De Nkoabang au CHU de Yaoundé, la visite de travail du président de l’OPMS a mis en lumière des chantiers stratégiques pour l’avenir de la profession.
En évaluant les projets immobiliers comme le futur centre de simulation et en échangeant avec les fleurons de la formation sanitaire, l’institution affiche une double priorité : doter l’Ordre d’infrastructures modernes et garantir une reconnaissance académique rigoureuse pour les nouveaux diplômés.
Le président national de l’Ordre des professions médico-sanitaires (OPMS) du Cameroun, Moussa Hamadou Satou a effectué ce mardi 10 mars 2026 une visite marathon dans six sites stratégiques de la région du Centre.
Dans une dynamique sans précédent depuis la création de l’institution, le président national de l’Ordre des professions médico-sanitaires (OPMS) du Cameroun, Moussa Hamadou Satou, a effectué ce mardi 10 mars 2026 une visite de travail marathon dans la région du Centre. Une immersion totale qui l’a conduit, de 8 heures à 16 heures, sur six sites stratégiques, du terrain destiné à accueillir le futur siège régional aux établissements de formation sanitaire, en passant par les structures hospitalières de référence de la capitale. Cette tournée, inscrite dans une vision de “président de terrain” plutôt que de “président de bureau”, visait à toucher du doigt les réalités des confrères et consœurs, tout en posant les jalons d’une refondation de la profession.
Une attaque sur le terrain de tous les possibles à Nkoabang
C’est par une frappe matinale que le cortège présidentiel a rejoint le quartier Nkoabang, précisément au lieu-dit “Cité-b”, pour la première étape de cette odyssée professionnelle. Sur une parcelle de 1000 mètres carrés, légèrement plus ou moins 7 mètres carrés comme le préciseront les échanges, le président national a pu constater de visu l’acquisition foncière réalisée par la section régionale du Centre. Sous la conduite du Pr Tchoffo Désiré, président régional de l’OPMS-Centre, la délégation a arpenté ce terrain stratégique bénéficiant de trois voies d’accès. « Il y a une route, il y a trois routes d’accès. Il y a une route qui passe là, après le mur. Il y a une route d’entrée comme celle-ci. Il y a une entrée là, l’autre entrée ici. Donc on peut accéder de tous les côtés », a expliqué un membre de l’équipe régionale.
Les plans présentés au président national font état d’un bâtiment en R+3 qui abritera un centre de simulation, des bureaux, des espaces habitables de haut niveau, une restauration et un parking en sous-sol. « On a déjà un plan de construction. En R+3. Pour un centre de simulation avec des bureaux et des espaces habitables de haut niveau, avec une restauration, un parking en dessous. C’est ça », a détaillé le responsable du projet.
Interrogé sur le financement, le président national a indiqué une stratégie mixte : « On compte sur le soutien des partenaires. On a d’abord les fonds propres qui viennent des cotisations des membres. Ensuite, avec le soutien des partenaires, on va faire un plaidoyer. Et avec l’aide du conseil national, on peut demander un financement pour lancer le centre de simulation ». Le Pr Tchoffo Désiré a précisé l’importance de cette infrastructure : “C’est pour faciliter la formation du personnel à l’hôpital, parce que ça n’existe pas encore et on en a besoin.”
Le président national a tenu à rassurer sur la pérennité du projet : « Comme c’est une des résolutions de l’assemblée générale, on ne va pas la laisser tomber. Si on n’arrive pas à faire quelque chose avant la prochaine AG, on reconduit la résolution pour que ça soit pérennisé. Ceux qui viendront après nous continueront ». L’humour n’était pas en reste lorsque le président a lancé, sous les rires de l’assistance : « Vous ne pouvez même pas ne pas avoir un siège. Sinon, c’est l’ordre qui n’a pas de siège. Parce que c’est l’ordre du siège ». Le Pr Tchoffo Désiré a résumé l’esprit de cette acquisition : « Toutes nos félicitations à l’équipe régionale. Parce que le gouverneur disait, il ne faut pas rester seulement au bureau. Il faut aller aussi sur le terrain ».
Deuxième mouvement : la Fondation Virginia Henderson, un modèle de formation polyvalente. La délégation a ensuite mis le cap sur le quartier Ngousso, où l’attendait le Dr Kamta Charles, responsable de l’école de santé de la Fondation Virginia Henderson. Dès l’arrivée, le président national a exprimé sa satisfaction : “C’est bon, c’est bon. Félicitations. On a entendu parler de vous.” L’accueil était à la mesure de l’enjeu pour le Dr Kamta Charles : « Nos impressions sont naturellement les meilleures. Parce que nous sommes honorés, dans cette institution, de recevoir notre président de l’Ordre. C’est une source d’inspiration. L’Ordre est l’institution qu’il incarne. Et c’est fort de cela que nous nous investissons pour la formation professionnelle ». Face à une question sur la qualification des personnels de santé au Cameroun, le Dr Kamta Charles a affirmé la rigueur de son institution : « Nous sommes conscients de cela, madame, que la profession infirmière est une profession noble et pour la pratiquer, il faut être suffisamment formé, suffisamment outillé. Alors ces dérives, nous ne pouvons que les combattre et au jour le jour, nous travaillons pour que cela ne se produise pas ».
