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« Le Kyste devient un problème lorsqu’il est accompagné de symptômes »

Dr ESSOMBA Danielle Larissa, Gynécologue Obstétricienne.
Email : 167

 

Dr, Qu’entend-on par kyste ovarien ?

Le kyste ovarien, c’est une poche de liquide ou semi-liquide qui se constitue à l’intérieur de l’ovaire ou à la surface de l’ovaire.

Quelle différence peut-on établir du kyste au cancer du col de l’utérus et des myomes ?

La principale différence résulte au fait que le kyste ovarien dépend entièrement et uniquement de l’ovaire. Le col, c’est une entité bien à part tout comme l’utérus.

N’y a-t-il une tranche d’âge qui est plus exposée aux complications des kystes ?

Il faut savoir que les kystes ovariens, toute femme peut  les avoir, dépendamment du cycle menstruel où elle se trouve. Donc, lorsque la femme commence à être en période d’activité génitale, c’est-à-dire que lorsqu’elle commence à avoir ses règles, avoir le sein et le reste, elle est sujette à avoir des kystes ovariens. En fait, il y a des kystes qui sont simples, fonctionnels ; c’est-à-dire qu’ils sont issus du fonctionnement des ovaires. Il y a des poches qui se forment lorsque la femme arrive à la période ovulatoire, il baigne l’ovocyte qui va être fécondé par le spermatozoïde. C’est un kyste, on appelle ça des follicules dominants. Donc ce ne sont pas des maladies. Il faut savoir que le kyste ovarien, il y en a plusieurs. Le plus fréquent, ce sont des kystes fonctionnels, donc ovariens dits fonctionnels. Ce sont des fonctionnels, pourquoi ? Parce qu’ils sont issus du fonctionnement des ovaires, comme je vous ai dit. Il y a les règles et entre les règles et l’ovulation, il y a un kyste qui se développe. C’est le kyste-là qui va expulser l’ovocyte dans l’ovule qui va être fécondé par le spermatozoïde. S’il y a fécondation ou pas, il devient le kyste du corps jaune. Le corps jaune, s’il y a fécondation, c’est lui qui maintient la grossesse au début jusqu’à ce que le placenta prenne le relais. Vous voyez, la majorité des kystes font partie du fonctionnement de l’ovaire. Bien évidemment, il y a les kystes qui sont pathologiques, qui obéissent à certains critères. Mais vraiment, s’il faut voir la proportion, les kystes fonctionnels, les kystes ovariens fonctionnels sont les plus fréquents.

Et à quel moment ce kyste devient un problème ?

Ça devient un problème lorsqu’il est accompagné de symptômes. Oui, lorsqu’il y a une irrégularité du cycle menstruel, il y a des règles abondantes, c’est-à-dire qu’il y a des règles qui sautent, donc des règles qui deviennent irrégulières. Soit on a un saignement qui survient en dehors de la période des règles, soit on a le ventre qui est ballonné, soit on a le ventre qui fait mal. Là, ce sont les symptômes qui nous disent qu’attention, ce kyste-ci n’est plus seulement le kyste fonctionnel de l’ovaire. Le kyste ovarien en lui-même, la majorité sont fonctionnels. Comme je dis souvent en consultation, toutes les femmes peuvent avoir des kystes, dépendamment du moment où on fait l’échographie. Une femme peut avoir des kystes lorsqu’elle a déjà eu à voir l’ovulation, on est au corps jaune. On peut avoir des kystes en début de grossesse, parce que ça c’est le kyste du corps jaune qui maintient la grossesse. Donc facteur de risque, vraiment, on ne peut pas dire qu’il y a des facteurs de risque. Contrairement plutôt, on peut avoir des facteurs de risque du cancer de l’ovaire. Vous comprenez ? Il y a des facteurs de risque du cancer de l’ovaire. Le cancer de l’ovaire peut se présenter sous plusieurs formes. Ça peut devenir une masse dans l’ovaire. Le cancer de l’ovaire, nait de la couche superficielle de l’ovaire, de l’enveloppe de l’ovaire, soit il naît de l’intérieur de l’ovaire. Bon, maintenant là, pour opérer les kystes, il y a des indications opératoires.

