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Souveraineté céréalière : l’IRAD lance la moisson de semences de blé dans l’Adamaoua

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Avec 600 tonnes de semences de base attendues sur 200 hectares, l’institut concrétise la vision présidentielle de substitution des importations et d’autosuffisance.

Ce jeudi 23 janvier 2026, à Wassandé dans la région de l’Adamaoua, une moisson symbolique ouvre une nouvelle ère pour l’agriculture camerounaise. Sous la présidence du gouverneur Kildadi Taguieke Boukar, l’Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD) a lancé la récolte de semences de base de blé, fruit d’un investissement stratégique et d’une innovation agronomique de rupture. Cette opération, pierre angulaire du Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (PIISAH), incarne la ferme volonté de réduire la dépendance aux importations et de lutter structurellement contre la vie chère.

Le champ de Wassandé, s’étendant à perte de vue sur plus de 200 hectares, est bien plus qu’une parcelle agricole. Il représente le laboratoire à ciel ouvert de la souveraineté céréalière du Cameroun. En effet, cette solennité marque l’aboutissement d’un processus lancé en juillet 2022, lorsque le président de la République, Son Excellence Paul Biya, a accordé une subvention spéciale à l’IRAD. L’objectif était clair et ambitieux : développer la chaîne de valeur complète du blé, de la production de semences adaptées à la transformation locale, pour substituer progressivement les importations qui pèsent lourdement sur la balance commerciale et le pouvoir d’achat des Camerounais.

Selon le directeur général de l’IRAD, le Dr Noé Woin, cette première moisson à grande échelle est un succès technique et stratégique. « Les 200 hectares que nous récoltons aujourd’hui vont produire au minimum 600 tonnes de semences de base », a-t-il annoncé. Ces semences, d’une qualité génétique et sanitaire irréprochable, ne sont toutefois pas destinées à la consommation directe. Elles constituent, explique-t-il, « la matière première biologique pour l’étape cruciale de multiplication ». Dès l’année prochaine, ces semences de base seront ainsi déployées auprès des semenciers agréés et des agriculteurs partenaires pour produire des semences certifiées, à même d’équiper les futurs producteurs de blé à travers le pays.

Les innovations agricoles de l’IRAD : une approche intégrée et chiffrée

Cette réussite ne doit rien au hasard. Elle est le fruit d’un travail de recherche et d’innovation systématique mené par l’IRAD, véritable cheville ouvrière de la révolution agricole en cours. Plusieurs innovations majeures sous-tendent ce projet : Premièrement, la création et la sélection de variétés adaptées. Le défi initial était de taille : le blé est traditionnellement une culture de zone tempérée. Les chercheurs de l’IRAD ont donc développé et testé des variétés tolérantes aux conditions subtropicales de l’Adamaoua, notamment à la chaleur et aux régimes hydriques particuliers. Ces variétés, à haut rendement potentiel, sont le socle génétique du projet.

Deuxièmement, la maîtrise d’un paquet technologique complet. Au-delà de la semence, l’IRAD a défini et optimisé les pratiques agronomiques nécessaires pour garantir le succès de la culture. Cela inclut des calendriers de semis précis, des formules de fertilisation adaptées aux sols de la région, des stratégies de contrôle des maladies et des ravageurs, ainsi que des protocoles d’irrigation efficiente. Ce savoir-faire technique, transféré aux équipes de terrain, a permis d’atteindre l’objectif de rendement visé, soit une moyenne de 3 tonnes de semences de base par hectare.

Troisièmement, l’intégration dans un écosystème économique. L’innovation de l’IRAD ne s’arrête pas au champ. L’institut travaille en synergie avec d’autres acteurs du PIISAH pour construire une filière complète. Des essais de transformation de la future production en farine sont en cours, afin de garantir la qualité boulangère du blé camerounais et son adéquation avec les besoins des minoteries locales. L’objectif final est de créer une chaîne de valeur nationale résiliente, créatrice d’emplois depuis la recherche jusqu’à la commercialisation.

Lors de la cérémonie, le Dr Noé Woin a saisi l’occasion pour réitérer sa gratitude envers le chef de l’État. « Je remercie le Président de la République qui a reconnu les efforts déployés par l’IRAD en générant, chaque jour, des résultats destinés à appuyer les filières agricoles au Cameroun », a-t-il déclaré. Cette reconnaissance souligne le rôle central de la recherche scientifique publique comme levier de politique économique et de sécurité alimentaire.

En définitive, le lancement de la moisson à Wassandé est bien plus qu’un événement agricole. C’est une démonstration tangible de la capacité du Cameroun à relever le défi de l’autosuffisance par la science, l’innovation et la planification stratégique. La production attendue de 600 tonnes de semences de base constitue la première pierre d’un édifice ambitieux : réduire la facture d’importation du blé, stabiliser le prix du pain et des produits dérivés, et ancrer solidement la croissance économique dans le potentiel productif national. Le succès de cette campagne préfigure ainsi un avenir où le « made in Cameroon » s’invitera jusque dans nos baguettes de pain.

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Elvis Serges NSA'A DJOUFFO TALLA

Rédacteur en Chef Adjoint

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