Malgré les recommandations de l’OMS et de l’UNICEF, les soins palliatifs demeurent une réalité négligée au Cameroun. Entre pesanteurs professionnelles, institutionnelles et manquements des acteurs du secteur, la souffrance des patients en fin de vie continue d’être une préoccupation majeure. Un plaidoyer pour une meilleure intégration de ces soins dans nos systèmes de santé s’impose, afin de garantir à chaque citoyen une fin de vie digne et sereine.
Au Cameroun, la nécessité d’intégrer réellement les soins palliatifs dans le système de santé est plus pressante que jamais. Bien que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l’UNICEF aient appelé à cette évolution lors de la 67ème Assemblée Mondiale de la Santé en 2014 et que le ministre de la santé publique ait pris une décision y afférente, la réalité sur le terrain reste préoccupante. Les soins palliatifs, souvent perçus comme un luxe, demeurent inaccessibles à une majorité de la population, laissant de nombreux compatriotes souffrir en silence.
Les soins palliatifs ne sont pas qu’une simple spécialité médicale ; ils représentent un carrefour essentiel où se rencontrent plusieurs disciplines. Ils doivent être intégrés dans tous les niveaux de prise en charge des patients, en particulier lorsque les traitements curatifs échouent. Cependant, des obstacles institutionnels et professionnels freinent leur développement. Les ministères concernés semblent encore ignorer l’importance de leur rôle dans cette démarche, malgré les obligations découlant des résolutions de l’OMS.
Selon le Plan stratégique national de lutte contre le cancer (PSNLCa) 2020-2024, il y a 15 700 nouveaux cas/an, dont 9 335 femmes ; 80 % des nouveaux cas sont diagnostiqués tardivement et presque tous mourront dans l’année ; il y a 10 533 décès par an ; selon “ecancermedicalscience”, il y a 78 125 personnes qui ont besoin de soins palliatifs, soit 3 100 patients atteints du VIH et 75 000 cas liés au cancer. De plus, il existe peu d’organisations engagées dans ce domaine de la médecine, ce qui n’est pas très attractif.
« L’accès aux opioïdes, comme la morphine, est un réel problème au Cameroun. Des efforts sont faits dans ce sens. La morphine en solution orale est disponible depuis quelques mois, mais cet analgésique reste inaccessible au regard des besoins exprimés. Ce n’est pas seulement le cas au Cameroun, mais en Afrique en général. L’accès aux autres médicaments contre la douleur est relatif. » Indiquait Paul Christian Tsotie, président de l’association camerounaise de soins palliatifs “Soigner la Vie” (SLV)
Il est important que le Ministère de la Santé Publique désigne un point focal pour promouvoir cette spécialité et qu’un réseau de parlementaires et de journalistes spécialisés voit le jour. Cela permettrait de renforcer le plaidoyer en faveur des soins palliatifs et d’assurer une meilleure sensibilisation de la population.
En attendant, la création d’une plateforme dynamique regroupant tous les acteurs du secteur est indispensable pour coordonner les efforts et mobiliser le soutien international. La souffrance des patients en fin de vie ne peut plus être ignorée. Il est temps d’agir pour garantir à chaque citoyen camerounais une fin de vie digne, respectueuse de ses droits fondamentaux.
Rappelons que la journée internationale des soins palliatifs célèbre chaque 12 octobre
Mireille Siapje












































































































































































































































































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