et concrétiser la vision d’un système de santé accessible, équitable et résilient ancré dans les soins de santé primaires et communautaires, la stratégie s’articule autour de quatre axes majeurs : le renforcement du pilotage et de la gouvernance pour améliorer la coordination institutionnelle et l’allocation des ressources ; l’extension de la couverture des services essentiels pour garantir un accès universel aux soins ; la préparation et la riposte aux urgences sanitaires afin de moderniser la surveillance et la détection précoce des épidémies ; et enfin, la promotion de la santé et la prévention pour agir en amont sur la nutrition, les facteurs de risque et les enjeux climatiques.

Du document à l’action : l’appel à la responsabilité collective

Le véritable défi de cette nouvelle feuille de route réside désormais dans sa mise en œuvre opérationnelle. Rappelant que les meilleures politiques restent inefficaces tant qu’elles demeurent sur le papier, le Dr Manaouda Malachie a insisté sur la nécessité de passer « des orientations aux activités, des activités aux résultats, puis des résultats à un impact perceptible ». Pour y parvenir, la SCP 2025-2029 mise sur une synergie d’actions inédite. Gouvernement, agences des Nations unies, partenaires techniques et financiers, société civile, secteur privé, universités, instituts de recherche et communautés locales sont ainsi conviés à conjuguer leurs efforts. C’est à cette condition que le Cameroun pourra transformer ses ambitions sanitaires en réalités tangibles pour le bien-être de ses populations.

Il faut dire que cette cérémonie de lancement présidée par le ministre de la Santé publique, Dr. Manaouda Malachie, a été marquée par la présence du Coordonnateur résident du Système des Nations Unies, représenté par Monsieur

Gianluca Ferrera, le directeur pays du Programme alimentaire mondial, le ministre de la Promotion de la femme et de la famille, Pr. Marie Thérèse Abena Ondoa.

Réactions :« Nous avons une communion de vues axée sur les priorités camerounaises »

Dr. Manaouda Malachie, ministre de la Santé publique.

« Cette cérémonie revêt une importance capitale pour le Cameroun, car elle nous permet d’agir en parfaite cohérence avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’ensemble de nos partenaires techniques et financiers. Le leadership de l’OMS nous exhorte constamment à gagner en performance sur le terrain.

Ici, notre approche repose sur une communion de vues ancrée dans les priorités locales et nationales. L’accompagnement de l’OMS se structure autour de quatre piliers fondamentaux évalués lors de notre présentation, afin qu’au terme de cette stratégie, les résultats obtenus soient mesurables. L’objectif est de conjuguer nos efforts de manière cohérente et durable pour garantir que chaque dollar investi produise l’impact escompté auprès des populations camerounaises.

Nous sommes fiers de réaffirmer notre partenariat avec l’OMS, en particulier à l’heure où se dessine la nouvelle architecture mondiale de la santé, où son rôle d’instance faîtière demeure central. Les résultats probants obtenus en matière d’équité et de justice illustrés notamment par notre riposte conjointe contre la Covid-19 et d’autres épidémies témoignent de la pertinence de ce cadre. C’est tout le sens de cette initiative, fidèle à la vision que le président de la République insuffle à la coopération sanitaire de notre pays. »

« Ce plan stratégique est la traduction au niveau national du programme général de travail de l’OMS »

Dr Magaran Monzon Bagayoko, représentant de l’OMS au Cameroun.

« Ce plan stratégique constitue la déclinaison nationale du quatrième programme général de travail de l’OMS, articulé autour de trois grands axes dits “les trois P” : promouvoir la santé en agissant en amont sur ses déterminants ; assurer la santé en améliorant l’accès aux soins et en consolidant la couverture santé universelle (CSU) ; et protéger la santé (Protect Health) en luttant contre les urgences sanitaires, en renforçant la surveillance épidémiologique et les capacités des laboratoires, ainsi qu’en préparant les équipes d’intervention rapide.

Au Cameroun, ce cadre se décline spécifiquement en quatre priorités stratégiques. La première concerne la gouvernance et le pilotage, visant à perfectionner le pilotage, la gestion et le financement de la santé tout en accélérant la transformation numérique du secteur. La deuxième porte sur l’accès aux soins, avec pour objectif d’élargir l’offre de proximité en particulier pour les populations vulnérables et en zones enclavées grâce à la CSU, en ciblant notamment le VIH/sida et la lutte contre la mortalité maternelle et infantile. La troisième est la sécurité sanitaire, qui consiste à renforcer la prévention, la surveillance, la préparation et la réactivité face aux épidémies. Enfin, la quatrième cible les déterminants environnementaux et sociaux en agissant sur l’eau, l’assainissement, l’hygiène, la sécurité des logements, la salubrité et la sécurité sanitaire des aliments, tout en luttant contre la consommation excessive de tabac, d’alcool et d’autres substances nocives. »

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