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MEDECINE DE SPORT

Sports Equestres : Quand la pratique devient une thérapie de pointe

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De Maroua à  Ngaoundéré, l’équitation ne se limite plus aux parades folkloriques ou aux cercles fermés de l’élite. Entre discipline physique de haut niveau et remède contre l’anxiété urbaine, les sports équestres s’imposent comme une véritable prescription santé pour les athlètes camerounais.

Au Cameroun, l’image du cheval est souvent indissociable de la majestueuse Fantasia du Grand Nord ou des concours de saut d’obstacles des clubs hippiques de Yaoundé. Pourtant, derrière le prestige de la selle, se cache une réalité physiologique méconnue. L’équitation est l’un des sports les plus complets pour la santé humaine. Pour l’athlète camerounais, qu’il soit amateur ou compétiteur, les bénéfices touchent aussi bien le corps que l’esprit.

Dans ce sens, la Fédération camerounaise de sports équestres dirigée par l’honorable Dr Kamssoulou Abba Kabir met un accent particulier sur le bon suivi médical de ses sportifs lors de toutes les compétitions. C’était notamment le cas au cours de la participation du Cameroun à la Fombia Derby International organisée dans l’État de l’Adamawa au Nigéria, où les Lions indomptables de la Fédération camerounaise des sports équestres (FECASE) se sont imposés récemment avec brio en remportant 15 médailles, dont 4 en or, 5 en argent et 6 en bronze.

Le « core training » : un gainage naturel

Contrairement à une idée reçue tenace, le cavalier n’est pas « porté » par sa monture. Il est dans un état de réaction permanente. Maintenir son équilibre sur un animal de 500 kg en mouvement exige une sollicitation intense des muscles profonds. « Le cheval impose un mouvement tridimensionnel au bassin qui reproduit celui de la marche humaine », expliquent certains spécialistes.

Ce mouvement sollicite le « core » (la sangle abdominale et les muscles dorsaux) de manière bien plus efficace que de nombreux exercices en salle. Pour le sportif local, souvent sujet aux maux de dos liés à la sédentarité ou à des transports éprouvants, l’équitation agit comme un correcteur de posture naturel, renforçant la colonne vertébrale et tonifiant les adducteurs

Une armure contre le stress urbain

Dans la frénésie de métropoles comme Garoua, le sport équestre offre une déconnexion unique. Le contact avec le cheval déclenche une baisse significative du taux de cortisol, encore appelé l’hormone du stress. Pour l’athlète, le cheval devient un « miroir émotionnel ». L’animal ressent l’anxiété et n’obéit qu’à un cavalier calme et assuré. Cette interaction développe une confiance en soi et une maîtrise de ses émotions qui se répercutent bien au-delà de la carrière de sable, favorisant une meilleure santé mentale et une résilience accrue face aux pressions sociales.

Les défis : entre chaleur et équipement

Toutefois, la pratique en zone tropicale impose une vigilance sanitaire stricte. Dans les régions septentrionales comme l’Adamaoua ou le Nord, la chaleur extrême constitue le défi majeur. L’athlète doit doubler de vigilance sur l’hydratation pour éviter le coup de chaleur, un risque partagé avec sa monture.

De plus, la sécurité reste le pilier de la santé équestre. L’accès à des équipements de protection (casques certifiés, gilets de protection) demeure un enjeu de santé publique pour limiter les traumatismes en cas de chute. Une pratique encadrée est essentielle pour éviter que les bénéfices physiques ne soient occultés par des microtraumatismes liés à une mauvaise position ou à un matériel inadapté.

Vers une démocratisation de l’équithérapie

L’avenir de la discipline au Cameroun pourrait bien se jouer sur le terrain de la santé solidaire. L’équithérapie, l’utilisation du cheval comme partenaire de rééducation, commence à faire parler d’elle. Pour les enfants en situation de handicap moteur ou les sportifs en phase de réathlétisation, le mouvement de l’équidé offre des perspectives de guérison que peu de machines peuvent égaler.

