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Sommet de l’OMS : Le Cameroun plaide pour une résilience sanitaire globale

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À Genève le mercredi 4 février 2026, lors du sommet de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le Dr Manaouda Malachie, émissaire spécial du président Paul Biya, s’est exprimé sur cinq points clés :

Entre lutte contre la poliomyélite, régulation de l’IA, renforcement des systèmes d’urgence, résistance antimicrobienne et menace persistante des produits médicaux falsifiés, Yaoundé réaffirme son leadership diplomatique en matière de santé publique ;

Lire l’intervention stratégique du ministre de la Santé publique au cours de la troisième journée des travaux de la 158e session du Conseil exécutif de l’OMS.

Le message est clair : le monde ne peut plus se contenter de réagir aux crises ; il doit les devancer. Pour le Dr Manaouda Malachie, la « résilience » n’est pas un vain mot, mais une structure concrète à bâtir. Le Cameroun a ainsi proposé le renforcement de l’initiative d’examens universels de préparation (UHPR). L’idée est de transformer chaque système de santé national en une forteresse capable de détecter et d’étouffer les menaces épidémiques avant qu’elles ne deviennent globales.

Cependant, cette ambition se heurte à une réalité technique : la « famine de données ». Sans statistiques fiables, la décision politique navigue à vue. Face aux membres du Conseil Exécutif de l’OMS, le ministre a donc martelé l’urgence d’un appui international pour financer les systèmes d’information sanitaire nationaux. Pour Yaoundé, la souveraineté sanitaire commence par la maîtrise de l’information.

Stopper « l’hémorragie des compétences »

L’un des points les plus marquants de cette intervention concerne le capital humain. Le Cameroun a dénoncé avec fermeté la migration massive des personnels de santé africains vers les pays du Nord. Cette « hémorragie des compétences » crée des déserts médicaux sur le continent, fragilisant les efforts de développement.

Le plaidoyer camerounais appelle à un recrutement international éthique. Il ne s’agit pas d’entraver la liberté de mouvement, mais de réguler les pratiques pour que les systèmes de santé les plus fragiles ne soient pas systématiquement pillés de leurs forces vives au profit des nations les plus riches.

La technologie comme rempart, non comme menace

Face à l’essor de l’Intelligence Artificielle et de la santé numérique, le Cameroun a prôné une approche prudente et éthique. Si ces outils sont des accélérateurs potentiels de la Couverture Santé Universelle (CSU), ils nécessitent une gouvernance rigoureuse des données.Cette vigilance technologique s’inscrit aussi dans la lutte contre les produits médicaux falsifiés. En sécurisant les chaînes d’approvisionnement par le numérique, le continent entend restaurer la confiance des patients et combattre efficacement la résistance aux antimicrobiens, cette « crise silencieuse » qui menace de rendre les traitements actuels obsolètes.

La santé, socle de la paix mondiale

Le moment fort de l’allocution a sans doute été le lien établi entre santé et stabilité politique. « La Couverture Santé Universelle est un moteur de justice sociale pour une paix durable », a rappelé le ministre. Dans des contextes parfois fragiles, l’accès aux soins est le premier contrat social qui lie un citoyen à son État. Enfin, le combat contre la poliomyélite reste une priorité absolue. Malgré les variants persistants, le Cameroun refuse de voir la vaccination comme un programme isolé. L’objectif est l’intégration totale de la lutte contre la polio dans les soins de routine, pour une éradication définitive.

Un leadership affirmé

Par cette intervention, le Cameroun confirme son statut d’acteur pivot de la diplomatie sanitaire. En portant les exigences de la Région africaine avec autant de constance, Yaoundé rappelle que la sécurité sanitaire mondiale est une chaîne dont la solidité dépend de son maillon le plus vulnérable. La solidarité internationale n’est plus une question de charité, mais une nécessité stratégique pour un monde post-pandémique stable.

Réaction

« Le Cameroun encourage la valorisation des actions »

Dr Manaouda Malachie, ministre de la Santé Publique.

« Le Cameroun s’aligne à la déclaration régionale et félicite le directeur général de l’OMS pour le rapport général sur les avancées réalisées relativement à l’action de l’OMS dans les situations d’urgence, les mesures sociales et la santé publique, l’initiative mondiale santé, paix et la poliomyélite. Le monde connait actuellement une augmentation notable des urgences sanitaires épidémique et non épidémique avec les effets néfastes sur la santé des populations. Il propose donc au Cameroun, le renforcement et l’extension de l’initiative d’examens universels de préparation du HPR, de l’OMS pour la prévention, la préparation et la réponse aux urgences sanitaires. À propos des mesures sociales et de santé publique, en ce qui concerne les situations d’urgence sanitaire, les systèmes de santé font encore face à une insuffisance des données courantes de qualité pour la mise en œuvre des actions sanitaires. Et le Cameroun sollicite, le renforcement et le financement des systèmes d’informations sanitaires nationaux pour éclairer les décisions sociales et les réponses aux urgences sanitaires. Concernant l’initiative mondiale santé et paix, le Cameroun encourage la valorisation des actions et des stratégies sanitaires à l’instar de la couverture santé universel, promotrice de l’équité sociale, de la justice sociale pour une paix durable. S’agissant de la poliomyélite, cette maladie demeure une préoccupation majeure de santé publique dans notre région en générale et au Cameroun en particulier, en raison notamment de la circulation persistante des variantes de poliovirus dans notre pays. L’objectif global d’un monde sans poliovirus reste une priorité stratégique pour nos États. Et, l’élimination du poliovirus demeure un défi majeur en Afrique. Aussi, le Cameroun plaide pour une intégration des services de vaccination dans le système de santé, en renforcement du financement des campagnes et de la vaccination de routine, et le Cameroun prend afin note du rapport et réaffirme son soutien et son engagement aux stratégies et aux orientations de l’OMS ».

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Junior NTEPPE KASSI, 33 ans, est un journaliste scientifique camerounais au Groupe Échos Santé. Spécialiste de la médecine du sport, il met sa passion au service de l'information médicale de pointe.

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