Le responsable a détaillé l’éventail des formations dispensées : « Nous formons les infirmiers, les infirmiers principaux et puis les auxiliaires, les aides-soignants. Nous formons aussi les techniciens d’analyse médicale. Et en plus, nous avons aussi d’autres catégories professionnelles que nous formons sous l’autorisation du ministère de l’Emploi, à savoir les auxiliaires de vie sanitaire, les aides chimiques, les auxiliaires de puériculture et puis les kinésithérapeutes ». Le président national a remis à cette occasion une lettre de félicitations officielle « pour la qualité de la formation et les loyaux services offerts avec abnégation aux populations, le cadre idéal réservé à la formation initiale et continue, les résultats aux évaluations nationales, et l’appréciation des bénéficiaires ».
Troisième temps fort : l’ESS-UCAC, le combat pour la reconnaissance académique
La visite s’est poursuivie à l’École des sciences de la santé de l’Université catholique d’Afrique centrale (ESS-UCAC), dirigée par le Pr Sylvie Myriam Ambomo épse Mvoa. L’accueil était solennel, à la mesure des enjeux qui lient cette institution d’excellence à l’ordre professionnel. « Je dois vous avouer que c’est une joie, c’est un privilège pour nous de recevoir le président national de l’Ordre des professionnels médicaux et sanitaires du Cameroun », a déclaré d’emblée la directrice. Le Pr Ambomo a planté le décor : « Voilà, pour notre leadership en santé compétitive, nous sommes toujours dans l’axe de l’excellence. »
Mais la directrice n’a pas éludé les difficultés, portant haut la doléance centrale : « La plus grande doléance, si on peut le dire ainsi, c’était de voir comment les professionnels sortis de cette institution, qui n’est pas un institut privé d’enseignement supérieur, mais un institut de l’enseignement de l’UCAC, donc un institut international installé au Cameroun, puissent être inscrits pleinement à l’Ordre des professionnels médicaux et sanitaires après leur formation ».
Quatrième et cinquième escales : le pôle de formation de Messa à l’honneur
La délégation s’est ensuite rendue à l’école d’infirmières spécialisées de Messa, où le directeur Alfred Mbende Seme Serge a reçu la délégation, puis à l’école des infirmiers, des techniciens médico-sanitaires et du génie sanitaire de Messa, dirigée par Mtsavana Joseph. Dans ces deux institutions voisines de l’Hôpital Central, la même exigence de qualité a été saluée par le président national. La remise des lettres de félicitations a ponctué ces visages, témoignant de la reconnaissance de l’Ordre pour le travail accompli dans la formation des professionnels de santé.
Sixième acte : le CHU de Yaoundé, vitrine de l’excellence hospitalière
La journée s’est achevée au Centre hospitalier universitaire de Yaoundé (CHUY), où le directeur général, le Pr Djientcheu Vincent de Paul, a reçu la délégation dans un cadre empreint de solennité. Le président national a justifié sa présence : « Je ne suis pas un président de bureau, je suis un président de terrain. Justement, j’ai envie de savoir comment se portent mes collègues dans leur milieu de travail respectif. Je suis agréablement surpris par la présence de nombreux infirmiers et infirmières ici. » Dans son adresse au personnel soignant, Moussa Hamadou Satou a rappelé les exigences du CHU : « Le CHU est une formation sanitaire de première catégorie. Le CHU est un centre d’apprentissage par excellence pour les apprenants. Le CHU est un milieu de transmission du savoir, du savoir-faire et du savoir-être. Si vous le savez comme moi, cela exige le dépassement de soi-même ».
Le président a partagé une actualité internationale encourageante : « Nous sortons d’une rencontre internationale. C’était pour nous la première fois que nous participions à cette conférence et déjà, nous nous trouvons aujourd’hui ici. Nous ferons aussi savoir aux autres ce que nous sommes capables de faire, nous, les professionnels ici au Cameroun ».