Lesquelles Dr ?

Il y a des indications opératoires. C’est-à-dire que lorsqu’on a les kystes fonctionnels, les kystes fonctionnels liés, comme je l’ai dit, au fonctionnement, on ne les touche pas, on les surveille. Maintenant, si on a un kyste qui est fonctionnel, mais qui dépasse déjà une taille de plus de 5 cm, il faut savoir quelle est sa nature. Si on a un kyste fonctionnel qui a des caractéristiques bénignes échographiques, c’est-à-dire que quand on fait l’échographie, les résultats nous dissent que non, ici là, ce n’est même pas un cancer, on le surveille. Si au bout de 3 mois, le kyste est toujours là, on peut l’enlever. Vous comprenez ? C’est-à-dire que le traitement premier du kyste ovarien dépend de la cause. Le kyste fonctionnel, on ne le repère pas, sauf s’il y a des indications. Indication, ça veut dire qu’il y a une torsion, parce qu’il y a des complications. Un kyste fonctionnel peut entraîner une torsion de l’ovaire. On appelle ça torsion d’annexe. Là, il faut aller l’opérer. Maintenant, c’est la taille du kyste est supérieur à 5 cm, là, on n’est plus seulement dans un kyste fonctionnel, du fonctionnement de l’ovaire. Là, il faut faire très attention. Il faut investiguer pour aller l’enlever.

En cas de kyste qui débouche à une complication, est-ce que le premier recours est la chirurgie ?

Vous savez, la médecine n’est pas carrée. Il y a des kystes ovariens, comme je vous ai dit, qu’on peut surveiller. Qu’on ne touche pas, on surveille. Il y a des kystes ovariens qui peuvent bénéficier d’un traitement médicamenteux. Mais c’est un traitement médicamenteux dirigé par le spécialiste qui a l’habitude de manager les kystes ovariens médicalement. Maintenant, il y a le traitement chirurgical qui doit également être fait par le spécialiste.

A quel niveau peut-on suggérer un traitement ?

C’est une grande question. C’est le médecin spécialiste qui juge qu’ici là, il peut tenter un traitement médical qui peut passer ou bien qui peut échouer. Il n’y a pas de certitude. Mais il y a des indications, lorsqu’on a une complication. Lorsqu’il y a une complication devant le kyste, c’est-à-dire un kyste qui s’est perforé, un kyste qui est tordu, un kyste qui prend beaucoup de volume. Là, il y a des indications chirurgicales. Ça devient des urgences chirurgicales. Bien évidemment, lorsqu’on a un kyste qui n’est pas grand mais qui nous semble suspect écho graphiquement, on fait des marqueurs ovariens, des marqueurs de cancer. Pour s’assurer que ce n’est pas un cancer. Lorsque le marqueur est négatif, on va enlever le kyste pour analyser sur le plan anatomopathologique. Le choix d’un traitement, par exemple, il se trouve que ce n’est pas le traitement adéquat que le médecin ne veut peut-être suivre. Est-ce que ce choix-là, parfois, n’est pas irréversible ? Le choix irréversible, comment ? Il faut que je voie un peu. Vous avez parlé de traitement médical. Si le médecin apportait, par exemple, la chirurgie, alors il fallait faire un traitement avec le médicament.

Dr, un médecin peut-il faire recours à plusieurs types de traitement sans que la santé du patient ne prenne un coup ?

Non, non, non, non, le traitement chirurgical, vous le faites lorsqu’il y a des indications de chirurgie qui s’imposent. On n’abandonne pas la chirurgie pour passer au traitement médical. Ça veut dire que vous ne savez pas ce que vous faites. Le traitement médical aussi ses indications. Si j’ai une masse ovarienne dans un kyste ovarien qui persiste pendant plus de 3 mois, donc il est toujours à 5 cm, mais il est toujours présent pendant plus de 3 mois, ça veut dire qu’il faut penser à autre chose.

