Dans la région du Nord, la lutte contre la tuberculose infantile se poursuit avec difficulté. Entre manque de ressources humaines, insuffisance des centres de traitement et défis logistiques, le dépistage des enfants reste largement en deçà des objectifs fixés.
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé(OMS), le taux d’incidence de la tuberculose infantile dans le monde se situe généralement entre 10 et 12 %. Dans la région du Nord au Cameroun, ce taux oscille plutôt entre 4 et 5 %. Un chiffre largement en dessous des estimations attendues, qui traduit non pas une faible circulation de la maladie, mais plutôt une difficulté à identifier et notifier les cas chez les enfants.
Pour le groupement technique régional de lutte contre la tuberculose (GTR Nord), cette situation s’explique par plusieurs facteurs structurels. Le premier concerne l’insuffisance de ressources humaines qualifiées dans les formations sanitaires. La région compte encore peu de médecins pédiatres et d’infirmiers spécialisés dans la prise en charge des pathologies infantiles. À cela s’ajoute une répartition inégale du personnel médical, la majorité étant concentrée dans les centres urbains. Cette réalité crée un véritable gap dans les zones rurales et périphériques. Dans ces localités, lorsqu’un enfant est admis dans une formation sanitaire avec des symptômes pouvant évoquer la tuberculose, le diagnostic reste souvent difficile à poser avec certitude. Faute d’expertise spécialisée et d’outils adaptés, les enfants reçoivent parfois des traitements pour d’autres affections respiratoires, ce qui retarde l’identification réelle de la maladie.
Un autre obstacle à tenir compte réside dans l’insuffisance des centres agréés de traitement de la tuberculose. Toutes les formations sanitaires de la région n’en disposent pas. Pour les structures non habilitées, l’acheminement des échantillons vers les centres spécialisés représente un véritable défi logistique. Les difficultés de transport, les distances importantes et parfois le manque de moyens matériels compliquent davantage le processus de confirmation des cas. À ces contraintes s’ajoute la dynamique même de la transmission de la maladie. La tuberculose pédiatrique est souvent la conséquence d’une contamination par un adulte malade dans l’entourage immédiat de l’enfant. Dans certains cas, des adultes porteurs de la maladie ne suivent pas correctement leur traitement ou ignorent leur statut, favorisant ainsi la propagation du bacille au sein des familles.
Les données disponibles illustrent clairement l’ampleur du problème. Selon des sources du GTR Nord tuberculose, seuls 109 enfants ont été dépistés en 2025 sur les 362 cas attendus dans la région. Ce chiffre met en évidence une sous-notification importante et souligne l’urgence de renforcer les stratégies de dépistage.
Réaction
« Notre principal défi est la continuité des formations »

La sous-notification de la tuberculose pédiatrique peut s’expliquer par le fait que c’est une maladie qui est un peu difficile à diagnostiquer chez les enfants. Notamment chez les médecins, que ce soit également chez les infirmiers spécialisés dans les soins pédiatriques. Cela peut également s’expliquer par le fait que chez l’enfant, qui ne produit pas le crachat, ce qui nécessite un prélèvement gastrique, soit des prélèvements naso-pharyngés, ou bien le prélèvement des selles. Il faut aussi tenir compte du fait que dans la région septentrionale, il y a un nombre insuffisant de pédiatres, du moment où même ces pédiatres sont concentrés en milieu urbain.
Nous rencontrons également des difficultés dans les cas de référencement par exemple. Il y a des cas en communauté que les ACP peuvent détecter, dont les enfants peut-être qui ont des difficultés respiratoires, qui ont la fièvre, qui ont la grippe, ou bien qui présentent une diminution par exemple du poids. Ces ACP sont sensibilisés lors de leur visite à domicile pour référer dans la formation sanitaire, ou bien le CDT de plus proche.
Le programme national de lutte contre la tuberculose a intégré à nouveau une nouvelle stratégie qui permet de rechercher de manière active la tuberculose à toutes les portes d’entrée. Certaines formations sanitaires le font systématiquement, d’autres ne le font pas.
La prise en charge de la tuberculose multi-résistante se fait au niveau de la ville de Garoua, au centre à l’hôpital Espérance de Djamboutou. Ce centre reçoit tous les malades diagnostiqués dans d’autres districts. Il faut savoir que la prise en charge est gratuite, l’hospitalisation également est gratuite.
Donc de manière systématique, chaque année, on essaie un peu de faire un système de rotation pour qu’on puisse se former ou bien recycler un maximum de personnels impliqués dans la prise en charge de la tuberculose dans nos différents centres de traitement. Il y a également le renforcement du plateau technique à travers la dotation du ministère de la Santé des appareils moléculaires pour faciliter un peu le diagnostic chez les enfants.
Notre principal défi est la continuité des formations. Également, mettre en contribution nos chefs traditionnels, les partenaires, les médias pour accentuer la sensibilisation sur la tuberculose en lignée globale et également sur la tuberculose pédiatrique.
Le défi, ce sera aussi la maîtrise des algorithmes de traitement dans nos formations sanitaires. Il faut que tous les personnels impliqués dans cette prise en charge puissent maîtriser ces algorithmes de traitement pour améliorer la prise en charge de la tuberculose. L’implication des ACP dans la sensibilisation, la recherche de cas préventifs et également assurer le renforcement, le référencement des cas, par exemple, de la communauté vers des formations sanitaires. Au point essentiel, c’est de renforcer le système de transport des échantillons parce que ça fait partie de l’une des difficultés qu’on rencontre.













































































































































































































































































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