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Exercice budgétaire 2026 : Le Minsanté lance le top départ

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Le budget 2026 du ministère de la Santé publique s’inscrit dans la continuité des réformes structurelles et poursuit des objectifs prioritaires : consolider la couverture santé universelle, renforcer les plateaux techniques, intensifier la lutte contre les maladies, promouvoir la prévention et améliorer les ressources humaines.

Le ministre énonce des principes directeurs non négociables : chaque dépense doit avoir un impact mesurable sur la santé des populations, l’exécution des crédits doit être rigoureuse et conforme aux procédures, et les mauvaises pratiques seront systématiquement sanctionnées.

Ce 29 janvier 2026 à Yaoundé s’est tenue, sous la présidence du Dr Manaouda Malachie, la cérémonie solennelle de lancement de l’exécution du budget 2026 du ministère de la Santé publique.

C’est un exercice d’équilibriste qui commence pour le ministère de la Santé publique. Entre les attentes immenses des populations, les crises persistantes et le retrait de certains partenaires, l’exécution du budget 2026, lancée officiellement ce jeudi 29 janvier, s’annonce comme une course contre la montre et une épreuve de crédibilité. Doté de 388,912 milliards de FCFA, le Minsanté entend faire de cette enveloppe un levier de transformation profonde pour un système de santé plus résilient, équitable et performant. La cérémonie de lancement, présidée par le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, a servi de cadre à une feuille de route exigeante, adressée à l’ensemble de la chaîne de gestion. D’emblée, le ministre a situé l’enjeu : « Lancer l’exécution du budget, c’est engager la parole de l’État. C’est assumer devant nos populations l’obligation de résultats, l’obligation d’efficacité et de transparence. » Ce budget s’inscrit dans la continuité des réformes structurelles, articulé autour de quatre piliers : la Couverture Santé Universelle (CSU), la gestion des risques sanitaires, l’amélioration des infrastructures et plateaux techniques, et la consolidation du capital humain. Toutefois, le Dr Malachie a reconnu sans détour le contexte difficile : « Nul n’ignore évidemment que le retrait de certains partenaires techniques et financiers, ajouté aux différentes crises internes, aura une grande répercussion sur la mise en œuvre de nos politiques publiques. » D’où son injunction : « L’année 2026 doit être celle de la discipline budgétaire, de la maturité managériale et de la redevabilité à tous les niveaux. »

Les garde-fous réglementaires et fiscaux des finances publiques

Pour garantir cette discipline, les premiers exposés techniques sont venus des ministères régaliens. Les experts du Ministère des Finances (MINFI) ont détaillé les nouvelles orientations de la politique budgétaire de l’État pour 2026, insistant sur l’impératif d’une exécution conforme aux objectifs macroéconomiques. Ils ont été suivis par les représentants de la Direction générale des impôts (DGI) et des Douanes (DGD), qui ont exposé les mesures fiscales et douanières spécifiques à l’année. Leur message commun : une appropriation rapide de ces règles par les gestionnaires du Minsanté est cruciale pour éviter tout blocage ou sanction, et pour optimiser les ressources disponibles. Ces interventions ont planté le décor d’une gestion sous contrainte et hautement normée.

Optimisation des dépenses et fluidification des procédures : le duo MINMAP-MINEPAT

Conscient que les lourdeurs administratives étouffent souvent l’impact des crédits, le Minsanté a donné une place centrale à la question des procédures. Le Ministère des Marchés Publics (MINMAP) a présenté un train de réformes destinées à accélérer significativement les passations de marchés, un goulot d’étranglement notoire. « L’objectif est de mettre les outils au service de la rapidité d’exécution sans sacrifier la rigueur », a souligné un représentant du ministre des ministères des Marchés publics. Dans la même veine, le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT) a détaillé les avancées et l’utilisation obligatoire de la circulaire sur l’exécution des projets (CIREX). Cet outil, présenté comme un « GPS de l’investissement public », vise à garantir une consommation efficace, opportune et traçable des crédits d’investissement, notamment pour la réhabilitation des hôpitaux et l’acquisition d’équipements.

Le regard critique sur 2025 : apprendre des erreurs pour mieux faire

Pour éviter de reproduire les écueils du passé, la session a intégré une phase d’analyse sans complaisance. Le contrôleur financier auprès du MINSANTE a dressé un bilan franc des difficultés rencontrées en 2025. « Les retards dans les engagements, les reports de crédits en fin d’année et certaines pratiques de gaspillage ont limité l’impact des efforts budgétaires », a-t-elle analysé devant l’assistance. Elle a identifié des goulots d’étranglement administratifs récurrents et a partagé des pistes d’optimisation concrètes. Son plaidoyer : « Il faut que les ressources débloquées atteignent plus rapidement le terrain. La planification trimestrielle et le suivi rapproché des indicateurs physiques et financiers sont non négociables. » Cette intervention a servi de piqûre de rappel sur les risques d’une gestion déconnectée des résultats.

Le mot d’ordre du ministre : performance, responsabilité et solidarité institutionnelle.

Sur la base de ces exposés techniques, le Dr Manaouda Malachie a livré le cœur de son message, une feuille de route exigeante mêlant injonctions fermes et appel à l’engagement. « J’attends de chaque responsable, du niveau central jusqu’aux formations sanitaires de base, un engagement total, une gestion rigoureuse et surtout un sens élevé du service public », a-t-il déclaré. Il a particulièrement interpellé les directeurs généraux d’établissements publics : « Aux directeurs généraux et autres responsables qui se croient si indépendants […] je dis ceci : ne venez pas demander les fonds publics […] si vous pensez pouvoir fonctionner en dehors du secteur. J’attends de vous une collaboration franche. » Le ministre a martelé sa philosophie : « L’exécution du budget ne doit pas être une simple consommation de lignes comptables, mais un levier de performance sanitaire. » Pour cela, il a annoncé un changement de culture : « Nous devons rompre définitivement avec une gestion de routine pour entrer résolument dans une gestion orientée vers l’impact, où chaque responsable est comptable de ses décisions. » Il a insisté sur la valorisation des collaborateurs et le travail d’équipe, bannissant toute forme de management par la menace. « On ne produit jamais de résultats en menaçant les collaborateurs. Il faut les valoriser pour obtenir le meilleur résultat possible. »

En clôture, devant un parterre de responsables, le ministre a pris un engagement personnel : « Je prends devant vous l’engagement personnel de veiller à une gouvernance rigoureuse, de soutenir les équipes performantes, mais également de sanctionner les dérives. » Le succès de cet exercice budgétaire, crucial pour la crédibilité du système de santé, se jouera désormais sur la capacité des gestionnaires à transformer ces instructions en actions concrètes sur le terrain, au bénéfice direct des populations. La cérémonie s’est achevée par un cocktail de clôture, laissant place désormais à l’action opérationnelle dans les différents services centraux et déconcentrés.

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Elvis Serges NSA'A DJOUFFO TALLA

Rédacteur en Chef Adjoint

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