En somme, le sport équestre au Cameroun n’est plus seulement un héritage culturel ou un loisir de luxe ; c’est un allié santé de poids. En selle, l’athlète camerounais ne galope pas seulement vers une médaille, mais vers un équilibre global, physique et mental.

Interview

« Le succès d’un cheval de course repose sur une synergie rigoureuse entre nutrition et expertise humaine »

Amadou Djaouro, Directeur Technique National à la Fédération camerounaise des sports équestres.

Qu’est-ce que le sport équestre ?

Le sport équestre regroupe l’ensemble des disciplines valorisant les qualités athlétiques et esthétiques du cheval à travers diverses compétitions organisées dans des espaces dédiés. Ces pratiques incluent notamment le saut d’obstacles, le dressage, le cross-country et la fantasia, mais c’est l’hippisme, plus précisément la course de galop avec handicap plat, qui s’impose comme la discipline reine au Cameroun.

Qu’est-ce qui montre qu’un cheval est apte à concourir ?

Un cheval est apte à courir lorsqu’il ne présente aucune anomalie, aucun signe de maladie ou de fatigue. Mais tout cela doit découler d’une bonne alimentation, d’un bon entraînement, grosso modo, d’un bon entretien.

Quels sont les examens médicaux qui se font avant le recrutement des pratiquants de la discipline ?

Avant d’acquérir un cheval de compétition, il faut d’abord bien observer son état physique. Si aucune anomalie n’est constatée, le propriétaire vendeur doit présenter son carnet de santé. Après vérification des différents vaccins administrés ainsi que du protocole de traitement ou de soins subi par le cheval au cours des six derniers mois. Si rien de grave n’est constaté, alors la vente pourra être conclue.

Quels sont les mécanismes utilisés pour assurer une bonne croissance et une performance des pratiquants de sports équestres ?

Pour garantir une croissance optimale et des performances de haut niveau, le succès d’un cheval de course repose sur une synergie rigoureuse entre nutrition et expertise humaine. Bien que le cheval soit naturellement herbivore, l’herbe seule ne suffit pas à couvrir ses besoins athlétiques ; un suivi méticuleux incluant l’administration régulière de vitamines et de compléments alimentaires est indispensable. Cette exigence biologique doit être soutenue par le travail coordonné d’une équipe de professionnels dévoués, composée au minimum du palefrenier (ou horse-boy) pour les soins quotidiens, de l’entraîneur (ou lad) pour la préparation physique, et du jockey pour la compétition. Lorsque cette excellence nutritionnelle et cet encadrement technique sont réunis, toutes les conditions sont réunies pour que l’animal exprime son plein potentiel et s’impose sur les podiums.

À ce jour, votre fédération compte combien de membres ?

Vous savez, les courses de chevaux se pratiquent pour le moment dans la partie septentrionale du pays. Nous disposons de trois ligues régionales, à savoir : celle de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord. Car disposant des espaces plus ou moins adaptés à la pratique de ce sport. À ce jour, nous avons enregistré 65 adhésions et 195 chevaux à la Fédération camerounaise des sports équestres (FECASE).

Quelles sont vos ambitions pour cette année et les années à venir ?

Nos objectifs et ambitions n’ont pas changé. C’est d’abord organiser des courses modernes au Cameroun, promouvoir la culture traditionnelle du cheval à travers la Fantasia exécutée par les cavaleries des chefs traditionnels, encourager la reproduction en conservant les juments de race, orienter les jeunes aux métiers et arts du cheval afin de leur permettre de vivre décemment de leur travail et enfin, défendre valablement les couleurs du Cameroun lors des compétitions internationales organisées où que ce soit.

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Junior NTEPPE KASSI, 33 ans, est un journaliste scientifique camerounais au Groupe Échos Santé. Spécialiste de la médecine du sport, il met sa passion au service de l'information médicale de pointe.

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