En marge de cette visite, le président national est revenu sur la problématique de l’inscription à l’Ordre des diplômés des instituts privés d’enseignement supérieur (IPES). Il a rappelé la concertation interministérielle du 16 août 2024 entre le ministère de la Santé publique et le ministère de l’Enseignement supérieur. « Des résolutions étaient prises pour mettre fin au malaise. Il était question d’organiser, en une session, l’examen d’aptitude nationale pour permettre à ceux qui sont déjà formés de pouvoir exercer », a-t-il indiqué, tout en appelant au soutien de tous pour que ce problème trouve une solution définitive. Le Pr Tchoffo Désiré, président régional du Centre, a pour sa part souligné l’importance de cette tournée : « L’objectif de cette visite était d’aller sur le terrain et voir ce que nos collègues vivent chaque jour. Quels sont leurs défis ? Quelles sont leurs réalités ? Et de les encourager, car nous avons atteint de nombreux objectifs grâce à leur contribution. « Il a également rappelé le projet ambitieux du centre de simulation : « Nous avons acheté le terrain du conseil, et ce terrain sera utilisé pour construire un endroit où ils pourront apprendre comment pratiquer leur profession. C’est le premier centre de simulation qu’on va construire avec nos partenaires. Le but de ce terrain est d’aider tous ceux qui sont déjà sur le terrain, et ceux qui sont en train de se former ».
Un message d’espoir pour la relève
Interrogé sur le message à adresser aux aspirants, le président national a conclu avec ferveur : « Je leur dirais que s’ils choisissent d’être infirmiers, sages-femmes ou techniciens médico-sanitaires, ils ont choisi le meilleur métier du monde, parce qu’il n’y a rien de plus bien que de soulager quelqu’un qui est dans la souffrance ». Une tournée qui restera dans les annales de l’OPMS, tant par son ampleur que par les chantiers qu’elle a permis de lancer : acquisition foncière, centre de simulation, reconnaissance des écoles de formation, et plaidoyer pour une harmonisation des textes avec les réalités de la formation moderne. Le chemin est tracé, reste à le parcourir avec la même détermination que celle déployée par le président national et ses équipes en ce mardi 10 mars 2026.
« Je suis satisfait des structures visitées dans le Centre »

Là où je suis allé, je dois dire que je suis satisfait. Au-delà des défis que nous avons, comme vous venez de le dire, la qualité de l’équipement ou la qualité de l’environnement que nous avons découvert est satisfaisante et permet d’offrir les services de qualité dont nous sommes promoteurs aux patients.Vous savez, il y a des choses qui ne dépendent pas de l’Ordre. Je rappelle que la mission de l’Ordre, c’est de veiller à l’éthique, à la probité indispensable pour l’exercice des professions, de veiller au code de déontologie des professionnels médico-sanitaires, mais en même temps de veiller à l’indépendance des professions. À ce niveau, par rapport aux collègues que nous avons rencontrés, nous n’avons pas de soucis. Quant à ce qui concerne maintenant les défis dans la formation, les défis dans l’équipement, cela relève de l’autorité de tutelle. Je suis sûr qu’eux aussi sont conscients de ce problème. Ils agissent au quotidien pour l’amélioration de l’offre de soins et donc l’équipement n’est pas en reste dans leur ambition. Je leur dirais que s’ils choisissent d’être infirmiers, sages-femmes ou techniciens médico-sanitaires, ils ont choisi le meilleur métier du monde, parce qu’il n’y a rien de plus bien que de soulager quelqu’un qui est dans la souffrance.
« Le président national est sur le terrain pour “voir ce que nos collègues vivent chaque jour »

L’objectif de cette visite était d’aller sur le terrain et de voir ce que nos collègues vivent chaque jour. Qu’est-ce qu’ils font avec les patients ? Quels sont leurs défis ? Quelles sont leurs réalités ? Et de les encourager, car nous avons atteint de nombreux objectifs grâce à leur contribution. Nous avons sélectionné quelques formations sanitaires, comme le CHU, l’hôpital gynéco-obstétrique de Yaoundé, et des structures de formation, comme l’école de formation de Virginia Henderson, l’école de formation de l’Université catholique, l’école de formation des techniciens, pour noter comment la formation correspond au travail sur le terrain. Le principal message du président national était de les encourager, parce que notre conseil, son objectif principal est de défendre l’éthique, la déontologie et l’indépendance de la profession. Nous voulons nous assurer que sur le terrain, ils font leur travail sans beaucoup de difficultés, et nous leur suggérons comment gérer leurs défis au jour le jour et comment atteindre le but ensemble. Le président nous a également donné des documents d’encouragement, pour les féliciter, pour qu’ils puissent continuer à être motivés par ce qu’ils font, et sachant que le conseil sait ce qu’ils font tous les jours.












































































































































































































































































Comments are closed