À l’occasion de la Journée mondiale de la vue, célébrée tout au long du mois d’octobre, le président de la Société Camerounaise d’Ophtalmologie (SCO) dresse le bilan des actions menées sur le territoire national. Dans cet entretien, le Pr Yannick Bilong détaille les campagnes de dépistage et de chirurgie gratuites, les programmes de formation renforcés pour les jeunes praticiens, ainsi que les préparatifs du congrès scientifique de mars 2027 axé sur la santé oculaire et la sécurité routière.
Le 8 octobre 2026 se déroule la Journée mondiale de la vue. Pouvez-vous nous en rappeler le sens et les objectifs ?
Bonjour. La Journée mondiale de la vue n’est pas seulement une date. C’est une période tout le mois d’octobre durant laquelle la communauté internationale et scientifique veut sensibiliser la population sur l’importance des pathologies oculaires. Car lorsque tout le monde s’y met face à un problème, on peut facilement trouver des solutions. C’est pour cela que le thème de cette journée est « Aimer votre vision », c’est-à-dire aimer vos yeux, aimer votre vision.
Le principe général est d’inciter les ophtalmologues et tous les acteurs de la santé oculaire, quel que soit leur niveau, à entreprendre des activités de sensibilisation et de communication avec la population, voire à faciliter l’accès aux soins. Chaque personnel de la santé oculaire dispose donc d’une certaine autonomie pour agir en fonction de ses moyens et de sa disponibilité.
Au Cameroun, au niveau national, le Programme national de lutte contre la cécité a mené une campagne de sensibilisation avec des spots éducatifs destinés à la population et organisé des campagnes de santé. Chaque service d’ophtalmologie sur l’ensemble du territoire définit, au cours de ce mois d’octobre pas forcément le 8, un jour qui lui est propice pour organiser deux ou trois journées portes ouvertes destinées à faciliter l’accès aux soins. Tel est le principe de cette activité à l’échelle nationale et au sein de chaque hôpital disposant d’un service d’ophtalmologie.
Comment la Société Camerounaise d’Ophtalmologie s’est-elle spécifiquement déployée durant cette journée mondiale ?
La SCO, durant ce mois, s’est attachée à atteindre ses objectifs sur trois plans : la sensibilisation, l’accès aux soins et la formation. Pour la sensibilisation, notre cellule de communication, représentée par le docteur Akono, a supervisé et réalisé une interview et participé à une émission de Time Télévision afin de sensibiliser le grand public aux principaux problèmes de santé oculaire et aux solutions qui existent sur le territoire. Nous utilisons les canaux qui s’offrent à nous et qui nous acceptent pour diffuser ces informations, et nous remercions Time Télévision pour cette opportunité.
Pour l’accès aux soins, nous avons participé, au sein du bureau, à une campagne de chirurgie de la cataracte qui se déroulera à l’Hôpital Régional de Ngaoundéré, où les membres de la SCO contribueront à réaliser environ 100 chirurgies avec l’aide de l’ONG Islamic Health. Durant cette campagne, nous allons non seulement opérer, mais aussi permettre aux chirurgiens expérimentés présents de transmettre leur savoir à la nouvelle génération à travers des conseils et de l’observation, afin de former une nouvelle génération et qu’il y ait à l’avenir un plus grand nombre de chirurgiens de la cataracte. Car la cataracte est la principale cause de cécité évitable au Cameroun.
Pour la formation, nous avons contribué au bon développement des activités de FACO Académie, une entreprise dirigée par un Camerounais qui promeut les principes de bonne éducation et de bonne pratique en ophtalmologie en organisant des ateliers pratiques de simulation pour les chirurgiens. Cet atelier s’est déroulé à Douala, en collaboration avec l’Hôpital Régional Militaire de Douala, où, à la fin des trois jours de simulation réalisés avec des apprenants, nous avons également opéré gratuitement cinq patients atteints de cataracte.
D’autre part, la SCO, avec ses partenaires, a pu obtenir la mise à disposition de ses membres de bourses de formation en chirurgie de la cataracte. L’un des partenaires a accepté de subventionner la formation de quatre ophtalmologues souhaitant s’initier à la chirurgie au Cameroun pour l’année à venir. La Fondation a également accepté de financer deux formations à l’étranger pour des simulations de chirurgie de la cataracte, avec des simulateurs dotés d’intelligence artificielle ou de réalité virtuelle. Deux de nos compatriotes ont été sélectionnés et se rendront à cette formation, ce qui augmentera le nombre de praticiens capables de traiter la première cause de cécité dans notre environnement.
Vous avez évoqué le congrès scientifique de la SCO, prévu en mars prochain. Comment comptez-vous mener à bien cet événement ?
Ce congrès aura lieu du 18 au 20 mars 2027 à Yaoundé. Il a pour objectif de rassembler tout le personnel œuvrant dans la santé oculaire au Cameroun. Le premier objectif est de parler de la santé oculaire publique, des principales causes de malvoyance et de la manière de les résoudre. Le second objectif est de discuter de la façon d’améliorer, à travers la vision, la sécurité routière. Pour cela, nous remercions déjà le ministre des Transports de nous avoir ouvert son département des transports routiers, avec lequel nous allons travailler pour trouver des solutions concrètes et pratiques afin d’améliorer la sécurité routière à l’échelle nationale grâce à une bonne vision. De plus, le congrès est une grande plateforme d’exposition des recherches menées dans ces différents domaines. La SCO a constitué un comité de recherche scientifique qui travaillera sur le glaucome, la rétinopathie diabétique et les notions de vision dans le cadre de la sécurité routière, afin de produire des publications à l’échelle nationale et des recommandations qui pourront améliorer la vision de tous.
Quel mot adressez-vous aux membres de la Société Camerounaise d’Ophtalmologie et à la communauté nationale ?
La Société Camerounaise d’Ophtalmologie appartient à tous les personnels de santé. Ce n’est pas une affaire de bureau, comme on pourrait toujours le rappeler. Ce n’est pas l’affaire d’une seule personne. Tout le monde devrait se sentir concerné, et le fait déjà beaucoup, car en agissant tous les jours, vous contribuez au rayonnement de la santé oculaire au Cameroun. Donc, en étant acteur, on devrait être présent dans ces grands rassemblements et dans les activités quotidiennes pour faire grandir cette société. Nous pensons que si elle s’améliore, nous verrons des résultats au sein des différents services d’ophtalmologie au Cameroun et même dans nos villages, car cela touchera les populations les plus démunies et les plus éloignées du système de santé.












































































































































































































































































