Lors de la 6ᵉsession du Comité de pilotage (COPIL), le projet de développement des filières élevage et pêche dresse un bilan chiffré, de la construction d’infrastructures au financement des jeunes agripreneurs, et dévoile son plan d’action 2026.
La ville de Yaoundé a abrité la sixième session du Comité de pilotage (COPIL) du Projet de développement des chaînes de valeurs de l’élevage et de la pisciculture (PDCVEP), qui a fait le point sur des avancées tangibles et tracé la voie pour l’année à venir. Présidée par le ministre des Productions Animales, le Dr Taïga, cette réunion a permis de valider un bilan d’exécution riche en réalisations infrastructurelles et sociales, tout en adoptant le cadre stratégique et budgétaire pour l’exercice 2026, confirmant ainsi la dynamique de transformation silencieuse mais réelle du secteur.
La tenue de cette session ordinaire du COPIL intervient à un moment charnière pour le PDCVEP, projet structurant pour l’autonomie en protéines animales du Cameroun. En effet, elle a constitué une plateforme d’évaluation et de projection, réunissant l’ensemble des acteurs du sous-secteur des Élevages, Pêches et Industries animales (EPIA), des experts techniques et des représentants de la société civile. Dans son allocution d’ouverture, le ministre Taïga a clairement défini le triple objectif des travaux : faire le point sur l’état d’avancement, examiner et adopter le Plan de travail budgétisé annuel (PTBA) pour 2026, et évaluer la mise en œuvre des recommandations antérieures. Une feuille de route pragmatique qui a immédiatement placé les débats sous le signe de l’efficacité et de la redevabilité.
Le cœur des échanges a été nourri par le bilan détaillé présenté par le coordonnateur national du projet, le Dr Aboubakar Njoya. Ce dernier a égrené une série de réalisations concrètes qui matérialisent l’impact du PDCVEP sur le terrain. Premièrement, dans le volet infrastructurel majeur, des avancées significatives ont été enregistrées. La signature de la convention pour la construction de l’abattoir industriel de Bamenda marque une étape clé, tandis que les chantiers des abattoirs de Douala et de Yaoundé sont en cours de finalisation. Parallèlement, le projet a engagé la construction de 21 centres d’insémination artificielle, dont 13 sont déjà en cours de réalisation, et de 3 centres d’embouche, visant ainsi à améliorer la génétique du cheptel et l’engraissement du bétail. En outre, avec l’appui technique du FEICOM, 17 marchés de viande et de poisson ont été réceptionnés à travers le pays et 8 autres sont en construction, améliorant ainsi les conditions d’hygiène et de commercialisation pour les acteurs de la filière. Enfin, des travaux d’aménagement des voies d’accès à ces nouvelles infrastructures et aux abattoirs, ainsi que la réhabilitation d’écoles environnantes, démontrent une approche intégrée et soucieuse de l’impact sociétal global.
Deuxièmement, le volet entrepreneuriat et capital humain a connu un succès marquant avec le financement de la première cohorte d’agripreneurs. Pas moins de 266 jeunes, préalablement formés et incubés, ont chacun reçu une dotation d’un million de francs CFA, soit un investissement global de 266 millions de FCFA, pour lancer des activités génératrices de revenus dans les filières animales. Cette initiative illustre la volonté du projet de ne pas se limiter aux infrastructures physiques, mais de créer une véritable génération d’entrepreneurs agricoles, moteurs de la transformation économique locale.
Toutefois, au-delà de la célébration de ces résultats, la session avait pour mandat crucial de préparer l’avenir. L’examen et l’adoption du PTBA 2026 constituent ainsi le socle des actions à venir. Ce plan devra non seulement assurer la finalisation des chantiers en cours, mais aussi accélérer le déploiement des autres composantes du projet. Par conséquent, les priorités pour l’année incluront vraisemblablement l’opérationnalisation des abattoirs, le renforcement des services zootechniques via les nouveaux centres, et l’accompagnement de la deuxième cohorte d’agripreneurs pour pérenniser l’effet de levier sur l’emploi des jeunes.
En clôturant les travaux, le ministre Taïga a exprimé sa satisfaction devant l’effectivité des réalisations et a félicité l’ensemble des parties prenantes pour leur engagement. Plus fondamentalement, il a réaffirmé la détermination du gouvernement à œuvrer, à travers son département ministériel, pour le bien-être des populations et le développement durable du secteur. En définitive, cette 6e session du COPIL a confirmé que le PDCVEP est bien plus qu’un simple projet d’infrastructures ; il s’agit d’un levier stratégique et intégré pour structurer les filières, créer de la valeur ajoutée locale, renforcer la sécurité alimentaire et offrir des perspectives aux jeunes. Les actions, bien que souvent menées en coulisses, dessinent progressivement les contours d’une souveraineté protéique camerounaise plus robuste et plus inclusive.












































































































































































































































































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