Quel est le point de départ et la fin de la chirurgie ?

Il faut d’abord commencer par avoir la bonne personne. Il y a plusieurs femmes que j’ai connues qui… Il faut d’abord commencer par avoir la bonne personne. Tout commence par la porte d’entrée. Qui est-ce que vous avez consulté ? Beaucoup de gens ont des aptitudes chirurgicales, mais maintenant, il faut poser le bon geste au bon moment. Peut-être que vous allez voir quelqu’un, lui, il va passer à la chirurgie, il va peut-être aller opérer quelque chose rapidement, alors que moi, je vais prendre un peu de temps pour aller, pour investiguer ; c’est-à-dire, je vais faire, comme j’ai dit tantôt, des examens pour voir si ce n’est pas un cancer. Maintenant, si je vais décider d’opérer la dame, je vais poser quel acte, je vais faire comment, parce que quand on enlève l’ovaire, ça a un impact sur la procréation. Il faut qu’on soit sûr de ce qu’on va faire. Il faut que le spécialiste fasse le contour de la situation. Il faut voir l’âge, parce que l’âge a un impact. La perception du kyste est fonction de l’âge.

Peut-on avoir l’assurance aujourd’hui que dans la région du Nord sue les complications des kystes se soigne aisément ?

Oui, la ville de Garoua commence à se doter des spécialistes, des gynécologues qui sont présents et qui travaillent. Donc, pour ne pas être victime d’une complication post-traitement, on s’adresse à la bonne personne d’abord, puis la personne fera le tour de la question. Moi, j’ai des dames que je suis pour des kystes ovariens, on fait un examen, elle a un kyste qui dérange un peu, on fait un traitement médical, et après trois mois, on le contrôle, c’est parti. Après cela, Il faut savoir qu’il s’agit de quel kyste d’abord. Est-ce qu’il faut d’emblée opérer, ou il faut d’emblée être plus exhaustif dans la prise en charge ? C’est-à-dire qu’il faut penser à d’autres choses plus graves.

Quel l’état psychologique des patients que suivez ?

C’est une bonne question parce que j’ai beaucoup de femmes qui viennent, certaines disent « docteur m’a fait l’échographie, on a vu le kyste. Même la femme enceinte, au début, on sait qu’elle doit avoir toujours un petit kyste qui soutient la grossesse, elle se plaint. Donc, ce sont des femmes qui sont analectes, qui ont peur que peut-être c’est un cancer. Maintenant, là, comment je les examine ? Quand je procède à leur examen, parce que l’examen commence par l’interrogatoire, je les interroge, je veux savoir la raison pour laquelle elle a peur.

A lire aussi: L’ombre des kystes ovariens : Angoisse et défi sanitaire dans la région du Nord

Un kyste anormal diagnostiqué avec retard ou mal traité peut-il se convertir au cancer du col de l’utérus ?

Oui, ce n’est pas exclu. Je dis un kyste suspect. Un kyste suspect qui n’a pas été dépisté à temps ou qui n’a pas été bien pris en charge peut se transformer en cancer.

Que dire à la population féminine qui vit constamment dans la peur à l’idée de développer ce kyste suspect ?

Le message que je peux leur adresser, c’est qu’il ne faut pas tomber dans la panique. Lorsque vous avez un problème, surtout une échographie qui a découvert un problème, vous venez voir le spécialiste. C’est la première des choses. Quand vous savez que vous avez quelqu’un qui s’y connaît, qui a une certaine expertise sur ce genre de problème, c’est déjà un pas vers la guérison. Donc, pas besoin de s’alarmer. Pas besoin d’aller à gauche et à droit. C’est d’abord de venir et de se faire consulter. Les kystes les plus fréquents sont les kystes fonctionnels, qui sont liés au fonctionnement des ovaires. Et qui ne posent pas de problème en principe.

Interview réalisée par Marcus Dare

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